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mercredi 24 avril 2013

[SCENES] Demain est un autre jour ! On en veut chaque jour !

Une journée de dingues, absurde, où rien n'est prévu, rien n'est attendu, où tout est possible... et où tout arrive !

Sur le mode du film "Un jour sans fin" - l'un de mes films préférés - cette pièce de Sylvain MEYNIAC et Jean-François CROS exploite à merveille l'ironie dramatique puisque le personnage principal (interprété magnifiquement par Daniel Russo) revit sans cesse la même journée.

Pourquoi ? Là est toute la question... Lorsque Gérard Loussine débarque dans sa vie, il ne comprend pas que tout se joue autour de lui...

L'inconvénient d'une bonne pièce, c'est que l'on ne peut rien en dire au risque de spoiler le spectateur, de vous dévoiler les rebondissements et toutes les inventions de mise en scène pour faire que cette pièce puisse exister.

Pierre (Daniel Russo) est avocat et il va jouer sa carrière sur un procès. Autant dire qu'il est particulièrement tendu, lui d'ordinaire déjà si stressé, nerveux et maniaque ! Personne ne va l’aider, au contraire. Son patron (Xavier Letourneur) lui met la pression alors que nous savons qu'il a fomenté un sale coup contre lui. Son ancien amour de jeunesse (Jessica Borio) s'est faite embaucher dans la cabinet et lui sert d'intérimaire, ravivant au passage les tensions autant que les passions. Le jeune collègue de la boîte (Jean-François Cros) tire sur tout ce qui bouge en matière de gente féminine et s'en vante à souhait... C'est dans ce jeu de quille qu'une veuve joyeuse (Axelle Marine) débarque, la cause de tous ses ennuis...

Une fois les éléments en place, quel festival ! C'est profondément jubilatoire et parfaitement exécuté par une belle distribution. J'y suis allé avec mon pote Elie, scénariste comme moi, qui en est sorti également très satisfait. Nous n'avions pas grand chose à reprocher à cette pièce hormis une exposition un chouia trop longue peut-être. Un défaut qu'on oublie bien vite. Excellent moment.

C'est l'un des succès du moment et cela mérite vraiment d'être vu.

Le genre de pièce qu'on aimerait voir plus souvent !

J'illustre cet article par deux photos chopées sur BilletReduc qui montrent mal hélas un joli décor plein d'inventivité, mais surtout parce que les affiches des théâtres parisiens Sooooo XIXème siècle me font saigner des yeux (c'est l'ancien graphiste qui parle...) !
D'ailleurs je vous invite à regarder cette page très drôle sur la question !

MISE EN SCÈNE : Eric Civanyan
AVEC Daniel Russo, Gérard Loussine, Axelle Marine, Jessica Borio, Xavier Letourneur et Jean-François Cros 
DÉCORS Edouard Laug
LUMIÈRES Eric Civanyan assisté de Denis Monmarché

http://www.billetreduc.com/82705/evt.htm

mercredi 27 mars 2013

[SCENES] La nuit des Reines et La nuit des Dupes : duo gagnant !

La nuit des Dupes et La nuit des Reines sont deux fantaisies rigolotes, pleines d'esprit, de jeux de mots lou-phoques et de réparties vache-hard. De quoi nous épater deux fois comme dirait mon charcutier...

Très gay friendly - quoi de plus normal avec Michel Heim dont la vertue (cardinale !) est l'écriture de pastiches notamment pour les Caramels Fous ? - et décalée, la pièce joue avec l'histoire et la littérature.

Dans les Dupes, un Louis trèZ à l'aise avec les conventions... Une Marie de mes deux sise dans les conspirations. Anne qui fait l'autruche, jusqu'à l'arrivée d'un duc qui fait son trou avant de laisser sa place à un gars pas si con...  La situation est en effet historique : Louis XIII n'a pas d'héritier et n'honore plus sa femme, la trop prude Anne d'Autriche. Sa mère, l'intrigante Marie de Médicis, compte en profiter pour le faire abdiquer en faveur de Gaston d'Orléans. C'est compter sans le fourbe Richelieu et le séduisant Duc de Buckingham et l'arrivée d'Artagnan.

Dans les Reines, Catherine de Médicis rêve que son fils préféré, le futur Henri III, épouse Elisabeth I, Reine d'Angleterre, dite " la Reine Vierge ", toujours célibataire bien que fort avancée en âge. Inutile de dire que ce mariage avec celle qu'on appelle la Reine vierge, n'est pas du tout du goût du pauvre Henri III qui, hormis une liaison incestueuse avec sa soeur, la Reine Margot, n'a guère d'expérience avec les femmes.

Les comédiens sont plus que convaincant dans des alexandrins où il faut entrer parfois au chausse-pied ! 12 pieds oui, à condition d'escamoter parfois un e qui devient muet ou de taire une syllabe, mais nous n'en tiendrons pas rigueur tant l'exercice d'écriture est ardu et le résultat désopilant au final. :-)

Le tout servi dans de jolis costumes.
C'est drôle, plein d'humour camp et d'esprit. Bref, cela vaut le coup d'être vu.

Mais pour l'instant, plus de date sur Paris, vous n'avez plus le choix dans la date...

Auteur : Michel Heim
Artistes : Michel Heim, Renato Nasi, Gwenda Guthwasser, Franck Isoart, Guillaume Lucas
Metteur en scène : Jean-Pierre Rouvellat



[SCENES] Le clou du spectacle n'efface pas les défauts du début.

Deux hommes se retrouvent au paradis, questionnés par Dieu sur leur présence impromptue et non attendue par ses services, les deux compères tentent de se remémorer les événements. Ils commencent à raconter leurs débuts de comédiens, leur arrivée dans une troupe amateur...

Le Clou du Spectacle est un défi : 2 comédiens 16 personnages. On attend donc avec curiosité de voir le résultat. Au fur et à mesure de la pièce, on gagne en sens et en densité, car la seconde moitié du spectacle et surtout la fin fonctionnent beaucoup sur l'ironie dramatique installée depuis le début.
Mais cette exposition justement est longue, bien trop longue. L'entrée en matière est glaciale, sans véritablement d'originalité et surtout sans rire. Un début pesant, par la voix de Dieu notamment - leeeeeente, si leeeeente qu'on pourrait s'endormir - des répliques qui ne font pas mouche et un procédé très lourdingue pour amorcer la série de flash-back pour aligner les scènes de cette histoire déconstruite.
Autre écueil, une fois l'histoire arrivée à son climax, le soufflet retombe à nouveau. Les saluts des personnages tentent d'effacer cette fin pour une envolée finale malheureusement moins intense. C'est d'autant plus dommage que la même histoire racontée avec un autre procédé (ou en modifiant la mise en scène et quelques répliques bien senties) pourrait produire un bon spectacle.

Les comédiens ne déméritent pas et proposent un chassé-croisé de personnages bien brossés, plutôt drôles avec un bel engagement. Leurs mimes efficaces battissent le décor de leurs aventures cartoonesques qui finissent par de jolis moments.

Au Guichet Montparnasse
http://www.billetreduc.com/84898/evt.htm