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samedi 8 septembre 2012

[THEATRE] Les menteurs : ne vous laissez pas avoir !


Chargés d’annoncer une mauvaise nouvelle à deux personnes âgées au cœur fragile, deux braves « bobbies » appuient sur la sonnette d’un petit pavillon le soir de Noël... La maladresse des deux policiers n’égalant que leur absence de jugeotte, l’affaire prend rapidement une tournure des plus burlesques.
Ca, c'est le pitch.
Mais le résultat est loin d'être comique. Consternant, même. Chevallier-Laspalès, je peux être client même si je trouve que leur humour a pris un peu un coup de vieux. J'aime leur côté décalé, absurde.
Mais dans cette histoire adaptée d'une pièce anglaise, rien ne fonctionne. A commencer par le script. Avec un sujet éminemment dramatique et glauque comme situation de base pour un boulevard, quelque chose nous glace d'entrée de jeu. Enfin l'humour, ras des pâquerettes, sans bon mot, sans belle tirade, sans aspérité. Des comédiens au jeu assez moyen, en train de faire un peu n'importe quoi pour essayer de ne pas se noyer dans cette vacuité profonde.
Jean-Luc Moreau, qu'on a connu plus inspiré, n'a pas vraiment pu y faire grand chose. On verse dans la vulgarité, c'est lent à se mettre en place à évoluer, c'est convenu, sans surprise.
C'est mauvais, très mauvais. Zéro pointé.

mercredi 2 mai 2012

[FESTIVAL] Cannes 2012, l'injure du jury.


La composition du Jury du prochain Festival de Cannes présidé par le réalisateur, acteur, producteur italien Nanni Moretti est à présent connue. Pour départager les 22 films en compétition, on retrouve Hiam Abbass (actrice, réalisatrice palestinienne), Andrea Arnold (réalisatrice et scénariste britannique), Emmanuelle Devos (actrice française) et Diane Kruger (actrice allemande) Ewan Mc Gregor (acteur britannique), Alexander Payne (réalisateur, scénariste et producteur américain), Raoul Peck (réalisateur, scénariste, producteur haïtien)... ET (roulement de tambour) Jean Paul Gaultier.

Si je ne doute pas une seconde de la cinéphilie du costumier de cinéma qu'est aussi Jean-Paul Gaultier, je me dis une fois de plus qu'on met plus de soin à choisir l'invité "bling-bling" du jury qu'à réfléchir deux secondes à l'intérêt d'inviter au moins un scénariste.

Seulement un scénariste de profession ou dont l'activité principale est d'écrire pour le cinéma ou même la télévision - si le monde du cinéma daigne considérer le media - pas un auteur également réalisateur (Ha ! La nouvelle vague, l'auteur-réalisateur...), pas également producteur, pas acteur, pas éclairagiste ou plongeur au Martinez les soirs de disette. Pas un romancier, un écrivain qui aurait un lointain rapport avec le cinéma ou qui aurait été adapté par un autre, pas un journaliste ou un critique. Non...

Juste le type obscur et infréquentable qui écrit seulement le scénario, les dialogues. Celui qui passe quelques mois ou années de sa vie à construire une histoire, parfois en "free-lance" total, en supportant tous les risques, sans garantie de signer un contrat au bout et de voir son projet aboutir. Celui qui s'est levé un matin avec une idée qui va donner du boulot à plein de gens à qui il va ensuite passer le relais : les réals, les comédiens, les producteurs, ou le costumier de ce jury, par exemple.

Le dernier scénariste en date dans le jury de Cannes, c'était Emmanuel Carrère, et c'était en 2010... D'abord romancier et scénariste principalement pour la télévision mais aussi réalisateur. Disons que c'est le seul candidat représentatif à pouvoir prétendre à l'étiquette de "scénariste" exclusive.

Archives Cannes :
2012 : aucun scénariste, Nanni Moretti (réal) président.
2011 : aucun scénariste, Robert de Niro (acteur, prod) président
2010 : Emmanuel Carrère (auteur, scénariste et réal), Tim Burton (réal) président
2009 : Hanif Kureishi (auteur et réal), Isabelle Huppert (actrice) présidente
2008 : Marjane Satrapi (auteur et réal), Sean Penn (réal) président
2007 : aucun scénariste, Stephen Frears (réal) président
2006 : aucun scénariste,  Kar Wai WONG (réal) président
2005 : aucun scénariste, Emir Kusturica (réal) président
2004 : aucun scénariste, Quentin Tarantino (réal) président
2003 : aucun scénariste, Patrice Chéreau (réal) président
2002 : aucun scénariste, David Lynch (réal) président

Parfois on a l'impression que le scénariste, c'est le geek du cinéma. Le mec à grosses lunettes qu'on ne veut pas avoir dans son équipe et qu'on évite d'inviter à la surboum de fin de tournage, des fois qu'il ne sache pas boire et danser... Je crois que pour un scénariste président de jury, il va encore falloir attendre !

jeudi 19 avril 2012

La piste du Marsupilami : remboursez !!!

écrit par Alain Chabat et Jeremy Doner
réalisé par Alain Chabat

Quand Dan Geraldo, reporter en quête de scoop, arrive en Palombie, il ne se doute pas qu’il va faire la plus incroyable des découvertes… Avec Pablito, guide local plein de ressources, ils vont aller de surprise en surprise au cours d’une aventure trépidante et surtout révéler une nouvelle extraordinaire : Le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !

"A partir de 6 ans." dit la notice du film. Et j'ajouterai : pas au delà de 7 ans.
On attendait Chabat au tournant, après son adaptation réussie d'ASTERIX ET CLEOPATRE - tant d'autres ont tenté d'adapter Gosciny sans y parvenir - on jubilait d'avance de retrouver le maître à l'oeuvre avec la richesse de l'univers de Franquin.

jeudi 20 mai 2010

La Princesse de Montpensier ou de mon-pensum !

J'avais adoré La fille de d'Artagnan et je me faisais une joie de retrouver Tavernier dans un film historique, dans un autre genre.

Hélas ! Je suis sorti au bout d'une heure et quart, comme notre petit groupe d'amis scénaristes (et sans nous concerter...) je ne peux donc en dire que ce que j'en ai vu... Si "La princesse de Montpensier" doit obtenir une récompense, c'est la palme de l'ennui qu'il faut lui décerner. Dans quelques années, on le montrera peut-être dans les écoles de cinéma comme film emblématique du cinéma historique franco-français qui se regarde le nombril sans penser une seconde au spectateur...

Il n'y a rien à sauver dans ce film. Ou presque. En tout cas ni le scénario, ni les dialogues (Jean Cosmos, hélas pas au meilleur de sa forme), ni le filmage. L'histoire avance à la vitesse d'une tortue rhumatisante.

Techniquement, c'est une catastrophe. J'ai dû lire les sous-titres en anglais afin de comprendre les dialogues tellement le son était mauvais (et je n'étais pas le seul visiblement...). Les quelques sites naturels exceptionnels ne sont absolument pas mis en valeur, on se croirait dans un décor de la SFP des années 70. Les scènes de bataille sont pathétiques tant dans les moyens mis en oeuvre que dans la chorégraphie. On dirait parfois deux ivrognes qui se battent maladroitement.

C'est filmé avec les pieds, sans aucune imagination, avec une caméra tremblotante et des mouvements de grue ou de steadycam pas maîtrisés (et ce dès la première séquence pour vous mettre dans l'ambiance...). Des problèmes grossiers qu'il est impossible de ne pas détecter (en théorie) aux rushs...
Mais si c'est un parti pris, évidemment je retire ce que je viens de dire: c'est très réussi dans le genre hideux.

Côté casting, ce n'est pas franchement mieux... Wilson n'est pas super emballant, Mélanie Thierry est exaspérante, Grégoire Leprince Ringuet est comme son rôle l'exige : transparent (faut-il alors en saluer la performance ?).

Gaspard Ulliel fait ce qu'il peut pour sauver les meubles : il reste, en vérité, la seule étincelle à laquelle se raccrocher dans ce long et pénible tunnel dont heureusement j'ai trouvé l'issue de secours.