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mercredi 24 avril 2013

[SCENES] Demain est un autre jour ! On en veut chaque jour !

Une journée de dingues, absurde, où rien n'est prévu, rien n'est attendu, où tout est possible... et où tout arrive !

Sur le mode du film "Un jour sans fin" - l'un de mes films préférés - cette pièce de Sylvain MEYNIAC et Jean-François CROS exploite à merveille l'ironie dramatique puisque le personnage principal (interprété magnifiquement par Daniel Russo) revit sans cesse la même journée.

Pourquoi ? Là est toute la question... Lorsque Gérard Loussine débarque dans sa vie, il ne comprend pas que tout se joue autour de lui...

L'inconvénient d'une bonne pièce, c'est que l'on ne peut rien en dire au risque de spoiler le spectateur, de vous dévoiler les rebondissements et toutes les inventions de mise en scène pour faire que cette pièce puisse exister.

Pierre (Daniel Russo) est avocat et il va jouer sa carrière sur un procès. Autant dire qu'il est particulièrement tendu, lui d'ordinaire déjà si stressé, nerveux et maniaque ! Personne ne va l’aider, au contraire. Son patron (Xavier Letourneur) lui met la pression alors que nous savons qu'il a fomenté un sale coup contre lui. Son ancien amour de jeunesse (Jessica Borio) s'est faite embaucher dans la cabinet et lui sert d'intérimaire, ravivant au passage les tensions autant que les passions. Le jeune collègue de la boîte (Jean-François Cros) tire sur tout ce qui bouge en matière de gente féminine et s'en vante à souhait... C'est dans ce jeu de quille qu'une veuve joyeuse (Axelle Marine) débarque, la cause de tous ses ennuis...

Une fois les éléments en place, quel festival ! C'est profondément jubilatoire et parfaitement exécuté par une belle distribution. J'y suis allé avec mon pote Elie, scénariste comme moi, qui en est sorti également très satisfait. Nous n'avions pas grand chose à reprocher à cette pièce hormis une exposition un chouia trop longue peut-être. Un défaut qu'on oublie bien vite. Excellent moment.

C'est l'un des succès du moment et cela mérite vraiment d'être vu.

Le genre de pièce qu'on aimerait voir plus souvent !

J'illustre cet article par deux photos chopées sur BilletReduc qui montrent mal hélas un joli décor plein d'inventivité, mais surtout parce que les affiches des théâtres parisiens Sooooo XIXème siècle me font saigner des yeux (c'est l'ancien graphiste qui parle...) !
D'ailleurs je vous invite à regarder cette page très drôle sur la question !

MISE EN SCÈNE : Eric Civanyan
AVEC Daniel Russo, Gérard Loussine, Axelle Marine, Jessica Borio, Xavier Letourneur et Jean-François Cros 
DÉCORS Edouard Laug
LUMIÈRES Eric Civanyan assisté de Denis Monmarché

http://www.billetreduc.com/82705/evt.htm

mercredi 27 mars 2013

[SCENES] La nuit des Reines et La nuit des Dupes : duo gagnant !

La nuit des Dupes et La nuit des Reines sont deux fantaisies rigolotes, pleines d'esprit, de jeux de mots lou-phoques et de réparties vache-hard. De quoi nous épater deux fois comme dirait mon charcutier...

Très gay friendly - quoi de plus normal avec Michel Heim dont la vertue (cardinale !) est l'écriture de pastiches notamment pour les Caramels Fous ? - et décalée, la pièce joue avec l'histoire et la littérature.

Dans les Dupes, un Louis trèZ à l'aise avec les conventions... Une Marie de mes deux sise dans les conspirations. Anne qui fait l'autruche, jusqu'à l'arrivée d'un duc qui fait son trou avant de laisser sa place à un gars pas si con...  La situation est en effet historique : Louis XIII n'a pas d'héritier et n'honore plus sa femme, la trop prude Anne d'Autriche. Sa mère, l'intrigante Marie de Médicis, compte en profiter pour le faire abdiquer en faveur de Gaston d'Orléans. C'est compter sans le fourbe Richelieu et le séduisant Duc de Buckingham et l'arrivée d'Artagnan.

Dans les Reines, Catherine de Médicis rêve que son fils préféré, le futur Henri III, épouse Elisabeth I, Reine d'Angleterre, dite " la Reine Vierge ", toujours célibataire bien que fort avancée en âge. Inutile de dire que ce mariage avec celle qu'on appelle la Reine vierge, n'est pas du tout du goût du pauvre Henri III qui, hormis une liaison incestueuse avec sa soeur, la Reine Margot, n'a guère d'expérience avec les femmes.

Les comédiens sont plus que convaincant dans des alexandrins où il faut entrer parfois au chausse-pied ! 12 pieds oui, à condition d'escamoter parfois un e qui devient muet ou de taire une syllabe, mais nous n'en tiendrons pas rigueur tant l'exercice d'écriture est ardu et le résultat désopilant au final. :-)

Le tout servi dans de jolis costumes.
C'est drôle, plein d'humour camp et d'esprit. Bref, cela vaut le coup d'être vu.

Mais pour l'instant, plus de date sur Paris, vous n'avez plus le choix dans la date...

Auteur : Michel Heim
Artistes : Michel Heim, Renato Nasi, Gwenda Guthwasser, Franck Isoart, Guillaume Lucas
Metteur en scène : Jean-Pierre Rouvellat



dimanche 24 mars 2013

[SCENES] Les grands moyens : le grand jeu !

Une pièce qui bénéficie vraiment de la dynamique du duo Garnier & Santou et de leurs partenaires non moins talentueuses. Le texte aurait pu être une "couchonerie" à peine modernisée et les dix premières minutes nous feraient presque craindre le pire...

À la recherche de l'homme parfait, Laura a quitté Léo, voilà quelques mois, parce qu'il ne correspondait pas à son idéal masculin. Bafoué, Léo lui fait alors rencontrer le pire de tous les hommes, en espérant ainsi voir son ex revenir auprès de lui. C'est certain avec ce type-là, Laura ne peut que revenir. Du moins, c'est ce que croit Léo.

Evidemment, le plan de départ tourne mal. Car le scénario de film devenu pièce de théâtre, écrit par Stéphane Belaïsch et Thomas Perrier ne cesse de rebondir et provoque à chaque fois l'hilarité.

Mais c'est vraiment grâce à une mise en scène enlevée et efficace d'Arthur Jugnot (avec qui ils ont joué dans "A 2 lits du délit") et de David Roussel que la pièce donne toute sa mesure, un souffle qui porte le spectateur jusqu'à la fin.

On rit franchement aux échanges entre ces quatre comédiens très généreux dans ce vaudeville malin.
Garnier et Santou donnent de leur personne, surtout Santou qui joue les cascadeurs et se laisse ballotter avec un certain plaisir. Le duo s'autorise quelques sorties de route qui leur font friser l'oeil ou étouffer un rire sous l'oeil complice du public.
Cyril Garnier est très désirable, ce qui ne gâche rien, bien entendu ! Surtout en tennisman à short moulebite...

En face d'eux, Magaly Godenaire et Marie Montoya sont épatantes et tiennent la dragée haute face à ces deux trublions en travaillant la nuance, évitant la caricature des proies faciles.

Très drôle, à ne pas manquer !

A la Gaîté Montparnasse
http://www.billetreduc.com/76817/evt.htm?nr=1


mercredi 27 février 2013

[SCENES] Cyrano m'était conté !

Une frénétique bande de clowns sert le texte original, improvisant ça et là quand il faut jouer avec le public. C'est enlevé, drôle, inventif. Costumes, maquillages et mise en scène : tout nous convie à la communion avec les acteurs.

Ceux-ci nous emmènent dès l'arrivée dans la salle dans leur délire et ce jusqu'au point d'orgue dramatique de la pièce qui nous cueille par l'émotion après tant de bonne humeur et de drôlerie.

Quelle belle addition de talents en scène ! Le burlesque est un art difficile que maîtrise sur le bout de leur nez rouge tous les comédiens de la pièce. Cette mise en espace et ce parti-pris rend la pièce accessible à un jeune public même s'il n'en perçoit pas toutes les subtilités, idéal pour un premier contact avec le théâtre.

Le succès d'Avignon 2012 continue sur scène les Week-Ends et c'est VRAIMENT à ne pas manquer !


Auteur : Edmond Rostand
Artistes : Damien Luce, Stéphanie Lassus-Debat, Mélanie Le Duc, Damien Henno, Guillaume Charbuy, Thierry Victor, Éric Allard-Jacquin, Maxime Perrin, Marta Power Luce, Delphine Latil
Metteur en scène : Damien Luce


au Petit Théâtre des Variétés
http://www.billetreduc.com/86133/evt.htm?nr=1

jeudi 7 février 2013

[SCENES] Chapeau baTs !

Spécialiste de l'auto-dérision et de l'humour acide, Guillaume Bats prouve que même en faisant 1m40, on peut voir les choses de haut ... Après avoir été découvert sur France 2 en duo avec Jeremy Ferrari, Guillaume Bats monte sur scène avec son premier One Man Show.

Vues mes quelques critiques, vous pouvez voir que je suis cash... et pas forcément facile à satisfaire (un bon texte au minimum, please...) Et bien là : 10/10. Meilleure note ever... Pourquoi ? Parce que j'avais la langue sèche à force de garder la bouche ouverte pour rire.

Chaque vanne fait mouche ou presque et Guillaume souligne avec humour et décontraction celles qu'il foire ou qui tombe à plat, on s'en amuse. Il nous a mis dans sa poche dans les deux premières minutes.

Un texte imparable, drôle de bout en bout. Jusqu'au joli moment d'émotion vers la fin avec la reprise de la chanson de Fernandel, fort à propos.

Guillaume Bats revient sur son parcours de handicapé avec causticité, dédramatise, met d'emblée tout le monde à l'aise pour ce qui pourrait ressembler à une curiosité ou une attraction foraine. Pas du tout. Guillaume Bats est un vrai comédien, talentueux, comme touché la grâce, à l'aise dans un exercice de stand-up mené tambour battant, où d'autres se cassent parfois la figure chaque soir à deux pas de là dans un temple du stand-up.

Sous le texte et jusque dans les intonations, la rythmique, on entend parfois Jérémy Ferrari. Peut-être faudra-t-il encore quelques semaines pour que Guillaume trouve sa propre musique. Il est vrai que Ferrari possède ce don de rire du plus douloureux, du plus tragique, de faire marrer avec des horreurs, le glauque. La recette fonctionne avec Guillaume Bats qui ajoute ce supplément d'âme et de personnalité poussant l'auto-dérision à son paroxysme.

Guillaume Bats est l'une des découvertes de On ne Demande qu'à en Rire (France2) pour ses participations dans des sketchs. Sur scène, il fait la démonstration que ses épaules ne sont pas si fragiles que la science le prétend. Chapeau baTs. On en redemande !

Co-écrit et mis en scène par Jérémy Ferrari.
Billetreduc

mercredi 9 janvier 2013

[CLOWN] Slava's Snow (big) Show

Je ne vais pas être très original en disant qu'une fois de plus j'ai adoré le Slava's Snow Show, désolé.
Je l'avais vu l'année dernière à Paris au théâtre du Trianon et cela m'avait marqué longuement, une espèce d'euphorie qui ne m'a pas lâchée de la semaine et bien plus encore. Cet heureux souvenir était toujours aussi vivace dans mon esprit bien longtemps après comme un rêve dont on ne se remet jamais.

J'étais donc à la fois très curieux de revoir ce spectacle au théâtre du Léman à Genève et en même temps, je redoutais que la magie ne me cueille pas, que cela ne fonctionne plus. Heureusement il n'en a rien été, même si la surprise n'était plus là quoiqu'encore j'avais oublié de nombreux détails.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce spectacle, le mieux est encore de ne rien savoir à son sujet, de foncer tête baissée en réservant des places au parterre à peu près en milieu de salle de préférence. Le spectacle sera de retour à Paris en octobre prochain au Casino de Paris : http://slavasnowshow.fr

Toutes les personnes de mon entourage qui sont allé voir ce spectacle en sont revenues enchantées, amusées, et cela fonctionne de 7 à 77 ans comme on dit. (Enfin pour être juste : toutes sauf une - il se reconnaîtra s'il lit ces lignes ;-P )

Dans la tradition des clowns russes, sans paroles pour mieux internationaliser le spectacle (il a été joué plus de 4000 fois dans le monde) et parce qu'en mime ils sont au sommet de leur art, les comédiens nous embarquent dans leur univers féérique. Le théâtre devient une immense boule à neige. Boule à neige ou boule de cristal ? On semble y voir le destin contrarié de ce clown jaune passant de vie à trépas, entrant au paradis ou en enfer et faisant face à une troupe de clown verts à l'allure et aux comportements étranges.


Rapidement, le spectacle est autant dans la salle que sur scène et même l'entracte vire au spectacle au bout de dix minutes (à ne pas manquer). On passe du rire à l'émotion sur un haussement de sourcil et on en prend plein la gueule jusqu'au final.

Pour ceux qui n'ont pas tué l'enfant en eux, pour ceux qui sont des rêveurs, des poètes, qui aiment l'art théâtral, la création, le mime, l'esprit un peu potache ou tout simplement vivre une expérience hors du commun. Faites une cure de jouvence express en allant voir le Slava's Snow Show !


vendredi 28 décembre 2012

[TABLES] Les Sardignac

Les Sardignac, à l'angle en face les Folies Bergères.
J'inaugure ma catégorie des billets sur les bonnes tables, les établissements sympathiques où bien boire et bien manger et où travailler également - en tant qu'auteur, les adresses de spots wifi et bureaux de fortunes sont toujours utiles...




L'ouverture il y a maintenant un mois de l'établissement des copains Emmanuelle Sardou & Vincent Solignac, tous deux scénaristes, est une excellente occasion pour commencer ces chroniques gourmandes.

Sardou + Solignac = Sardignac, un nom qui claque ! Deux scénaristes qui passent derrière le comptoir, voilà qui n'est pas courant. Généralement, on retrouve plutôt les auteurs devant histoire de chopper quelques brèves ou encore sur une table au fond (ou dessous selon qu'on est le matin ou le soir) à gratter du papier ou taper sur son ordi. Avec cette étude de marché à peine exagérée de la profession ;-) il pouvait être tentent d'ouvrir un bar. De fait, le couple se fait une belle clientèle parmi les confrères, mais leur établissement sis au 27 de la rue Richer, juste à l'angle en face des Folies Bergères vit surtout au rythme des spectacles de leur imposant voisin.

Le concept : "Bar à vins, caviar et jambon-beurre" dit tout de ce qui vous attend : des produits choisis amoureusement par les patrons qui sont de bons épicuriens, je peux en témoigner. La machine à vins de 12 grands crus trône sur le bahut derrière le comptoir, la machine à jambon s'expose dès l'entrée au bout du bar, ça donne tout de suite le ton.

Une trentaine de couverts sont répartis dans deux salles, une table de 6/8 personnes maximum, pour les groupes, mieux vaut avertir à l'avance et réserver. C'est très convivial, sans chichi, peut-être encore un brin trop sobre côté déco dans la seconde salle. Peut-être manque-t-il encore un peu de lumière dans la première salle pour éclairer ce joli plafond de 1850, peint d'angelots, d'oiseaux lyre avec ses caissons de miroirs prolongés aux murs et ses moulures dorées. Comme en témoigne encore le rail pour suspendre les carcasses, l'établissement a d'abord été une boucherie au début du XXième.

Côté assiettes : huîtres, caviar et saumon pour le "high concept" mais aussi des assiettes beaucoup plus simples et plus abordables en salades, croque monsieur au canard, tartines.

En semaine, le menu du daytime propose un bel assemblage de produits frais à des prix très corrects pour le quartier (18€ entrée+plat+dessert). Exemple le 13 décembre avec Velouté de Champignons ou Fondue de Poireaux acidulée Œuf poché, toast aillé puis Croq’ jambon ou canard & salade ou Risotto, champignons et pancetta puis Mousse choco’ Crème fouettée à la noisette ou Poire rôtie, confiture de vin et Crumble café.

Vous n'avez pas l'eau à la bouche ?

Le dimanche, le brunch est à 23€ avec par exemple une brouillade au Saumon Balik ou Brouillade au bacon ou Brouillade au Caviar Prunier (supp 3€), avec Salade de lentilles ou Salade de pommes de terre,  Thé, café, cappuccino, pain, beurre, confiture & Un verre de jus de fruit Alain Miliat 20cl ou Un verre de bordeaux Larégnère rouge ou blanc 12 cl.

La charcuterie est rigoureusement sélectionnée. Le Jambon de Paris vient de la rue de Charonne, fait à l'ancienne sans produits chimiques. Un délice. Le jambon cru, la mortadelle, sont de la même facture. Les Sardignac ont effectué un tour de France pour aller rencontrer les producteurs et choisir leurs produits : la garantie d'obtenir le meilleur.

Je garde une petite réserve sur les desserts parfois. Pas dans leur exécution mais plutôt dans leur présentation, parfois usant de ramequins ou de timbales. J'aimerais des assiettes plus gourmandes et généreuses. Mais la qualité est là et c'est bien le principal : ça donne envie d'y revenir. J'ai fait de ce spot l'un de mes QG dans le centre de Paris. Parfait pour travailler avec un wifi gratos (même si les prises manquent un peu). Mais c'est surtout l'endroit idéal pour boire un verre ou dîner en access-prime-time ou après le spectacle !

Pour les boissons, la carte propose 80 références en piochant dans tous les vignobles, français principalement. Actuellement, les Sardignac ont fait rentrer de très bons Côte-du-Rhône, vous y trouverez aussi d'excellents vins bios et des grands crus qui feront frétiller vos papilles, et à tous les prix. Les amateurs de Whisky y trouveront aussi d'excellents flacons.

Plus d'infos : https://www.facebook.com/LesSardignac
De 11h à minuit et jusqu'à 2h les vendredi et samedi.
Dimanche de 11h à 16h - Fermé le lundi.
Tél. : 09 83 62 81 97



Agrandir le plan

dimanche 4 novembre 2012

[ECRANS] Paris, la ville à remonter le temps.

Je vous avais déjà parlé des travaux de Dassault Systèmes sur la 3D et la reconstitution historiques et archéologique, notamment pour la pyramide de Khéops. Cette fois, DS s'intéresse à Paris. J'avais eu le privilège de voir le documentaire de Planète+ en avant-première, puis j'ai assisté comme plus de 15.000 parisiens au spectacle sur le parvis de l'hôtel de ville qui était bluffant. Proposer en live, sur 9 écrans géants synchronisés, une visite commentée dans un univers virtuel, chapeau ! Il est vrai que ce petit miracle technologique, DS l'avait déjà proposé dans la Géode pour Khéops et en relief, mais le cadre du parvis de la Mairie de Paris et la communion avec 15.000 spectateurs ajoutait une dimension à cet événement.

Hier, je reçois un joli coffret de Paris 3D... Au menu : le livre qui reprend la trame du documentaire et les travaux graphiques de DS, et un coffret DVD/BlueRay, avec le film de 90' et la version en 4x52' dont j'ai attaqué le visionnage aujourd'hui.

Je vous conseille nettement cette dernière version, car plus nourrissante en terme de contenu avec plus d'images de Paris, de reconstitutions, l'intervention des archéologues et des historiens, et surtout quelques scènes "horripilantes" en moins. Dans le film de 90', il fallait en effet la présence d'un narrateur pour lier la sauce et en faire un documentaire grand public, accessible aux jeunes. Cela donne un couple et ses deux enfants dans une nacelle avec leur guide qui surfent sur une tablette (la même application que vous retrouverez sur votre Ipad...). Là n'est pas le problème, en fait. Mais si vous voulez vous payer une barre de rire, les dialogues et leur interprétation sont un grand moment (désolé Carlo -si tu me lis- mais je reconnais que l'exercice était périlleux ;-P !)

A ceci près, le reste est un grand et beau documentaire intelligemment fait sur la construction de Paris dont le contenu est rendu vivant grâce à des séquences de fiction. De quoi se rafraîchir la mémoire ou apprendre simplement car il a le mérite de parfaitement situer les grandes étapes, des parisiis à l'époque moderne. En ce sens, c'est un programme grand public qui réconciliera sans doute beaucoup de gens avec l'Histoire !

Le point fort, ce sont bien-sûr les images 3D dont vous pouvez en partie profiter sur votre ordinateur, puisque une partie de ce qui a été créé pour le docu est disponible à cette adresse :
http://paris.3ds.com/
A noter aussi les très jolies vues de Paris au moyen d'une grue de 54 mètres et de survols en hélico à basse altitude : les monuments comme vous les avez rarement vus...

Et si vous souhaitez vous procurer le DVD, BlueRay ou le coffret complet : http://goo.gl/d1XZz



vendredi 28 septembre 2012

[THEATRE] J'ai vu Ali et j'en suis resté baba !

J'ai vu hier un spectacle absolument génial. Je n'ai même pas de mérite à en parler, tout le monde est élogieux. C'est le Canard Enchaîné qui m'a mis sur la piste...

Au théâtre de Dix heures, Ali Bougheraba fait des merveilles. C'est intelligent, bien joué, follement drôle, impertinent... BRILLANTISSIME !

"Ali au pays des merveilles" est à voir absolument pour sa chronique de la vie du "Panier", le quartier de Marseille. [oubliez Patrick Bosso, Titoff et ce que vous savez de l'humour marseillais, merci]. Ali use d'un humour très fin qui se moque des conventions.

Ali est un bel oiseau - une mouette - très doué pour le mime, pour la tchatche, pour l'humour. Il brosse une savoureuse galerie de portraits - tous épatants - servis dans une mise en scène efficace, sans décor.

Le vrai talent est trans-culturel et trans-générationnel : j'avais à côté de moi un couple de retraités "Télérama"qui riaient aux éclats et de l'autre un couple de jeunes dans le genre "ils sont pas comme nous" qui était mort de rire... Une salle qui semblait unanimement conquise en sortant. On en sort réjouis, ragaillardis, dopés comme à la première rencontre d'un amour qui s'annonce prometteur.

Loin des boulevards aux comédies parfois pathétiques et vulgos (Les menteurs, théâtre de la porte Saint-Martin, au hasard...), payez-vous plutôt une bonne barre de rire avec Ali, le tout pour un prix modique !
Courez-le voir !

Jusqu'à fin décembre au Théâtre de Dix-Heures.



dimanche 23 septembre 2012

[SPECTACLE] Foresti Party à Bercy

Foresti Party... En fait je n'étais jamais allé voir un spectacle à Bercy. Peur des trop grandes salles où l'on ne voit rien, où le son est souvent celui d'un hangar ou d'un hall de gare... Foresti Party a réussi à casser mes préjugés. Mais la petite avait vu grand. Plus de 20 danseurs, une dizaine d'écrans géants, des décors, des guests. Passant d'un sketch en vidéo à un stand-up en live, elle enchaîne ainsi les parodies, les fausses pubs, les nouveaux textes. Du vrai show à l'américaine, et avec quelle énergie ! Wow ! Evidemment, l'avion Barbie reconstitué à taille humaine fait son petit effet... On attend le DVD avec impatience pour revoir.

mercredi 19 septembre 2012

[THEATRE] Un petit jeu sans conséquence (à part nous faire rire...)

La pièce de Jean Dell et Gérald Sibleyras est un petit bijou, pas étonnant qu'elle ait remporté cinq Molière lors de sa création...

Claire et Bruno sont ensemble depuis 12 ans.. Vous avez forcément un couple comme ça dans vos amis, c'est le couple agaçant : ils vont bien ensemble, biens sous tous rapports, ils sont parfaits. Bref, c'est l'exemple à suivre. Alors Claire décide de faire croire qu'ils vont se séparer. A leur plus grand étonnement : personne ne s'en formalise. D'ailleurs tous leurs amis se mettent à leur balancer leurs quatre vérités... Effet dévastateur et formidablement drôle dans cette comédie de moeurs où les masques tombent.

J'ai vue cette pièce à la comédie Saint-Michel il y a plus d'un an avec une autre distribution qui montrait à quel point une mauvaise mise en scène et des comédiens lourdauds pouvaient massacrer un beau texte.

A contrario, dans une économie de moyen, les jeunes comédiens de la troupe des Z'ardisans (on passera sur le nom de la troupe, hein...) et sous la direction de Frédéric Jacquot, arrivent à faire oublier que les personnages sont sensés avoir 10 ans de plus qu'eux. Ils sont tous justes sortis des cours mais montrent déjà un certain talent et une grande jubilation à être sur scène. Toute l'ironie du texte est soulignée, l'humour fait mouche, comme l'émotion. A ne pas manquer !

Auteur : Jean Dell et Gerald Sibleyras Artistes : Pauline Rolland ou Charlotte Solans, Victoria Tornel, Gwilherm Chevalier, Jérôme Goy et Julien Lafficher

Billetterie ici :
http://www.billetreduc.com/76384/evt.htm?nr=1

mercredi 30 mai 2012

[THEATRE] Rose, Judith Magre seule en scène.

Auteur : Martin Sherman ; Metteur en scène : Thierry Harcourt
Lumières : Jacques Rouveyrolis 

J'ai beaucoup de respect pour les comédien(ne)s qui arrivent à tenir un public, seul(e)s en scène, dans un minimalisme absolu, ou qui restent captivant(e)s même lors d'une lecture.

A ce jeu là, Judith Magre est impériale dans Rose. Assise sur son banc en bois, s'octroyant juste quelques secondes pour en faire le tour à l'occasion d'intermèdes qui rythment la pièce. Elle est Rose Rose et raconte son épopée, de la Russie aux USA en passant par le ghetto de Varsovie, les camps, la Palestine, la perte de ses enfants, de ses maris. Un récit qui oscille entre moments poignants et pointes d'humour acidulée.

« La contribution des juifs au Monde
c'est de poser des questions
qui n'ont pas de réponses ! 
»

Pas évident de raconter sans en rajouter dans le pathos, dans les effets, sur une histoire qui fracasse tous les protagonistes et nous renvoient à des images connues, soit par la fiction, soit par le documentaire. Si certains n'ont pas apprécié ce parti pris lors des premières représentations, pour ma part, je pense au contraire qu'il s'agit d'une sage posture. 

« Je suppose que quand on a ses premières règles
et son premier pogrom le même mois, 
on peut à coup sûr présumer qu’on est sorti de l’enfance…»

On est pris à contre-pied par le calme apparent de Rose, saisis par ce témoignage au soir de sa vie, sur le ton badin des confidences. Un art consommé de la dédramatisation qui heurte. Puis la nonchalance est enfin balayée par une charge ou l'apparition de larmes sur le masque de la politesse. L'histoire individuelle nous laisse entrevoir en creux les conflits et l'incompréhension sur ce qu'est devenu un peuple maltraité par l'Histoire qui souhaite prendre sa revanche.


[VIDEO] Contrôleur d'écran à la main... J'en veux un !

mardi 29 mai 2012

[COURT] Objet trouvé.

J'avais bien aimé ce court, diffusé sur FTV il y a quelques années...
Adaptation d'une légende urbaine très réussie.



[LIVRE] "En moins bien", y'a pas mieux.




En moins bien.
par Arnaud Le Guilcher.

C'est un bouquin qui a connu et connait toujours un vif succès grâce aux libraires et au bouche à oreille. Pour ma part, c'est Gérard Collard, le médiatique libraire qui ambitionnait de faire entrer sa houppette à l'Académie Française qui m'a vendu ce roman via son site La Griffe Noire.

Pour bien commencer la saison estivale de lectures, "En moins bien", est un bon choix. Pour l'auteur, c'est comme dans la vie, mais en moins bien. Ne pas le croire, c'est tout le contraire. Si les séparations amoureuses produisent des dévastations similaires dans les coeurs, le contexte, lui, n'a rien d'ordinaire. L'histoire se situe aux Etats-Unis, sur la côté ouest, à l'ombre d'une dune qui chante, dans un motel miteux où un improbable pélican dort sur la banquette du bar et gniak les mollets des vacanciers. Là, le narrateur, looser des loosers, espère passer son voyage de noces. Peine perdue. Premièrement, sa femme le quitte. Deuxièmement, troisièmement, quatrièmement (ad lib) les ennuis arrivent.

Avec un style drôle, plein de pépites littéraires, l'auteur nous cueille dès la première page. San Antonio, Audiard, Alexandre Astier, Desproges : on est dans cette veine pour les expressions imagées. Mais il ne faudrait pas sur-vendre le livre uniquement sur cette idée qu'on va se poiler à chaque page. L'émotion arrive sans crier gare, la gravité avec. Avec ce récit à la première personne qui nous interpelle, on est aux premières loges des sentiments et de l'action. On n'y croit pas une seule seconde, à ce joyeux bordel surréaliste, mais pour autant on tourne les pages sans difficultés.

Pour un premier roman, c'est plutôt réussi. Ca s’essouffle peut-être un peu la seconde moitié. Disons que le livre est inégal dans la façon de faire avancer l'action.

"En moins bien" connaîtra une adaptation cinématographique actuellement en préparation et dispose d'une suite "Pas mieux", en librairie. Pas encore lue, mais ça ne saurait tarder...

mercredi 2 mai 2012

[DOC TV] ׺°”˜`”°º× La revanche des geeks ׺°”˜`”°º×

Il n'est pas trop tard pour chopper une rediff ou mater en VOD le documentaire d'Arte "La revanche des geeks", écrit et réalisé par Jean-Baptiste Péretié sur une idée originale de Dimitri Kourtchine (ARTE France / La Générale de Production). Quitte à être dans les crédits, autant citer le monteur, Matthieu Brunel pour son joli travail ainsi que les illustrateurs car la forme sert beaucoup le propos.

Souvenez-vous : au collège, ils restaient entre eux, mal fagotés, l'oeil binoclard et le teint boutonneux. Premiers en sciences, ils se rétamaient en sport et en drague, jouaient à des jeux compliqués et riaient nerveusement à des private jokes. Ce documentaire dissèque les moeurs des geeks, traités aussi de nerds, et narre la contre-attaque de cette confrérie futée, passée en trente ans de souffre-douleur à maître du monde. Le réalisateur a rencontré ses membres, désormais fiers de l'être, dans la Silicon Valley américaine, en France et au Japon. Ils racontent une adolescence difficile, en butte aux moqueries voire aux brimades. En réaction à cette mise à l'index, les geeks se sont forgé un univers commun.

On apprend plein de choses, même en étant un "almost digital native" et un peu geek sur les bords. Si les geeks sont devenus à la mode, ce documentaire a le mérite de bien montrer l'émergence d'une sous-culture et la façon dont elle s'est propagée dans nos sociétés, grâce au réseau, à la réussite social et économique de quelques figures emblématiques. A noter la narration assurée par le comédien resté célèbre pour avoir doublé "Doc" dans "Retour vers le Futur", Pierre Hatet. Nooon de Zeuuuus !

Le documentaire se double d'une page spéciale sur le site d'Arte :
http://www.arte.tv/fr/6578764.html

Le replay :
http://videos.arte.tv/fr/videos/la_revanche_des_geeks-6613194.html

dimanche 29 avril 2012

[THEATRE] Monsieur Ibrahim : ouvert 7/7 24/24...

écrit par Eric-Emmanuel Schmitt
mise en scène par Anne Bourgeois
avec Francis Lalanne



Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran est le récit théâtral et autobiographique fictif de la vie d'un jeune Parisien, dont les parents se sont séparés et qui vit chez son père. L'auteur raconte donc l'enfance de Bruno Abraham Kremer, et la découverte de son "grand-père", M. Ibrahim, qui tient l'épicerie du coin. Le seul rôle est celui de Momo adulte qui se remémore son enfance.


Dans la fournaise du Rive Gauche (30° ? N'oubliez pas votre clim' portative...) je suis ravi d'avoir découvert le Francis Lalanne comédien (version sans cuissardes), qui tient son public pendant 1h45 sans jamais le lâcher. Attention, performance !

D'autant plus que le texte tombe parfois dans une certaine facilité pour ce qui est de l'expression des sentiments lors de la première moitié du spectacle. Mais le jeu de l'acteur ajoute de la complexité là où elle n'existe pas, donne à sourire au bon moment, nous sauve à chaque fois des poncifs ou des formules toutes faites.

Dans un décor assez sobre mais bien pensé et sous de jolies lumières, on suit le récit biographique de Momo et de Monsieur Ibrahim en croyant à tous les personnages ainsi qu'aux figurants dont Moïse évoque le souvenir. 
On est prit par l'émotion car Lalanne ne s'économise pas, il est d'une générosité extraordinaire, rit, pleure, danse, sans failles, avec sincérité. Quand il s'assoit enfin sur le tabouret de Monsieur Ibrahim, on retient son souffle, ému.

Lalanne vient saluer en tenant la main fictive de ses acolytes étant la troupe à lui tout seul.
Il a bluffé tout le monde. Standing ovation.

http://www.edgar.fr/spectacle/theatre-rive-gauche-m-ibrahim-et-les-fleurs-du-coran

mercredi 25 avril 2012

[THEATRE] Harold et Maude : que du bonheur !

d'après l'oeuvre de Colin Higgins
adaptation par Jean-Claude Carrière
mise en scène de Ladislas Chollat
scénographie de Emmanuelle Roy
au Théâtre Antoine



Avec Line Renaud, Claire Nadeau, Thomas Soliverès, Denis Berner, Sophie Bouilloux, Benjamin Boyer, Chloé Catrin, Christian Pereira, Grégory Vouland

L'improbable rencontre entre Harold, jeune homme suicidaire de 20 ans issu de la haute bourgeoisie, et Maude. Elle va apprendre la vie à Harold, ce qu'est la joie, le bonheur et l'amour, ce qu'il n'a pas appris auprès d'une mère froide et stricte.

Il n'y a rien à jeter dans cette pièce. Tout du sol au plafond m'a ravi. Distribution, scénographie, mise en scène, l'adaptation... C'est vraiment dommage qu'il n'y ait pas eu de Molière cette année, car Harold et Maude méritait bien d'en rafler un au moins...


mercredi 25 août 2010

Cleveland contre Wallstreet : l'expérience troublante

Le 11 janvier 2008, la ville de Cleveland assigne en justice les 21 banques qu’elle juge responsables des saisies immobilières qui dévastent leur ville (et des frais qui en découlent). Mais les banques de Wall Street s’opposent à l’ouverture d’une procédure. Alors, ce procès qui ne viendra peut-être jamais, le réalisateur Jean-Stéphane Bron a décidé de l'organiser et de le filmer, en live, avec les vrais protagonistes... Une expérience uchronique troublante sur le fil tenu entre réalité et fiction.

On entre dans le film comme on pourrait le faire avec n'importe quel documentaire... A la mine sombre et tendue des protagonistes que l'on ne connaît pas encore, répond la décrépitude de la banlieue de Cleveland, l'une des toutes premières villes a avoir été touchée par la crise immobilière qui secoue encore les États-Unis aujourd'hui.