d'après l'oeuvre de Colin Higgins
adaptation par Jean-Claude Carrière
mise en scène de Ladislas Chollat
scénographie de Emmanuelle Roy
au Théâtre Antoine
Avec Line Renaud, Claire Nadeau, Thomas Soliverès, Denis Berner, Sophie Bouilloux, Benjamin Boyer, Chloé Catrin, Christian Pereira, Grégory Vouland
L'improbable rencontre entre Harold, jeune homme suicidaire de 20 ans issu de la haute bourgeoisie, et Maude. Elle va apprendre la vie à Harold, ce qu'est la joie, le bonheur et l'amour, ce qu'il n'a pas appris auprès d'une mère froide et stricte.
Il n'y a rien à jeter dans cette pièce. Tout du sol au plafond m'a ravi. Distribution, scénographie, mise en scène, l'adaptation... C'est vraiment dommage qu'il n'y ait pas eu de Molière cette année, car Harold et Maude méritait bien d'en rafler un au moins...
Le rôle a-t-il été écrit pour Line Renaud ? Non, évidemment, mais il lui va comme un gant. Son énergie et sa sensibilité servent le personnage à merveille. Elle n'est pas la seule à briller dans la pièce, à vrai dire, toute la distribution est épatante. Thomas Soliverès est un Harold parfait, une perle de comédien qu'on va avoir plaisir à suivre dans les prochaines années. Claire Nadeau compose une mère indigne loufoque et drolatique qui rafle la mise souvent (mention spéciale au remplissage du test du dépressif ou à la tisane !). Une mère bourgeoise moins guidée que dans le film.
Du côté de la mise en scène, ça déménage ! Au sens propre comme au figuré. Ca explose, ça nous transporte, c'est inventif grâce à des changements de décors à vue ingénieux avec la scénographie super luxe.
Deux tournettes de chaque côté de la scène portent chacune deux ou trois décors. A jardin, le salon figuré par un pan du cylindre de la tournette et au verso l'extérieur d'un cimetière ainsi que l'intérieur de la maison de Maude. A cour, un pan de cylindre figurant le pendant du salon comporte un grand cadre de Tulle Gobelin laissant apparaître le cabinet du médecin par transparence et au verso l'intérieur de la maison de Maude. Grâce à des décors suspendus ou des spis, on figure aussi une église ou on occulte la scène. Le plateau est surélevé pour intégrer des rails qui permettent à des éléments d'être mus des coulisses (une baignoire, une table, etc.).
Le tout est sublimé par de belles lumières pour ambiancer tout ça. Bref, on nous donne à voir et le spectateur n'est pas volé pour ce qui est du spectacle.
On rit beaucoup, autant pour le texte que pour les effets de mise en scène. Les suicides à répétition d'Harold sont toujours un grand moment. Malgré l'imposant barnum, l'émotion surgit malgré tout, parfois quand on ne s'y attend pas. C'est brillant et enlevé.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire