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mercredi 27 mars 2013

[SCENES] La nuit des Reines et La nuit des Dupes : duo gagnant !

La nuit des Dupes et La nuit des Reines sont deux fantaisies rigolotes, pleines d'esprit, de jeux de mots lou-phoques et de réparties vache-hard. De quoi nous épater deux fois comme dirait mon charcutier...

Très gay friendly - quoi de plus normal avec Michel Heim dont la vertue (cardinale !) est l'écriture de pastiches notamment pour les Caramels Fous ? - et décalée, la pièce joue avec l'histoire et la littérature.

Dans les Dupes, un Louis trèZ à l'aise avec les conventions... Une Marie de mes deux sise dans les conspirations. Anne qui fait l'autruche, jusqu'à l'arrivée d'un duc qui fait son trou avant de laisser sa place à un gars pas si con...  La situation est en effet historique : Louis XIII n'a pas d'héritier et n'honore plus sa femme, la trop prude Anne d'Autriche. Sa mère, l'intrigante Marie de Médicis, compte en profiter pour le faire abdiquer en faveur de Gaston d'Orléans. C'est compter sans le fourbe Richelieu et le séduisant Duc de Buckingham et l'arrivée d'Artagnan.

Dans les Reines, Catherine de Médicis rêve que son fils préféré, le futur Henri III, épouse Elisabeth I, Reine d'Angleterre, dite " la Reine Vierge ", toujours célibataire bien que fort avancée en âge. Inutile de dire que ce mariage avec celle qu'on appelle la Reine vierge, n'est pas du tout du goût du pauvre Henri III qui, hormis une liaison incestueuse avec sa soeur, la Reine Margot, n'a guère d'expérience avec les femmes.

Les comédiens sont plus que convaincant dans des alexandrins où il faut entrer parfois au chausse-pied ! 12 pieds oui, à condition d'escamoter parfois un e qui devient muet ou de taire une syllabe, mais nous n'en tiendrons pas rigueur tant l'exercice d'écriture est ardu et le résultat désopilant au final. :-)

Le tout servi dans de jolis costumes.
C'est drôle, plein d'humour camp et d'esprit. Bref, cela vaut le coup d'être vu.

Mais pour l'instant, plus de date sur Paris, vous n'avez plus le choix dans la date...

Auteur : Michel Heim
Artistes : Michel Heim, Renato Nasi, Gwenda Guthwasser, Franck Isoart, Guillaume Lucas
Metteur en scène : Jean-Pierre Rouvellat



jeudi 13 septembre 2012

[THEATRE] Jeffrey, la pièce.

PITCH : Jeffrey est un jeune comédien gay qui commence à avoir fait le tour des plans culs sans lendemain. Il décide alors d'arrêter le sexe, de se sevrer de son addiction ! Lorsqu'il rencontre le garçon de ses rêves, ces beaux principes vont être sérieusement mis à mal. Séduit par Stéphane, il est sur le point de céder à ses avances quand celui-ci lui apprend qu'il est séropositif. Entre peur et enthousiasme, Jeffrey peine à trouver en lui-même la réponse.

Cette version est adaptée de la pièce américaine de Paul Rudnick qui dépeint le milieu gay New-Yorkais des années 90. On est alors en plein épidémie de sida et l'aspect tragique de la pièce apporte beaucoup de profondeur et d'émotion au sujet (on peut également voir le film éponyme qui en a été tiré). Dans la pièce d'origine Jeffrey ne renonce pas au sexe par lassitude, mais par peur d'être contaminé par le sida. La pièce montre à quel point le milieu gay a été touché, comment les comportements sexuels ont du évoluer par la force des choses, à quel point l'enchantement et l'innocence ont déserté les relations sexuelles. Parce que la mort règne partout, tout au long du spectacle, les personnages semblent danser sur des décombres et rendent la vie plus légère, plus brillante. Ils font un festin de tout. Carpe Diem.

Transposée dans le Paris des années 2010, la comédie prend une tournure beaucoup moins noire, moins désespérée. C'est dommage car cela enlève beaucoup de profondeur au texte et aux personnages. Certes, il reste l'hésitation entre un jeune homo "safe" et un "séropo" comme elle peut exister de nos jours, mais la mort irrigue moins la destinée de chacun des personnages. Malgré tout, l'adaptation ne démérite pas, et l'actualisation réussie amène des nouveautés qui ne sont pas superflues. La scène de la prêtresse en développe personnel est un peu trop longue et pas vraiment nécessaire. Malgré quelques boulons à serrer çà et là, cette version mérite d'être vue, elle est bien servie par des comédiens convaincants.

Malgré tout, je regrette que l'on n'ait pas conservé le texte dans son jus d'origine, en mémoire de cette époque, de ceux qui ont disparu et de ceux qui ont traversé ces années en rayant chaque semaine un nom de leurs carnets d'adresses.

Auteur : Paul Rudnick Artistes : Jonathan Demay, Alexandre Geoffroy, Jérôme Sanchez, Arnaud Chandeclair, Louis Delafon, Solène Gentric, Stéphane Henriot, Fabrice Perret
Metteur en scène : Stéphane Henriot

Billeterie ici :
http://www.billetreduc.com/72230/evt.htm?nr=1