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lundi 14 janvier 2013

[TABLES] Little Fernand : les hotdogs façon titi parisien.

Photo : Parisianavores.com
Sortant d'un rendez-vous en début d'après midi rue du faubourg poissonnière, je passe devant une boutique "Little Fernand" qui propose des hotdogs. Le cadre à l'air sympa et l'un des serveurs, looké garçon boucher (casquette sur la tête, tablier, ...) attire l'attention sur le trottoir. A cinquante mètres de là, je tombe sur une autre devanture "Big fernand" qui propose du hamburger "customisé" à la française. La file d'attente devant l'établissement à 14h laisse imaginer qu'il y a là une bonne adresse de fooding... Mais l'endroit est petit et si je souhaitais consommer sur place seule la terrasse s'offrait à moi. Par un samedi pluvieux, venteux et cailleux, je n'étais pas trop partant. Découragé par le monde, j'ai fait marche arrière pour tenter le hotdog...

Little Fernand est plutôt une bonne adresse. On comprend tout le poids du marketing et de la mise en scène pour donner à un classique tristounet et connu de tous, un coup de jeune et un coup de fouet sur nos papilles. Ici le hotdog est "RRRR" ou "Bbbzz" ou "bêêê" et encore d'autres formules du même type, ou bien on choisit son pain, ses sauces, garniture, type de saucisse (veau, volaille, boeuf, porc...) etc.

Le décor a été très bien pensé pour donner un aspect "boucherie" à l'endroit : carrelage blanc sur les murs, billots en bois pour les tables, tabourets hauts. On surfe sur la vague vintage avec récup' de douilles industrielles pour les lustres. En fait, ce sont les méthodes des fast-food appliquées à la saucisse-frite : un joli décor, un bel emballage, et des plats qui permettent de faire de bonnes marges. Reste à orchestrer une bonne campagne de pub ce qui n'a pas traîné (Le fooding, Gratuits parisiens, Facebook, etc).
Trois jeunes gens s'activent en cuisine pour servir des hotdogs dans des packaging cartonnés plutôt pratiques pour manger proprement. On consomme sur place ou en take-away...
Dégustation... Le pain est un peu fragile car il s'émiette facilement, surtout avec les sauces. Personnellement, je rêve plutôt d'un pain un peu plus coriace qu'une mie façon Mac-do. Malgré tout, le goût est au rendez-vous avec des moutardes arômatisées, des oignons ou d'autres garnitures.
Est-ce que ça vaut le prix ? Peut-être pas, mais disons que pour le quartier bobotisé, cela n'a rien d'étonnant. Le hot-dog classique (pain,saucisse,ketchup ou moutarde) est à 7€. Le hot-dog seul est à 10 euros, le menu (hot-dog, boisson dessert) est à 14€. Ca reste malgré tout un hotdog mais au débotté pour combler une petite faim, pourquoi pas.
Reste à tester "Big Fernand" qui n'est pas le seul à surfer sur la vague du burger revisité et goûteux à Paris...

Little Fernand - 45 Rue du Faubourg Poissonnière 75010 Paris - 01 42 46 06 27
Ouvert du lundi au samedi de 12h à 14h30 et de 19h30 à 22h30.
https://www.facebook.com/LittleFernand

vendredi 28 décembre 2012

[TABLES] Les Sardignac

Les Sardignac, à l'angle en face les Folies Bergères.
J'inaugure ma catégorie des billets sur les bonnes tables, les établissements sympathiques où bien boire et bien manger et où travailler également - en tant qu'auteur, les adresses de spots wifi et bureaux de fortunes sont toujours utiles...




L'ouverture il y a maintenant un mois de l'établissement des copains Emmanuelle Sardou & Vincent Solignac, tous deux scénaristes, est une excellente occasion pour commencer ces chroniques gourmandes.

Sardou + Solignac = Sardignac, un nom qui claque ! Deux scénaristes qui passent derrière le comptoir, voilà qui n'est pas courant. Généralement, on retrouve plutôt les auteurs devant histoire de chopper quelques brèves ou encore sur une table au fond (ou dessous selon qu'on est le matin ou le soir) à gratter du papier ou taper sur son ordi. Avec cette étude de marché à peine exagérée de la profession ;-) il pouvait être tentent d'ouvrir un bar. De fait, le couple se fait une belle clientèle parmi les confrères, mais leur établissement sis au 27 de la rue Richer, juste à l'angle en face des Folies Bergères vit surtout au rythme des spectacles de leur imposant voisin.

Le concept : "Bar à vins, caviar et jambon-beurre" dit tout de ce qui vous attend : des produits choisis amoureusement par les patrons qui sont de bons épicuriens, je peux en témoigner. La machine à vins de 12 grands crus trône sur le bahut derrière le comptoir, la machine à jambon s'expose dès l'entrée au bout du bar, ça donne tout de suite le ton.

Une trentaine de couverts sont répartis dans deux salles, une table de 6/8 personnes maximum, pour les groupes, mieux vaut avertir à l'avance et réserver. C'est très convivial, sans chichi, peut-être encore un brin trop sobre côté déco dans la seconde salle. Peut-être manque-t-il encore un peu de lumière dans la première salle pour éclairer ce joli plafond de 1850, peint d'angelots, d'oiseaux lyre avec ses caissons de miroirs prolongés aux murs et ses moulures dorées. Comme en témoigne encore le rail pour suspendre les carcasses, l'établissement a d'abord été une boucherie au début du XXième.

Côté assiettes : huîtres, caviar et saumon pour le "high concept" mais aussi des assiettes beaucoup plus simples et plus abordables en salades, croque monsieur au canard, tartines.

En semaine, le menu du daytime propose un bel assemblage de produits frais à des prix très corrects pour le quartier (18€ entrée+plat+dessert). Exemple le 13 décembre avec Velouté de Champignons ou Fondue de Poireaux acidulée Œuf poché, toast aillé puis Croq’ jambon ou canard & salade ou Risotto, champignons et pancetta puis Mousse choco’ Crème fouettée à la noisette ou Poire rôtie, confiture de vin et Crumble café.

Vous n'avez pas l'eau à la bouche ?

Le dimanche, le brunch est à 23€ avec par exemple une brouillade au Saumon Balik ou Brouillade au bacon ou Brouillade au Caviar Prunier (supp 3€), avec Salade de lentilles ou Salade de pommes de terre,  Thé, café, cappuccino, pain, beurre, confiture & Un verre de jus de fruit Alain Miliat 20cl ou Un verre de bordeaux Larégnère rouge ou blanc 12 cl.

La charcuterie est rigoureusement sélectionnée. Le Jambon de Paris vient de la rue de Charonne, fait à l'ancienne sans produits chimiques. Un délice. Le jambon cru, la mortadelle, sont de la même facture. Les Sardignac ont effectué un tour de France pour aller rencontrer les producteurs et choisir leurs produits : la garantie d'obtenir le meilleur.

Je garde une petite réserve sur les desserts parfois. Pas dans leur exécution mais plutôt dans leur présentation, parfois usant de ramequins ou de timbales. J'aimerais des assiettes plus gourmandes et généreuses. Mais la qualité est là et c'est bien le principal : ça donne envie d'y revenir. J'ai fait de ce spot l'un de mes QG dans le centre de Paris. Parfait pour travailler avec un wifi gratos (même si les prises manquent un peu). Mais c'est surtout l'endroit idéal pour boire un verre ou dîner en access-prime-time ou après le spectacle !

Pour les boissons, la carte propose 80 références en piochant dans tous les vignobles, français principalement. Actuellement, les Sardignac ont fait rentrer de très bons Côte-du-Rhône, vous y trouverez aussi d'excellents vins bios et des grands crus qui feront frétiller vos papilles, et à tous les prix. Les amateurs de Whisky y trouveront aussi d'excellents flacons.

Plus d'infos : https://www.facebook.com/LesSardignac
De 11h à minuit et jusqu'à 2h les vendredi et samedi.
Dimanche de 11h à 16h - Fermé le lundi.
Tél. : 09 83 62 81 97



Agrandir le plan

jeudi 15 novembre 2012

[SCENES] A la Edouard Baer !

Avec le ton qu'on lui connaît, Edouard Baer signe une pièce foutraque et un peu dilettante comme son personnage : un auteur procrastinateur qui n'a pas vu le temps passer et se voit dans l'obligation de construire en une nuit un spectacle. Cet hymne à la France doit être joué devant un parterre de présidents du G20 attendus le lendemain. Mais sous la pression, les fulgurances ne sont pas toujours au rendez-vous... De fait, dans cette pièce qui dure presque deux heures, quelques moments de creux s'accumulent. La répétition peut lasser parfois, les chansons ne sont pas tout à fait à la hauteur. Malgré tout, on s'amuse de la faux-culterie d'Edouard et de ses réparties même si l'on regrette que certains rôles soient un peu pâlichons. Une pièce qui est un hymne à son propre auteur, sans atteindre l'excellence hélas de Miam-Miam ou d'autres spectacles. Malgré tout, parce que c'est bien mis en scène et parce que c'est Edouard Baer, cela vaut le coup d'être vu.

dimanche 4 novembre 2012

[ECRANS] Paris, la ville à remonter le temps.

Je vous avais déjà parlé des travaux de Dassault Systèmes sur la 3D et la reconstitution historiques et archéologique, notamment pour la pyramide de Khéops. Cette fois, DS s'intéresse à Paris. J'avais eu le privilège de voir le documentaire de Planète+ en avant-première, puis j'ai assisté comme plus de 15.000 parisiens au spectacle sur le parvis de l'hôtel de ville qui était bluffant. Proposer en live, sur 9 écrans géants synchronisés, une visite commentée dans un univers virtuel, chapeau ! Il est vrai que ce petit miracle technologique, DS l'avait déjà proposé dans la Géode pour Khéops et en relief, mais le cadre du parvis de la Mairie de Paris et la communion avec 15.000 spectateurs ajoutait une dimension à cet événement.

Hier, je reçois un joli coffret de Paris 3D... Au menu : le livre qui reprend la trame du documentaire et les travaux graphiques de DS, et un coffret DVD/BlueRay, avec le film de 90' et la version en 4x52' dont j'ai attaqué le visionnage aujourd'hui.

Je vous conseille nettement cette dernière version, car plus nourrissante en terme de contenu avec plus d'images de Paris, de reconstitutions, l'intervention des archéologues et des historiens, et surtout quelques scènes "horripilantes" en moins. Dans le film de 90', il fallait en effet la présence d'un narrateur pour lier la sauce et en faire un documentaire grand public, accessible aux jeunes. Cela donne un couple et ses deux enfants dans une nacelle avec leur guide qui surfent sur une tablette (la même application que vous retrouverez sur votre Ipad...). Là n'est pas le problème, en fait. Mais si vous voulez vous payer une barre de rire, les dialogues et leur interprétation sont un grand moment (désolé Carlo -si tu me lis- mais je reconnais que l'exercice était périlleux ;-P !)

A ceci près, le reste est un grand et beau documentaire intelligemment fait sur la construction de Paris dont le contenu est rendu vivant grâce à des séquences de fiction. De quoi se rafraîchir la mémoire ou apprendre simplement car il a le mérite de parfaitement situer les grandes étapes, des parisiis à l'époque moderne. En ce sens, c'est un programme grand public qui réconciliera sans doute beaucoup de gens avec l'Histoire !

Le point fort, ce sont bien-sûr les images 3D dont vous pouvez en partie profiter sur votre ordinateur, puisque une partie de ce qui a été créé pour le docu est disponible à cette adresse :
http://paris.3ds.com/
A noter aussi les très jolies vues de Paris au moyen d'une grue de 54 mètres et de survols en hélico à basse altitude : les monuments comme vous les avez rarement vus...

Et si vous souhaitez vous procurer le DVD, BlueRay ou le coffret complet : http://goo.gl/d1XZz



mercredi 30 mai 2012

[THEATRE] Rose, Judith Magre seule en scène.

Auteur : Martin Sherman ; Metteur en scène : Thierry Harcourt
Lumières : Jacques Rouveyrolis 

J'ai beaucoup de respect pour les comédien(ne)s qui arrivent à tenir un public, seul(e)s en scène, dans un minimalisme absolu, ou qui restent captivant(e)s même lors d'une lecture.

A ce jeu là, Judith Magre est impériale dans Rose. Assise sur son banc en bois, s'octroyant juste quelques secondes pour en faire le tour à l'occasion d'intermèdes qui rythment la pièce. Elle est Rose Rose et raconte son épopée, de la Russie aux USA en passant par le ghetto de Varsovie, les camps, la Palestine, la perte de ses enfants, de ses maris. Un récit qui oscille entre moments poignants et pointes d'humour acidulée.

« La contribution des juifs au Monde
c'est de poser des questions
qui n'ont pas de réponses ! 
»

Pas évident de raconter sans en rajouter dans le pathos, dans les effets, sur une histoire qui fracasse tous les protagonistes et nous renvoient à des images connues, soit par la fiction, soit par le documentaire. Si certains n'ont pas apprécié ce parti pris lors des premières représentations, pour ma part, je pense au contraire qu'il s'agit d'une sage posture. 

« Je suppose que quand on a ses premières règles
et son premier pogrom le même mois, 
on peut à coup sûr présumer qu’on est sorti de l’enfance…»

On est pris à contre-pied par le calme apparent de Rose, saisis par ce témoignage au soir de sa vie, sur le ton badin des confidences. Un art consommé de la dédramatisation qui heurte. Puis la nonchalance est enfin balayée par une charge ou l'apparition de larmes sur le masque de la politesse. L'histoire individuelle nous laisse entrevoir en creux les conflits et l'incompréhension sur ce qu'est devenu un peuple maltraité par l'Histoire qui souhaite prendre sa revanche.


mardi 29 mai 2012

[COURT] Objet trouvé.

J'avais bien aimé ce court, diffusé sur FTV il y a quelques années...
Adaptation d'une légende urbaine très réussie.



[LIVRE] "En moins bien", y'a pas mieux.




En moins bien.
par Arnaud Le Guilcher.

C'est un bouquin qui a connu et connait toujours un vif succès grâce aux libraires et au bouche à oreille. Pour ma part, c'est Gérard Collard, le médiatique libraire qui ambitionnait de faire entrer sa houppette à l'Académie Française qui m'a vendu ce roman via son site La Griffe Noire.

Pour bien commencer la saison estivale de lectures, "En moins bien", est un bon choix. Pour l'auteur, c'est comme dans la vie, mais en moins bien. Ne pas le croire, c'est tout le contraire. Si les séparations amoureuses produisent des dévastations similaires dans les coeurs, le contexte, lui, n'a rien d'ordinaire. L'histoire se situe aux Etats-Unis, sur la côté ouest, à l'ombre d'une dune qui chante, dans un motel miteux où un improbable pélican dort sur la banquette du bar et gniak les mollets des vacanciers. Là, le narrateur, looser des loosers, espère passer son voyage de noces. Peine perdue. Premièrement, sa femme le quitte. Deuxièmement, troisièmement, quatrièmement (ad lib) les ennuis arrivent.

Avec un style drôle, plein de pépites littéraires, l'auteur nous cueille dès la première page. San Antonio, Audiard, Alexandre Astier, Desproges : on est dans cette veine pour les expressions imagées. Mais il ne faudrait pas sur-vendre le livre uniquement sur cette idée qu'on va se poiler à chaque page. L'émotion arrive sans crier gare, la gravité avec. Avec ce récit à la première personne qui nous interpelle, on est aux premières loges des sentiments et de l'action. On n'y croit pas une seule seconde, à ce joyeux bordel surréaliste, mais pour autant on tourne les pages sans difficultés.

Pour un premier roman, c'est plutôt réussi. Ca s’essouffle peut-être un peu la seconde moitié. Disons que le livre est inégal dans la façon de faire avancer l'action.

"En moins bien" connaîtra une adaptation cinématographique actuellement en préparation et dispose d'une suite "Pas mieux", en librairie. Pas encore lue, mais ça ne saurait tarder...

dimanche 27 mai 2012

[THEATRE] Une si longue nuit : une si longue pièce.

Avec Anne Lévy, Mise en scène : Ivan Romeuf.

Ça partait d'une bonne intention et d'une excellente idée. Audacieuse.

Un parallèle assez juste : lier un destin tragique, celui d'une icone de la chanson populaire à celui d'un personnage racinien. Calquer l'expression du désir, de l'amour impossible et finalement de la mort, d'un rôle sur l'autre, d'un texte classique aux chansons.
Malheureusement l'enchaînement de scènes alternant avec des chants pas toujours maîtrisés m'a vite lassé. Les chants, pas vraiment imités mais encore trop proches de Dalida dans l'interprétation, sans parvenir à la même émotion, ne réussissent pas à me cueillir. Non, ce n'est pas Michel Fau dans son "Récital emphatique" qui joue Phèdre, mais l'idée m'a traversée l'esprit par moment. Ce n'est pas mal joué, c'est la mise en scène qui veut ça, un style emprunté (mais à qui !? ;-P ). Par opposition à tant d'autres spectacles amateurs sur la capitale, il faut quand même reconnaître les qualités de l'interprète même si le résultat ne m'a pas convaincu.

L'exercice de style du tissage du texte classique et des chansons occupe tout l'espace, sans laisser place à l'émotion ni à la vérité. C'est aride. Cette comédienne dans sa loge aurait pu nous amener sur d'autres chemins pour servir le propos, pour qu'on entre dans son trac, dans son délire, dans son jeu. Au lieu de nous mettre dans sa poche, dès l'entrée en scène, on se prend au sérieux alors qu'il s'agit d'une construction théâtrale qui devrait rester ludique malgré la gravité du propos. Aucun recul. Attention, ici on est au théâââtre mon petit monsieur, ça rigole pas... Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait une simple lecture ?

Je n'ai pas résisté à l'appel de Morphée lors du dernier quart d'heure, ce qui n'est jamais très bon signe...
Dommage. J'aimais bien l'idée...

samedi 19 mai 2012

[CINE] Les aventures de Philibert, capitaine puceau : pas si mal !

Vu sur Canal Plus ces jours-ci, "Philibert Capitaine Puceau" écrit par Karine Angeli et Jean-François Halin.
Réalisé par Sylvain Fusée.

Un film dans la veine de OSS117, à la fois hommage et parodie d'un genre cinématographique, le film de cape et d'épées. Tous les gimmicks y sont : les couleurs flashy du technicolor d'époque, les prises de vue accélérées pour les chevaux, les bruitages non raccords, etc. Et bien-sûr, le côté surjoué et emphatique des comédiens, la mise en scène théâtrale, les décors de carton pâte...
Les comédiens jouent bien leur partition, Jérémie Renier très drôle et parfait dans ce rôle de héros benêt, Alexandre Astier prend un plaisir visible à incarner le méchant, etc. Alors que manquait-il à ce film pour qu'il attire du monde en salle au lieu de faire un four ? Sans doute un peu d'irrespect et plus d'humour, de déconne. Assez vite, certaines vannes sont attendues car trop récurrentes. Pour séduire aujourd'hui sur un film de cape et d'épées - un pari risqué - il faut y apporter autre chose qu'un simple regard attendri, sous peine de faire un film qui paraît aussi désuet que les originaux.
On est assez loin d'un film à hurler de rire, c'est bien le problème pour une comédie...


mardi 15 mai 2012

[CINE] Le concert : la surprise du chef !

Je viens de voir le film "Le concert" que je n'avais pas eu l'occasion de voir auparavant. J'ai plutôt bien aimé, je vais coller un tag "pas mal"... A partir du moment où l'on accepte le style du film (qu'on accepte la caricature, etc.) restent quelques problèmes de rythmes. Les conflits ne sont pas toujours très bien exploités et la résolution des problèmes se fait un peu rapidement, sans réelle confrontation. La fin est un peu vite expédiée par rapport à l'exposition très longue des méandres de l'intrigue avec parfois des situations un peu grotesques... Mais bon, dans l'ensemble, on ne passe pas un mauvais moment, la distribution est solide et il y a quelques apparitions sympathiques comme Guillaume Gallienne.

La surprise du chef, je constate donc quelques années après que ma voiture joue dans le film... Bon c'est un peu tard pour faire un procès à la production pour leur dire que ça m'a causé préjudice, hein ! :-)


mercredi 2 mai 2012

[FESTIVAL] Cannes 2012, l'injure du jury.


La composition du Jury du prochain Festival de Cannes présidé par le réalisateur, acteur, producteur italien Nanni Moretti est à présent connue. Pour départager les 22 films en compétition, on retrouve Hiam Abbass (actrice, réalisatrice palestinienne), Andrea Arnold (réalisatrice et scénariste britannique), Emmanuelle Devos (actrice française) et Diane Kruger (actrice allemande) Ewan Mc Gregor (acteur britannique), Alexander Payne (réalisateur, scénariste et producteur américain), Raoul Peck (réalisateur, scénariste, producteur haïtien)... ET (roulement de tambour) Jean Paul Gaultier.

Si je ne doute pas une seconde de la cinéphilie du costumier de cinéma qu'est aussi Jean-Paul Gaultier, je me dis une fois de plus qu'on met plus de soin à choisir l'invité "bling-bling" du jury qu'à réfléchir deux secondes à l'intérêt d'inviter au moins un scénariste.

Seulement un scénariste de profession ou dont l'activité principale est d'écrire pour le cinéma ou même la télévision - si le monde du cinéma daigne considérer le media - pas un auteur également réalisateur (Ha ! La nouvelle vague, l'auteur-réalisateur...), pas également producteur, pas acteur, pas éclairagiste ou plongeur au Martinez les soirs de disette. Pas un romancier, un écrivain qui aurait un lointain rapport avec le cinéma ou qui aurait été adapté par un autre, pas un journaliste ou un critique. Non...

Juste le type obscur et infréquentable qui écrit seulement le scénario, les dialogues. Celui qui passe quelques mois ou années de sa vie à construire une histoire, parfois en "free-lance" total, en supportant tous les risques, sans garantie de signer un contrat au bout et de voir son projet aboutir. Celui qui s'est levé un matin avec une idée qui va donner du boulot à plein de gens à qui il va ensuite passer le relais : les réals, les comédiens, les producteurs, ou le costumier de ce jury, par exemple.

Le dernier scénariste en date dans le jury de Cannes, c'était Emmanuel Carrère, et c'était en 2010... D'abord romancier et scénariste principalement pour la télévision mais aussi réalisateur. Disons que c'est le seul candidat représentatif à pouvoir prétendre à l'étiquette de "scénariste" exclusive.

Archives Cannes :
2012 : aucun scénariste, Nanni Moretti (réal) président.
2011 : aucun scénariste, Robert de Niro (acteur, prod) président
2010 : Emmanuel Carrère (auteur, scénariste et réal), Tim Burton (réal) président
2009 : Hanif Kureishi (auteur et réal), Isabelle Huppert (actrice) présidente
2008 : Marjane Satrapi (auteur et réal), Sean Penn (réal) président
2007 : aucun scénariste, Stephen Frears (réal) président
2006 : aucun scénariste,  Kar Wai WONG (réal) président
2005 : aucun scénariste, Emir Kusturica (réal) président
2004 : aucun scénariste, Quentin Tarantino (réal) président
2003 : aucun scénariste, Patrice Chéreau (réal) président
2002 : aucun scénariste, David Lynch (réal) président

Parfois on a l'impression que le scénariste, c'est le geek du cinéma. Le mec à grosses lunettes qu'on ne veut pas avoir dans son équipe et qu'on évite d'inviter à la surboum de fin de tournage, des fois qu'il ne sache pas boire et danser... Je crois que pour un scénariste président de jury, il va encore falloir attendre !

[DOC TV] ׺°”˜`”°º× La revanche des geeks ׺°”˜`”°º×

Il n'est pas trop tard pour chopper une rediff ou mater en VOD le documentaire d'Arte "La revanche des geeks", écrit et réalisé par Jean-Baptiste Péretié sur une idée originale de Dimitri Kourtchine (ARTE France / La Générale de Production). Quitte à être dans les crédits, autant citer le monteur, Matthieu Brunel pour son joli travail ainsi que les illustrateurs car la forme sert beaucoup le propos.

Souvenez-vous : au collège, ils restaient entre eux, mal fagotés, l'oeil binoclard et le teint boutonneux. Premiers en sciences, ils se rétamaient en sport et en drague, jouaient à des jeux compliqués et riaient nerveusement à des private jokes. Ce documentaire dissèque les moeurs des geeks, traités aussi de nerds, et narre la contre-attaque de cette confrérie futée, passée en trente ans de souffre-douleur à maître du monde. Le réalisateur a rencontré ses membres, désormais fiers de l'être, dans la Silicon Valley américaine, en France et au Japon. Ils racontent une adolescence difficile, en butte aux moqueries voire aux brimades. En réaction à cette mise à l'index, les geeks se sont forgé un univers commun.

On apprend plein de choses, même en étant un "almost digital native" et un peu geek sur les bords. Si les geeks sont devenus à la mode, ce documentaire a le mérite de bien montrer l'émergence d'une sous-culture et la façon dont elle s'est propagée dans nos sociétés, grâce au réseau, à la réussite social et économique de quelques figures emblématiques. A noter la narration assurée par le comédien resté célèbre pour avoir doublé "Doc" dans "Retour vers le Futur", Pierre Hatet. Nooon de Zeuuuus !

Le documentaire se double d'une page spéciale sur le site d'Arte :
http://www.arte.tv/fr/6578764.html

Le replay :
http://videos.arte.tv/fr/videos/la_revanche_des_geeks-6613194.html

dimanche 29 avril 2012

[THEATRE] L'enfant d'en haut : un conte en moon-boots.

écrit par Antoine Jaccoud et Ursula Meier avec la collaboration de Gilles Taurand
dialogues par Antoine Jaccoud
réalisé par Ursula Meier


Simon, 12 ans, emprunte l’hiver venu la petite télécabine qui relie la plaine industrielle où il vit seul avec sa sœur Louise, à l’opulente station de ski qui la surplombe. Là-haut, il vole les skis et l’équipement des riches touristes qu’il revend ensuite aux enfants de son immeuble pour en tirer de petits mais réguliers bénéfices.
Louise, qui vient de perdre son travail, profite des trafics de Simon qui prennent de l’ampleur et devient de plus en plus dépendante de lui...

vendredi 27 avril 2012

[CINE] Le prénom : avec Patriiiiiiiiiiiiiiiiick (bien-sûr).

écrit et réalisé par Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte
d'après la pièce de théâtre éponyme des mêmes auteurs.


Vincent, la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth et Pierre, sa sœur et son beau-frère, il y retrouve Claude, un ami d’enfance. 
En attendant l’arrivée d’Anna, sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale... Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.

Je n'avais pas eu la possibilité d'aller voir la pièce, alors je suis plutôt content de pouvoir découvrir le film qui me fait penser à "Un dîner de cons" dans son rythme et les rebondissements sans parvenir à ce sommet. Le théâtre filmé n'est jamais un exercice évident, et ce film le prouve. Comment adapter un huis-clos de salon ? L'exercice est un peu maladroit en nous faisant gober la pilule par une voix-off d'entrée de jeu la bio express de tout le monde, heureusement, avec ironie et humour. Des pastilles de ci de là viennent pour nous sortir des murs.
Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Charles Berling, Guillaume De Tonquédec jouent ensemble une belle partition bien huilée, avec brio (-Avec qui ?).
Le traitement du rebondissement final tend à délayer un peu la tension et on songe que la situation initiale du prénom n'a pas été "milkée" (pour parler un bon franglais de scénariste...) traite et traitée jusqu'à son terme.
Néanmoins, on passe un bon moment.

jeudi 19 avril 2012

La piste du Marsupilami : remboursez !!!

écrit par Alain Chabat et Jeremy Doner
réalisé par Alain Chabat

Quand Dan Geraldo, reporter en quête de scoop, arrive en Palombie, il ne se doute pas qu’il va faire la plus incroyable des découvertes… Avec Pablito, guide local plein de ressources, ils vont aller de surprise en surprise au cours d’une aventure trépidante et surtout révéler une nouvelle extraordinaire : Le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !

"A partir de 6 ans." dit la notice du film. Et j'ajouterai : pas au delà de 7 ans.
On attendait Chabat au tournant, après son adaptation réussie d'ASTERIX ET CLEOPATRE - tant d'autres ont tenté d'adapter Gosciny sans y parvenir - on jubilait d'avance de retrouver le maître à l'oeuvre avec la richesse de l'univers de Franquin.

jeudi 20 mai 2010

La Princesse de Montpensier ou de mon-pensum !

J'avais adoré La fille de d'Artagnan et je me faisais une joie de retrouver Tavernier dans un film historique, dans un autre genre.

Hélas ! Je suis sorti au bout d'une heure et quart, comme notre petit groupe d'amis scénaristes (et sans nous concerter...) je ne peux donc en dire que ce que j'en ai vu... Si "La princesse de Montpensier" doit obtenir une récompense, c'est la palme de l'ennui qu'il faut lui décerner. Dans quelques années, on le montrera peut-être dans les écoles de cinéma comme film emblématique du cinéma historique franco-français qui se regarde le nombril sans penser une seconde au spectateur...

Il n'y a rien à sauver dans ce film. Ou presque. En tout cas ni le scénario, ni les dialogues (Jean Cosmos, hélas pas au meilleur de sa forme), ni le filmage. L'histoire avance à la vitesse d'une tortue rhumatisante.

Techniquement, c'est une catastrophe. J'ai dû lire les sous-titres en anglais afin de comprendre les dialogues tellement le son était mauvais (et je n'étais pas le seul visiblement...). Les quelques sites naturels exceptionnels ne sont absolument pas mis en valeur, on se croirait dans un décor de la SFP des années 70. Les scènes de bataille sont pathétiques tant dans les moyens mis en oeuvre que dans la chorégraphie. On dirait parfois deux ivrognes qui se battent maladroitement.

C'est filmé avec les pieds, sans aucune imagination, avec une caméra tremblotante et des mouvements de grue ou de steadycam pas maîtrisés (et ce dès la première séquence pour vous mettre dans l'ambiance...). Des problèmes grossiers qu'il est impossible de ne pas détecter (en théorie) aux rushs...
Mais si c'est un parti pris, évidemment je retire ce que je viens de dire: c'est très réussi dans le genre hideux.

Côté casting, ce n'est pas franchement mieux... Wilson n'est pas super emballant, Mélanie Thierry est exaspérante, Grégoire Leprince Ringuet est comme son rôle l'exige : transparent (faut-il alors en saluer la performance ?).

Gaspard Ulliel fait ce qu'il peut pour sauver les meubles : il reste, en vérité, la seule étincelle à laquelle se raccrocher dans ce long et pénible tunnel dont heureusement j'ai trouvé l'issue de secours.

lundi 17 mai 2010

Tournée : le brouillon d'un chef-d'oeuvre.

Mathieu Amalric présentait en ce début de festival de Cannes sa dernière création, en tant que comédien et réalisateur mais aussi coproducteur. Bien accueilli par le public et par la critique dans son ensemble, le film a néanmoins déconcerté par quelques failles et une place laissée à l'improvisation qui ne produit pas toujours le meilleur. Il nous restera toujours l'impression d'avoir assisté à la création d'un film sous nos yeux, avec ratures et fulgurances. Dommage : on avait tous les ingrédients pour obtenir un chef d’œuvre...