dimanche 27 mai 2012

[THEATRE] Une si longue nuit : une si longue pièce.

Avec Anne Lévy, Mise en scène : Ivan Romeuf.

Ça partait d'une bonne intention et d'une excellente idée. Audacieuse.

Un parallèle assez juste : lier un destin tragique, celui d'une icone de la chanson populaire à celui d'un personnage racinien. Calquer l'expression du désir, de l'amour impossible et finalement de la mort, d'un rôle sur l'autre, d'un texte classique aux chansons.
Malheureusement l'enchaînement de scènes alternant avec des chants pas toujours maîtrisés m'a vite lassé. Les chants, pas vraiment imités mais encore trop proches de Dalida dans l'interprétation, sans parvenir à la même émotion, ne réussissent pas à me cueillir. Non, ce n'est pas Michel Fau dans son "Récital emphatique" qui joue Phèdre, mais l'idée m'a traversée l'esprit par moment. Ce n'est pas mal joué, c'est la mise en scène qui veut ça, un style emprunté (mais à qui !? ;-P ). Par opposition à tant d'autres spectacles amateurs sur la capitale, il faut quand même reconnaître les qualités de l'interprète même si le résultat ne m'a pas convaincu.

L'exercice de style du tissage du texte classique et des chansons occupe tout l'espace, sans laisser place à l'émotion ni à la vérité. C'est aride. Cette comédienne dans sa loge aurait pu nous amener sur d'autres chemins pour servir le propos, pour qu'on entre dans son trac, dans son délire, dans son jeu. Au lieu de nous mettre dans sa poche, dès l'entrée en scène, on se prend au sérieux alors qu'il s'agit d'une construction théâtrale qui devrait rester ludique malgré la gravité du propos. Aucun recul. Attention, ici on est au théâââtre mon petit monsieur, ça rigole pas... Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait une simple lecture ?

Je n'ai pas résisté à l'appel de Morphée lors du dernier quart d'heure, ce qui n'est jamais très bon signe...
Dommage. J'aimais bien l'idée...

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