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mercredi 24 avril 2013

[SCENES] Demain est un autre jour ! On en veut chaque jour !

Une journée de dingues, absurde, où rien n'est prévu, rien n'est attendu, où tout est possible... et où tout arrive !

Sur le mode du film "Un jour sans fin" - l'un de mes films préférés - cette pièce de Sylvain MEYNIAC et Jean-François CROS exploite à merveille l'ironie dramatique puisque le personnage principal (interprété magnifiquement par Daniel Russo) revit sans cesse la même journée.

Pourquoi ? Là est toute la question... Lorsque Gérard Loussine débarque dans sa vie, il ne comprend pas que tout se joue autour de lui...

L'inconvénient d'une bonne pièce, c'est que l'on ne peut rien en dire au risque de spoiler le spectateur, de vous dévoiler les rebondissements et toutes les inventions de mise en scène pour faire que cette pièce puisse exister.

Pierre (Daniel Russo) est avocat et il va jouer sa carrière sur un procès. Autant dire qu'il est particulièrement tendu, lui d'ordinaire déjà si stressé, nerveux et maniaque ! Personne ne va l’aider, au contraire. Son patron (Xavier Letourneur) lui met la pression alors que nous savons qu'il a fomenté un sale coup contre lui. Son ancien amour de jeunesse (Jessica Borio) s'est faite embaucher dans la cabinet et lui sert d'intérimaire, ravivant au passage les tensions autant que les passions. Le jeune collègue de la boîte (Jean-François Cros) tire sur tout ce qui bouge en matière de gente féminine et s'en vante à souhait... C'est dans ce jeu de quille qu'une veuve joyeuse (Axelle Marine) débarque, la cause de tous ses ennuis...

Une fois les éléments en place, quel festival ! C'est profondément jubilatoire et parfaitement exécuté par une belle distribution. J'y suis allé avec mon pote Elie, scénariste comme moi, qui en est sorti également très satisfait. Nous n'avions pas grand chose à reprocher à cette pièce hormis une exposition un chouia trop longue peut-être. Un défaut qu'on oublie bien vite. Excellent moment.

C'est l'un des succès du moment et cela mérite vraiment d'être vu.

Le genre de pièce qu'on aimerait voir plus souvent !

J'illustre cet article par deux photos chopées sur BilletReduc qui montrent mal hélas un joli décor plein d'inventivité, mais surtout parce que les affiches des théâtres parisiens Sooooo XIXème siècle me font saigner des yeux (c'est l'ancien graphiste qui parle...) !
D'ailleurs je vous invite à regarder cette page très drôle sur la question !

MISE EN SCÈNE : Eric Civanyan
AVEC Daniel Russo, Gérard Loussine, Axelle Marine, Jessica Borio, Xavier Letourneur et Jean-François Cros 
DÉCORS Edouard Laug
LUMIÈRES Eric Civanyan assisté de Denis Monmarché

http://www.billetreduc.com/82705/evt.htm

mercredi 27 mars 2013

[SCENES] La nuit des Reines et La nuit des Dupes : duo gagnant !

La nuit des Dupes et La nuit des Reines sont deux fantaisies rigolotes, pleines d'esprit, de jeux de mots lou-phoques et de réparties vache-hard. De quoi nous épater deux fois comme dirait mon charcutier...

Très gay friendly - quoi de plus normal avec Michel Heim dont la vertue (cardinale !) est l'écriture de pastiches notamment pour les Caramels Fous ? - et décalée, la pièce joue avec l'histoire et la littérature.

Dans les Dupes, un Louis trèZ à l'aise avec les conventions... Une Marie de mes deux sise dans les conspirations. Anne qui fait l'autruche, jusqu'à l'arrivée d'un duc qui fait son trou avant de laisser sa place à un gars pas si con...  La situation est en effet historique : Louis XIII n'a pas d'héritier et n'honore plus sa femme, la trop prude Anne d'Autriche. Sa mère, l'intrigante Marie de Médicis, compte en profiter pour le faire abdiquer en faveur de Gaston d'Orléans. C'est compter sans le fourbe Richelieu et le séduisant Duc de Buckingham et l'arrivée d'Artagnan.

Dans les Reines, Catherine de Médicis rêve que son fils préféré, le futur Henri III, épouse Elisabeth I, Reine d'Angleterre, dite " la Reine Vierge ", toujours célibataire bien que fort avancée en âge. Inutile de dire que ce mariage avec celle qu'on appelle la Reine vierge, n'est pas du tout du goût du pauvre Henri III qui, hormis une liaison incestueuse avec sa soeur, la Reine Margot, n'a guère d'expérience avec les femmes.

Les comédiens sont plus que convaincant dans des alexandrins où il faut entrer parfois au chausse-pied ! 12 pieds oui, à condition d'escamoter parfois un e qui devient muet ou de taire une syllabe, mais nous n'en tiendrons pas rigueur tant l'exercice d'écriture est ardu et le résultat désopilant au final. :-)

Le tout servi dans de jolis costumes.
C'est drôle, plein d'humour camp et d'esprit. Bref, cela vaut le coup d'être vu.

Mais pour l'instant, plus de date sur Paris, vous n'avez plus le choix dans la date...

Auteur : Michel Heim
Artistes : Michel Heim, Renato Nasi, Gwenda Guthwasser, Franck Isoart, Guillaume Lucas
Metteur en scène : Jean-Pierre Rouvellat



[SCENES] Le clou du spectacle n'efface pas les défauts du début.

Deux hommes se retrouvent au paradis, questionnés par Dieu sur leur présence impromptue et non attendue par ses services, les deux compères tentent de se remémorer les événements. Ils commencent à raconter leurs débuts de comédiens, leur arrivée dans une troupe amateur...

Le Clou du Spectacle est un défi : 2 comédiens 16 personnages. On attend donc avec curiosité de voir le résultat. Au fur et à mesure de la pièce, on gagne en sens et en densité, car la seconde moitié du spectacle et surtout la fin fonctionnent beaucoup sur l'ironie dramatique installée depuis le début.
Mais cette exposition justement est longue, bien trop longue. L'entrée en matière est glaciale, sans véritablement d'originalité et surtout sans rire. Un début pesant, par la voix de Dieu notamment - leeeeeente, si leeeeente qu'on pourrait s'endormir - des répliques qui ne font pas mouche et un procédé très lourdingue pour amorcer la série de flash-back pour aligner les scènes de cette histoire déconstruite.
Autre écueil, une fois l'histoire arrivée à son climax, le soufflet retombe à nouveau. Les saluts des personnages tentent d'effacer cette fin pour une envolée finale malheureusement moins intense. C'est d'autant plus dommage que la même histoire racontée avec un autre procédé (ou en modifiant la mise en scène et quelques répliques bien senties) pourrait produire un bon spectacle.

Les comédiens ne déméritent pas et proposent un chassé-croisé de personnages bien brossés, plutôt drôles avec un bel engagement. Leurs mimes efficaces battissent le décor de leurs aventures cartoonesques qui finissent par de jolis moments.

Au Guichet Montparnasse
http://www.billetreduc.com/84898/evt.htm

dimanche 24 mars 2013

[SCENES] Les grands moyens : le grand jeu !

Une pièce qui bénéficie vraiment de la dynamique du duo Garnier & Santou et de leurs partenaires non moins talentueuses. Le texte aurait pu être une "couchonerie" à peine modernisée et les dix premières minutes nous feraient presque craindre le pire...

À la recherche de l'homme parfait, Laura a quitté Léo, voilà quelques mois, parce qu'il ne correspondait pas à son idéal masculin. Bafoué, Léo lui fait alors rencontrer le pire de tous les hommes, en espérant ainsi voir son ex revenir auprès de lui. C'est certain avec ce type-là, Laura ne peut que revenir. Du moins, c'est ce que croit Léo.

Evidemment, le plan de départ tourne mal. Car le scénario de film devenu pièce de théâtre, écrit par Stéphane Belaïsch et Thomas Perrier ne cesse de rebondir et provoque à chaque fois l'hilarité.

Mais c'est vraiment grâce à une mise en scène enlevée et efficace d'Arthur Jugnot (avec qui ils ont joué dans "A 2 lits du délit") et de David Roussel que la pièce donne toute sa mesure, un souffle qui porte le spectateur jusqu'à la fin.

On rit franchement aux échanges entre ces quatre comédiens très généreux dans ce vaudeville malin.
Garnier et Santou donnent de leur personne, surtout Santou qui joue les cascadeurs et se laisse ballotter avec un certain plaisir. Le duo s'autorise quelques sorties de route qui leur font friser l'oeil ou étouffer un rire sous l'oeil complice du public.
Cyril Garnier est très désirable, ce qui ne gâche rien, bien entendu ! Surtout en tennisman à short moulebite...

En face d'eux, Magaly Godenaire et Marie Montoya sont épatantes et tiennent la dragée haute face à ces deux trublions en travaillant la nuance, évitant la caricature des proies faciles.

Très drôle, à ne pas manquer !

A la Gaîté Montparnasse
http://www.billetreduc.com/76817/evt.htm?nr=1


mercredi 27 février 2013

[SCENES] Cyrano m'était conté !

Une frénétique bande de clowns sert le texte original, improvisant ça et là quand il faut jouer avec le public. C'est enlevé, drôle, inventif. Costumes, maquillages et mise en scène : tout nous convie à la communion avec les acteurs.

Ceux-ci nous emmènent dès l'arrivée dans la salle dans leur délire et ce jusqu'au point d'orgue dramatique de la pièce qui nous cueille par l'émotion après tant de bonne humeur et de drôlerie.

Quelle belle addition de talents en scène ! Le burlesque est un art difficile que maîtrise sur le bout de leur nez rouge tous les comédiens de la pièce. Cette mise en espace et ce parti-pris rend la pièce accessible à un jeune public même s'il n'en perçoit pas toutes les subtilités, idéal pour un premier contact avec le théâtre.

Le succès d'Avignon 2012 continue sur scène les Week-Ends et c'est VRAIMENT à ne pas manquer !


Auteur : Edmond Rostand
Artistes : Damien Luce, Stéphanie Lassus-Debat, Mélanie Le Duc, Damien Henno, Guillaume Charbuy, Thierry Victor, Éric Allard-Jacquin, Maxime Perrin, Marta Power Luce, Delphine Latil
Metteur en scène : Damien Luce


au Petit Théâtre des Variétés
http://www.billetreduc.com/86133/evt.htm?nr=1

jeudi 7 février 2013

[SCENES] Chapeau baTs !

Spécialiste de l'auto-dérision et de l'humour acide, Guillaume Bats prouve que même en faisant 1m40, on peut voir les choses de haut ... Après avoir été découvert sur France 2 en duo avec Jeremy Ferrari, Guillaume Bats monte sur scène avec son premier One Man Show.

Vues mes quelques critiques, vous pouvez voir que je suis cash... et pas forcément facile à satisfaire (un bon texte au minimum, please...) Et bien là : 10/10. Meilleure note ever... Pourquoi ? Parce que j'avais la langue sèche à force de garder la bouche ouverte pour rire.

Chaque vanne fait mouche ou presque et Guillaume souligne avec humour et décontraction celles qu'il foire ou qui tombe à plat, on s'en amuse. Il nous a mis dans sa poche dans les deux premières minutes.

Un texte imparable, drôle de bout en bout. Jusqu'au joli moment d'émotion vers la fin avec la reprise de la chanson de Fernandel, fort à propos.

Guillaume Bats revient sur son parcours de handicapé avec causticité, dédramatise, met d'emblée tout le monde à l'aise pour ce qui pourrait ressembler à une curiosité ou une attraction foraine. Pas du tout. Guillaume Bats est un vrai comédien, talentueux, comme touché la grâce, à l'aise dans un exercice de stand-up mené tambour battant, où d'autres se cassent parfois la figure chaque soir à deux pas de là dans un temple du stand-up.

Sous le texte et jusque dans les intonations, la rythmique, on entend parfois Jérémy Ferrari. Peut-être faudra-t-il encore quelques semaines pour que Guillaume trouve sa propre musique. Il est vrai que Ferrari possède ce don de rire du plus douloureux, du plus tragique, de faire marrer avec des horreurs, le glauque. La recette fonctionne avec Guillaume Bats qui ajoute ce supplément d'âme et de personnalité poussant l'auto-dérision à son paroxysme.

Guillaume Bats est l'une des découvertes de On ne Demande qu'à en Rire (France2) pour ses participations dans des sketchs. Sur scène, il fait la démonstration que ses épaules ne sont pas si fragiles que la science le prétend. Chapeau baTs. On en redemande !

Co-écrit et mis en scène par Jérémy Ferrari.
Billetreduc

samedi 2 février 2013

[SCENES] 3 lits pour 8, ou pour 9 : j'ai dormi.

Attiré par le nom d'Alan Ayckbourn et celui de Jean-Luc Moreau, j'ai été un peu atterré par la vacuité de la pièce. Un pitch assez pauvre donne lieu à une comédie du même tonneau, sans souffle, sans imagination. Après les films formatés pour la télé, voici le théâtre formaté par la télé, avec ses faux airs de "Scènes de ménages" (M6) jusqu'à l'emploi d'Annick Blancheteau qui ressemble beaucoup physiquement à Marion Game. Avec aussi peu de choses à défendre, pas de réel conflit, beaucoup de péripéties inutiles, il est difficile d'arriver à faire une bonne pièce, dont le comique ne se résume pas à des jérémiades, des cris, des jeux de scène outranciers et autres artifices pour faire s'esclaffer le public. Du gros boulevard qui tâche, en somme... C'est dommage, parce que la distribution est plutôt intéressante : Annick Blancheteau, Bernard Alane, ou Marie Montoya notamment. La pièce ne mérite pas qu'on s'y arrête... Le public ne semble pas s'y presser vraiment vu le nombre de contre-marque de réductions...
Billetreduc
Auteur : Alan Ayckbourn, Victor Lanoux
Artistes : Bernard Alane, Annick Blancheteau, Jean-Christophe Barc, Juliette Meyniac, Marie Montoya, Pierre-Olivier Mornas, Mathilde Penin, Dimitri Rataud 
Metteur en scène : Jean-Luc Moreau

vendredi 1 février 2013

[SCENES] Le piano rigolo d'Alain Bernard

Alain Bernard nu en slip de bain. Voilà de quoi tromper les moteurs de recherche... Mais si vous cherchiez un nageur, vous vous êtes fait avoir ! Pour je vous conseille vivement d'aller voir son homonyme chantant et pianotant sur les claviers, en étant habillé, ça vaut le détour !



Piano Rigoletto
mis en scène par Pascal Légitimus
de Alain Bernard, Jean-Claude Islert, Pascal Légitimus
Alain Bernard est un pianiste accompli, il en joue, et il en "joue". C'est drôle, enlevé, renouvelé : on ne se lasse pas une seconde dans ces grands détournements et des démonstrations. Bon, j'attends avec impatience que Alain Bernard me dise où il a vu des calanques à Montluçon ! Pour aller nager dans la calanques en partant de Montluçon, y'a pas intérêt de traîner en route ! :) Il est vrai qu'Alain Bernard est un grand nageur... En revanche des quincailliers comme Pelissier, on en connaît ! Ce spectacle laisse un agréable souvenir et on se surprend à chantonner le lendemain les conneries entendues la veille, c'est bon signe. A ne pas manquer lors de la reprise en mars 2013 !
Billetreduc

jeudi 31 janvier 2013

[SCENES] Renaissance : une composition étonnante.

Musique, chant lyrique, projection vidéo, comédie, mélo, philosophie... Il y a un peu de tout cela dans le spectacle très imaginatif de Michel Podolak, écrit par Frédéric Lenoir. Un spectacle qui emprunte parfois à l'expérimental en usant par exemple d'un Karlax. Pour autant, malgré parfois quelques effets de mise en scène un peu lourds (rideaux & voiles plutôt que noirs, didgeridoo trop récurrent...) qui ont tendance à ralentir le rythme, on suit sans peine un fil conducteur tenu mais qui ne lasse pas.
Le propos est une large réflexion sur l'homme moderne, sur la quête de sens qui taraude beaucoup d'entre nous dans ce monde de plus en plus complexe et âpre. Qu'est-ce qui constitue notre essentiel ? Le progrès est-il toujours bon pour l'homme ? Est-ce une nouvel ère qui s'ouvre, une renaissance...? Quelle place pour l'amour dans cette virtualité, pour l'humain dans le numérique dans le consumérisme ? Ce ne sont que quelques questions seulement parmi les nombreux thèmes abordés, traités, effleurés, soulevés.

La pièce est servie par d'excellents comédiens-chanteurs et musiciens (parfois les trois à la fois). Mention spéciale aux rôles principaux Estelle Boin et Luc-Emmanuel Betton, aussi juste en chant qu'en comédie. Luc-Emmanuel pourrait être, par la ressemblance physique, le talent et la folie, le jeune frère de Laurent Laffite, étonnant de virtuosité, il chante, danse, joue la comédie en même temps que de la contrebasse... Ils sont accompagnés de chanteurs lyriques et comédiens, Jean-Claude Sachot par exemple, qu'on a plus l'habitude d'entendre (grande voxographie de films et séries.) qui incarne Socrate.

Prisonnière d'elle-même et de la démesure de son époque, Stella, trentenaire, est incapable de vivre l'instant présent. Socrate et Léonard de Vinci, ces géants du passé qui osèrent rêver le monde et accompagner l'homme, viennent éclairer sa quête de sens. Confrontée à un dérèglement technologique - celui aussi de sa propre voix de chanteuse lyrique -, symbole de notre humanité qui ne semble plus maîtriser sa destinée, l’héroïne découvrira comment l’homme peut, et doit, rester maître de la technique et de son destin.

Si le texte pose de nombreuses questions, il apporte peu de réponses en revanche à l'image de notre société qui survole les notions, zappe en permanence, rebondit d'un média à l'autre sans prendre le temps de la réflexion. Ce n'est pas là, la moindre de ses contradictions. Il y a dans Renaissance, matière à faire de nombreux autres spectacles, à nourrir et impulser différents débats. Mais c'est déjà un succès que d'avoir réussi à nous y inviter par cette jolie expérience théâtrale un peu foutraque.

Renaissance  - http://www.renaissance2043.com/renaissance/le-spectacle/renaissance/
Billet-reduc

[SCENES] Une belle surprise au poste

Une nuit au poste 
Au Studio Marie Bell (Théâtre du Petit Gymnase)
Ecrit par : Eric Rouquette 
Mis en scène par : Jeremy Azencott
Deux jeunes comédiennes (Sandy Besse, Victoria Olloqui) donnent une variation sur le mode chien et chat d'une assez bonne facture. L'une est fille à maman riche autant qu'absente. L'autre est devenue délinquante après avoir rompu les ponts avec sa famille. Evidemment, en d'autres circonstances, ces deux-là ne se seraient jamais rencontrées... La pièce est une comédie douce-amère qui confronte la bourgeoise casse-bonbons et la tête de mule écorchée vive lors d'une improbable garde à vue. Le texte est assez juste et réserve son lot de bonnes réparties, sans être follement original. Chacune dans leur archétype, les deux comédiennes se débrouillent plutôt bien. Le rôdage viendra certainement apporter sans doute un peu plus de justesse dans les intentions parfois et gommer quelques petits défauts de mise en scène. Une bonne surprise qui mérite qu'on y consacre sa soirée. Billet-reduc.

samedi 26 janvier 2013

[SCENES] Brigitte, directeur d'agence : aussi ennuyeux qu'un contrôle fiscal.

Image BilletReduc
Attiré par le nom de Virginie Lemoine, son grain de folie et son passé de sketch-woman, je suis allé voir la pièce Brigitte, directeur d'agence au Vingtième Théâtre. En rentrant devant mon ordi, je regarde si je suis le seul sur la toile à publier une mauvaise critique et je m'aperçois que le Figaro, Première, Purepeople, et sans doute d'autres sont plutôt enthousiastes. Je pense que n'avons pas du voir la même pièce.
Ou alors suis-je vraiment mauvais public ?

LE PITCH. Damien est directeur d'une agence immobilière qu'il dirige avec humanité. Obnubilé par le devenir de sa fille au collège tandis que sa femme est en voyage professionnel, il fait face avec maîtrise aux demandes de ses clients. Son secret : à chaque fois qu'il est stressé, il s'habille en femme et devient Brigitte. Une dimension parfaitement acceptée par sa femme mais aussi par ses fidèles clients. La société de Damien va subir un contrôle fiscal. De la confrontation entre un homme libre qui assume sa particularité et un inspecteur des impôts psychorigide et enfermé dans une vie douloureuse, naît un discours sur la tolérance entre rire et drame.

CRITIQUE. En fait, le pitch est à l'image des failles de la pièce : chaque fois qu'il y a du conflit, le personnage fuit. En cela, la pièce est remarquable de vacuité. Dès qu'une situation pourrait donner lieu à un conflit profond, on reste à la surface de l'écume, on évite le conflit psychologique personnel, on use d'artifices pour en sortir.
Aucun personnage ne vient perturber cette douce mélodie d'ascenseur. Ni Lucie, la secrétaire, dévouée, sous la coupe du patron qui accepte tout sans broncher : son travelotage, les grands cris dans son dos pour la faire sursauter, ses ordres. Ni le client récurrent qui vient pour acheter n'importe quoi (un box de garage, un appartement, un plateau sur le champs, un bateau...) qui accepte tout également : le café infect, le travelotage du patron, la présence de l'inspecteur des impôts qui irrite tout le monde avec sa sonnerie de portable. Personne ne fait de vague. Les conflits avec cet inspecteur caricatural (on est forcément austère, bêtement soupçonneux, colérique quand on travaille au centre des Impôts) sont d'ailleurs bien légers. Des conflits pour la forme uniquement avec des procédés vus et revus. Un bien pâle contrôleur quand on se souvient du Dîner de cons.
Le propos met un temps infini à s'installer en nous présentant le personnage central dans un quotidien qui nous lasse. Il ne se passe rien sur le plan des conflits moraux. La "double" identité de Damien est mal gérée et ne sert à rien. On aurait très bien pu imaginer la même confrontation entre un homme "bien dans sa vie" au point d'être trop cool face à un homme fermé, rigoureux mais engoncé dans son amertume, et que chacun apprenne de l'autre au final.
Même quand le contrôleur découvre pour la première fois Brigitte, son étonnement est muet. Il faut attendre le dernier acte pour arriver au coeur de ce qui semble être le propos : vous êtes libre, vous qui assumez de vous déguiser en femme alors que moi, pauvre inspecteur austère, je subis ma vie. Alors pour tenter d'être libre l'inspecteur des impôts arrivera à son tour grimé pour s'apercevoir que sa liberté ne réside pas en ce procédé. Ouais... Faut s'accrocher aux accoudoirs pour se retenir de partir en pleine représentation et pour avaler ce prêchi-prêcha mièvre et miséreux. Et je ne parle même pas de l'incohérence dans la progression psychologique des personnages. Au secours !
C'est d'autant plus dommage que les comédiens tiennent plutôt la route dans ce désert de Gobi textuel...


mercredi 9 janvier 2013

[CLOWN] Slava's Snow (big) Show

Je ne vais pas être très original en disant qu'une fois de plus j'ai adoré le Slava's Snow Show, désolé.
Je l'avais vu l'année dernière à Paris au théâtre du Trianon et cela m'avait marqué longuement, une espèce d'euphorie qui ne m'a pas lâchée de la semaine et bien plus encore. Cet heureux souvenir était toujours aussi vivace dans mon esprit bien longtemps après comme un rêve dont on ne se remet jamais.

J'étais donc à la fois très curieux de revoir ce spectacle au théâtre du Léman à Genève et en même temps, je redoutais que la magie ne me cueille pas, que cela ne fonctionne plus. Heureusement il n'en a rien été, même si la surprise n'était plus là quoiqu'encore j'avais oublié de nombreux détails.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce spectacle, le mieux est encore de ne rien savoir à son sujet, de foncer tête baissée en réservant des places au parterre à peu près en milieu de salle de préférence. Le spectacle sera de retour à Paris en octobre prochain au Casino de Paris : http://slavasnowshow.fr

Toutes les personnes de mon entourage qui sont allé voir ce spectacle en sont revenues enchantées, amusées, et cela fonctionne de 7 à 77 ans comme on dit. (Enfin pour être juste : toutes sauf une - il se reconnaîtra s'il lit ces lignes ;-P )

Dans la tradition des clowns russes, sans paroles pour mieux internationaliser le spectacle (il a été joué plus de 4000 fois dans le monde) et parce qu'en mime ils sont au sommet de leur art, les comédiens nous embarquent dans leur univers féérique. Le théâtre devient une immense boule à neige. Boule à neige ou boule de cristal ? On semble y voir le destin contrarié de ce clown jaune passant de vie à trépas, entrant au paradis ou en enfer et faisant face à une troupe de clown verts à l'allure et aux comportements étranges.


Rapidement, le spectacle est autant dans la salle que sur scène et même l'entracte vire au spectacle au bout de dix minutes (à ne pas manquer). On passe du rire à l'émotion sur un haussement de sourcil et on en prend plein la gueule jusqu'au final.

Pour ceux qui n'ont pas tué l'enfant en eux, pour ceux qui sont des rêveurs, des poètes, qui aiment l'art théâtral, la création, le mime, l'esprit un peu potache ou tout simplement vivre une expérience hors du commun. Faites une cure de jouvence express en allant voir le Slava's Snow Show !


jeudi 15 novembre 2012

[SCENES] A la Edouard Baer !

Avec le ton qu'on lui connaît, Edouard Baer signe une pièce foutraque et un peu dilettante comme son personnage : un auteur procrastinateur qui n'a pas vu le temps passer et se voit dans l'obligation de construire en une nuit un spectacle. Cet hymne à la France doit être joué devant un parterre de présidents du G20 attendus le lendemain. Mais sous la pression, les fulgurances ne sont pas toujours au rendez-vous... De fait, dans cette pièce qui dure presque deux heures, quelques moments de creux s'accumulent. La répétition peut lasser parfois, les chansons ne sont pas tout à fait à la hauteur. Malgré tout, on s'amuse de la faux-culterie d'Edouard et de ses réparties même si l'on regrette que certains rôles soient un peu pâlichons. Une pièce qui est un hymne à son propre auteur, sans atteindre l'excellence hélas de Miam-Miam ou d'autres spectacles. Malgré tout, parce que c'est bien mis en scène et parce que c'est Edouard Baer, cela vaut le coup d'être vu.

vendredi 28 septembre 2012

[THEATRE] J'ai vu Ali et j'en suis resté baba !

J'ai vu hier un spectacle absolument génial. Je n'ai même pas de mérite à en parler, tout le monde est élogieux. C'est le Canard Enchaîné qui m'a mis sur la piste...

Au théâtre de Dix heures, Ali Bougheraba fait des merveilles. C'est intelligent, bien joué, follement drôle, impertinent... BRILLANTISSIME !

"Ali au pays des merveilles" est à voir absolument pour sa chronique de la vie du "Panier", le quartier de Marseille. [oubliez Patrick Bosso, Titoff et ce que vous savez de l'humour marseillais, merci]. Ali use d'un humour très fin qui se moque des conventions.

Ali est un bel oiseau - une mouette - très doué pour le mime, pour la tchatche, pour l'humour. Il brosse une savoureuse galerie de portraits - tous épatants - servis dans une mise en scène efficace, sans décor.

Le vrai talent est trans-culturel et trans-générationnel : j'avais à côté de moi un couple de retraités "Télérama"qui riaient aux éclats et de l'autre un couple de jeunes dans le genre "ils sont pas comme nous" qui était mort de rire... Une salle qui semblait unanimement conquise en sortant. On en sort réjouis, ragaillardis, dopés comme à la première rencontre d'un amour qui s'annonce prometteur.

Loin des boulevards aux comédies parfois pathétiques et vulgos (Les menteurs, théâtre de la porte Saint-Martin, au hasard...), payez-vous plutôt une bonne barre de rire avec Ali, le tout pour un prix modique !
Courez-le voir !

Jusqu'à fin décembre au Théâtre de Dix-Heures.



mercredi 26 septembre 2012

[THEATRE] Qui aime bien trahit bien (le public).

Je ne suis pourtant pas trop difficile en matière de théâtre : un bon texte, bien interprété. Est-ce que cela pourrait devenir le minimum syndical, svp ? Dans cette pièce, l'énergie des comédiens peine à faire oublier la vacuité de la situation et du texte. Le principal ressort comique de la pièce est le personnage de Seb, grande folle délurée (on passera sur le cliché au théâtre, après tout j'en connais des comme ça... et puis l'humour "camp" et bitchy, ça peut fonctionner aussi...). Le problème est que Seb est absent durant la seconde moitié de la pièce. De quelques rires esquissés ça et là, on tombe à l'ennui profond durant la suite. Ni les numéros de strip-tease grotesques, ni les engueulades, ni les jérémiades criardes n'arrivent à nous dérider. Pourtant, sur cette situation du parasite qui tape l'incruste, il y aurait beaucoup à faire. Mais encore faudrait-il que les personnages soient bien construits : tous dotés d'un but, d'une psychologie, d'obstacles : le B-A de la dramaturgie, quoi. Il naîtrait peut-être un autre comique que ces gesticulations insupportables. Malgré tout, j'aimerais bien voir certains comédiens avec un bon texte, je pense qu'on pourrait avoir de bonnes surprises car il y a une certaine énergie... Vu à Alambic Comédie.

lundi 24 septembre 2012

[THEATRE] Derec au Bo théâtre

Le titre est "Gérard Bouchard le retour" ce qui est un peu abusif sachant que le personnage en question n'est présent dans aucun nouveau sketch, mais juste en 1er rappel... A noter que l'affiche indique seulement "#sketchs" ce qui est plus conforme à la réalité. Mais bon, on met en tête de gondole ce qu'il y a de mieux, et d'ailleurs, ce sketch du téléphone rose reste inégalé à ce jour. On aurait d'ailleurs aimé des nouveautés de cette trempe. Une belle surprise, mais non. On reste un chouilla sur sa faim. Ceci dit, Derec, toujours égal à lui même, avec cet air de loser attendrissant propose de nouveaux textes qui fonctionnent plutôt bien dans l'ensemble.

mercredi 19 septembre 2012

[THEATRE] Un petit jeu sans conséquence (à part nous faire rire...)

La pièce de Jean Dell et Gérald Sibleyras est un petit bijou, pas étonnant qu'elle ait remporté cinq Molière lors de sa création...

Claire et Bruno sont ensemble depuis 12 ans.. Vous avez forcément un couple comme ça dans vos amis, c'est le couple agaçant : ils vont bien ensemble, biens sous tous rapports, ils sont parfaits. Bref, c'est l'exemple à suivre. Alors Claire décide de faire croire qu'ils vont se séparer. A leur plus grand étonnement : personne ne s'en formalise. D'ailleurs tous leurs amis se mettent à leur balancer leurs quatre vérités... Effet dévastateur et formidablement drôle dans cette comédie de moeurs où les masques tombent.

J'ai vue cette pièce à la comédie Saint-Michel il y a plus d'un an avec une autre distribution qui montrait à quel point une mauvaise mise en scène et des comédiens lourdauds pouvaient massacrer un beau texte.

A contrario, dans une économie de moyen, les jeunes comédiens de la troupe des Z'ardisans (on passera sur le nom de la troupe, hein...) et sous la direction de Frédéric Jacquot, arrivent à faire oublier que les personnages sont sensés avoir 10 ans de plus qu'eux. Ils sont tous justes sortis des cours mais montrent déjà un certain talent et une grande jubilation à être sur scène. Toute l'ironie du texte est soulignée, l'humour fait mouche, comme l'émotion. A ne pas manquer !

Auteur : Jean Dell et Gerald Sibleyras Artistes : Pauline Rolland ou Charlotte Solans, Victoria Tornel, Gwilherm Chevalier, Jérôme Goy et Julien Lafficher

Billetterie ici :
http://www.billetreduc.com/76384/evt.htm?nr=1

jeudi 13 septembre 2012

[THEATRE] Jeffrey, la pièce.

PITCH : Jeffrey est un jeune comédien gay qui commence à avoir fait le tour des plans culs sans lendemain. Il décide alors d'arrêter le sexe, de se sevrer de son addiction ! Lorsqu'il rencontre le garçon de ses rêves, ces beaux principes vont être sérieusement mis à mal. Séduit par Stéphane, il est sur le point de céder à ses avances quand celui-ci lui apprend qu'il est séropositif. Entre peur et enthousiasme, Jeffrey peine à trouver en lui-même la réponse.

Cette version est adaptée de la pièce américaine de Paul Rudnick qui dépeint le milieu gay New-Yorkais des années 90. On est alors en plein épidémie de sida et l'aspect tragique de la pièce apporte beaucoup de profondeur et d'émotion au sujet (on peut également voir le film éponyme qui en a été tiré). Dans la pièce d'origine Jeffrey ne renonce pas au sexe par lassitude, mais par peur d'être contaminé par le sida. La pièce montre à quel point le milieu gay a été touché, comment les comportements sexuels ont du évoluer par la force des choses, à quel point l'enchantement et l'innocence ont déserté les relations sexuelles. Parce que la mort règne partout, tout au long du spectacle, les personnages semblent danser sur des décombres et rendent la vie plus légère, plus brillante. Ils font un festin de tout. Carpe Diem.

Transposée dans le Paris des années 2010, la comédie prend une tournure beaucoup moins noire, moins désespérée. C'est dommage car cela enlève beaucoup de profondeur au texte et aux personnages. Certes, il reste l'hésitation entre un jeune homo "safe" et un "séropo" comme elle peut exister de nos jours, mais la mort irrigue moins la destinée de chacun des personnages. Malgré tout, l'adaptation ne démérite pas, et l'actualisation réussie amène des nouveautés qui ne sont pas superflues. La scène de la prêtresse en développe personnel est un peu trop longue et pas vraiment nécessaire. Malgré quelques boulons à serrer çà et là, cette version mérite d'être vue, elle est bien servie par des comédiens convaincants.

Malgré tout, je regrette que l'on n'ait pas conservé le texte dans son jus d'origine, en mémoire de cette époque, de ceux qui ont disparu et de ceux qui ont traversé ces années en rayant chaque semaine un nom de leurs carnets d'adresses.

Auteur : Paul Rudnick Artistes : Jonathan Demay, Alexandre Geoffroy, Jérôme Sanchez, Arnaud Chandeclair, Louis Delafon, Solène Gentric, Stéphane Henriot, Fabrice Perret
Metteur en scène : Stéphane Henriot

Billeterie ici :
http://www.billetreduc.com/72230/evt.htm?nr=1

samedi 8 septembre 2012

[THEATRE] Les menteurs : ne vous laissez pas avoir !


Chargés d’annoncer une mauvaise nouvelle à deux personnes âgées au cœur fragile, deux braves « bobbies » appuient sur la sonnette d’un petit pavillon le soir de Noël... La maladresse des deux policiers n’égalant que leur absence de jugeotte, l’affaire prend rapidement une tournure des plus burlesques.
Ca, c'est le pitch.
Mais le résultat est loin d'être comique. Consternant, même. Chevallier-Laspalès, je peux être client même si je trouve que leur humour a pris un peu un coup de vieux. J'aime leur côté décalé, absurde.
Mais dans cette histoire adaptée d'une pièce anglaise, rien ne fonctionne. A commencer par le script. Avec un sujet éminemment dramatique et glauque comme situation de base pour un boulevard, quelque chose nous glace d'entrée de jeu. Enfin l'humour, ras des pâquerettes, sans bon mot, sans belle tirade, sans aspérité. Des comédiens au jeu assez moyen, en train de faire un peu n'importe quoi pour essayer de ne pas se noyer dans cette vacuité profonde.
Jean-Luc Moreau, qu'on a connu plus inspiré, n'a pas vraiment pu y faire grand chose. On verse dans la vulgarité, c'est lent à se mettre en place à évoluer, c'est convenu, sans surprise.
C'est mauvais, très mauvais. Zéro pointé.

mercredi 30 mai 2012

[THEATRE] Rose, Judith Magre seule en scène.

Auteur : Martin Sherman ; Metteur en scène : Thierry Harcourt
Lumières : Jacques Rouveyrolis 

J'ai beaucoup de respect pour les comédien(ne)s qui arrivent à tenir un public, seul(e)s en scène, dans un minimalisme absolu, ou qui restent captivant(e)s même lors d'une lecture.

A ce jeu là, Judith Magre est impériale dans Rose. Assise sur son banc en bois, s'octroyant juste quelques secondes pour en faire le tour à l'occasion d'intermèdes qui rythment la pièce. Elle est Rose Rose et raconte son épopée, de la Russie aux USA en passant par le ghetto de Varsovie, les camps, la Palestine, la perte de ses enfants, de ses maris. Un récit qui oscille entre moments poignants et pointes d'humour acidulée.

« La contribution des juifs au Monde
c'est de poser des questions
qui n'ont pas de réponses ! 
»

Pas évident de raconter sans en rajouter dans le pathos, dans les effets, sur une histoire qui fracasse tous les protagonistes et nous renvoient à des images connues, soit par la fiction, soit par le documentaire. Si certains n'ont pas apprécié ce parti pris lors des premières représentations, pour ma part, je pense au contraire qu'il s'agit d'une sage posture. 

« Je suppose que quand on a ses premières règles
et son premier pogrom le même mois, 
on peut à coup sûr présumer qu’on est sorti de l’enfance…»

On est pris à contre-pied par le calme apparent de Rose, saisis par ce témoignage au soir de sa vie, sur le ton badin des confidences. Un art consommé de la dédramatisation qui heurte. Puis la nonchalance est enfin balayée par une charge ou l'apparition de larmes sur le masque de la politesse. L'histoire individuelle nous laisse entrevoir en creux les conflits et l'incompréhension sur ce qu'est devenu un peuple maltraité par l'Histoire qui souhaite prendre sa revanche.