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jeudi 13 septembre 2012

[THEATRE] Jeffrey, la pièce.

PITCH : Jeffrey est un jeune comédien gay qui commence à avoir fait le tour des plans culs sans lendemain. Il décide alors d'arrêter le sexe, de se sevrer de son addiction ! Lorsqu'il rencontre le garçon de ses rêves, ces beaux principes vont être sérieusement mis à mal. Séduit par Stéphane, il est sur le point de céder à ses avances quand celui-ci lui apprend qu'il est séropositif. Entre peur et enthousiasme, Jeffrey peine à trouver en lui-même la réponse.

Cette version est adaptée de la pièce américaine de Paul Rudnick qui dépeint le milieu gay New-Yorkais des années 90. On est alors en plein épidémie de sida et l'aspect tragique de la pièce apporte beaucoup de profondeur et d'émotion au sujet (on peut également voir le film éponyme qui en a été tiré). Dans la pièce d'origine Jeffrey ne renonce pas au sexe par lassitude, mais par peur d'être contaminé par le sida. La pièce montre à quel point le milieu gay a été touché, comment les comportements sexuels ont du évoluer par la force des choses, à quel point l'enchantement et l'innocence ont déserté les relations sexuelles. Parce que la mort règne partout, tout au long du spectacle, les personnages semblent danser sur des décombres et rendent la vie plus légère, plus brillante. Ils font un festin de tout. Carpe Diem.

Transposée dans le Paris des années 2010, la comédie prend une tournure beaucoup moins noire, moins désespérée. C'est dommage car cela enlève beaucoup de profondeur au texte et aux personnages. Certes, il reste l'hésitation entre un jeune homo "safe" et un "séropo" comme elle peut exister de nos jours, mais la mort irrigue moins la destinée de chacun des personnages. Malgré tout, l'adaptation ne démérite pas, et l'actualisation réussie amène des nouveautés qui ne sont pas superflues. La scène de la prêtresse en développe personnel est un peu trop longue et pas vraiment nécessaire. Malgré quelques boulons à serrer çà et là, cette version mérite d'être vue, elle est bien servie par des comédiens convaincants.

Malgré tout, je regrette que l'on n'ait pas conservé le texte dans son jus d'origine, en mémoire de cette époque, de ceux qui ont disparu et de ceux qui ont traversé ces années en rayant chaque semaine un nom de leurs carnets d'adresses.

Auteur : Paul Rudnick Artistes : Jonathan Demay, Alexandre Geoffroy, Jérôme Sanchez, Arnaud Chandeclair, Louis Delafon, Solène Gentric, Stéphane Henriot, Fabrice Perret
Metteur en scène : Stéphane Henriot

Billeterie ici :
http://www.billetreduc.com/72230/evt.htm?nr=1

samedi 26 mai 2012

[DOC TV] Carnets de route de F.Busnel (F5) : James Ellroy

Il est encore temps de regarder le dernier carnet de route de François Busnel en replay :
http://www.pluzz.fr/les-carnets-de-route-de-francois-b--2012-05-24-20h35.html

Un bon documentaire que j'ai choppé en cours de route : programme de ce midi, revoir le début...
Toute l'émission est consacrée à L.A. et à James Ellroy, son auteur emblématique. Plusieurs échanges intéressants sur la façon dont il conçoit ses histoires.
Un plan de 400 pages pour préparer l'intrigue, le tissage des scènes, les personnages ! Ellroy dit que sa plus grande vertu est d'arriver à rester concentré sur son projet des mois durant. Une leçon à retenir pour moi qui me disperse entre 1000 choses.

Le seul problème avec cette émission, c'est qu'on a envie de commander tous les bouquins pour se plonger dans l'oeuvre de l'auteur... Mais une pile de romans et d'essais m'attendent déjà sur l'étagère des "Non lus" !

[CINE] Kaboom ne casse pas grand chose.

Pitch : Smith mène une vie tranquille sur le campus - il traîne avec sa meilleure amie, l’insolente Stella, couche avec la belle London, tout en désirant Thor, son sublime colocataire, un surfeur un peu simplet - jusqu’à une nuit terrifiante où tout va basculer. Sous l’effet de space cookies ingérés à une fête, Smith est persuadé d’avoir assisté à l’horrible meurtre de la Fille Rousse énigmatique qui hante ses rêves. En cherchant la vérité, il s’enfonce dans un mystère de plus en plus profond qui changera non seulement sa vie à jamais, mais aussi le sort de l’humanité.

Vu en DVD : "Mieux vaut tard que jamais."
Enfin... "ça, c'était avant" comme on le dit dans une pub...

Inspiré par Twin Peaks, le feuilleton qui a marqué l'enfance du réalisateur, Kaboom est un pop-corn moovie à la Scream matiné d'American Pie qui bascule assez maladroitement dans une mauvaise parodie lynchienne.
Là où Lynch nous emmène dans un univers glaçant auquel on peut croire, il n'y a aucune intention de ce genre dans Kaboom. Araki oblige...

La première partie est la vision idéalisée de la jeunesse d'aujourd'hui par un réalisateur "folle du ghetto" : pleine de couleurs, sous amphétamines, où règne un esprit festif, de liberté sexuelle totale, où la laideur n'existe pas. C'est frivole, pop et sexy, comme une publicité pour Axe. Pourquoi pas... Araki assume le fait de faire un cinéma "irresponsable", immature, de pur divertissement. Soit.

Et puis assez rapidement, on tombe dans le grand guignol avec de faux mystères qui n'arrivent pas à nous passionner, des personnages absurdes sortis d'un manga ou d'un comic-book. Une paranoïa qu'on contemple sans la partager, dommage. Le tout traité beaucoup trop sérieusement pour qu'on y voit une critique du conspirationnisme. En tous cas, le destin de ce petit monde nous indiffère royalement. On se raccroche à ce qu'on peut, la beauté magnétique des acteurs & actrices, par exemple.

Alors si on arrive à en prendre son parti, pourquoi pas, ça ne fait pas mal à l'oeil, et hélas, au cerveau non plus. Quitte à choisir de faire un cinéma gratuit dans une débauche sous acide de tout : musiques, images, sexe, etc, il aurait fallu pousser le bouchon jusqu'au bout et viser l’insolence.

Le film parait peut-être subversif pour une société américaine catho et bien sous tous rapports, mais vu de France, le film semble bien tiède et très loin de secouer le spectateur que je suis.

jeudi 19 avril 2012

Titanic, le relief pour un petit supplément d'âme.

A quoi sert la 3D ? On se pose encore la question à chaque sortie de film. Si Avatar a été l'un des longs métrages où elle pouvait avoir un petit plus ajouté, le Titanic est dans la même veine. A grand spectacle bien filmé, la 3D ajoute un supplément d'âme. Est-ce un hasard s'il s'agit du même cinéaste ? Pas tout à fait.

Le fantasmatique paquebot qui fait encore rêver beaucoup de monde méritait bien qu'on se sente à son bord, parmi les passagers, à table avec les convives. L'illusion fonctionne, même si la "fausse" 3D n'est pas aussi convaincante qu'un film tourné en réel relief. Tous les plans d'origine n'ont pas été pensés avec le relief et la restitution de la profondeur - bien que très soignée par le maestro Cameron - n'atteint pas la perfection.

J'ai beau avoir revu le film un paquet de fois, l'émotion fonctionne toujours, pas mieux que sans la 3D. L'immersion est juste un peu meilleure. Donc pour le procédé 3D : bof. Pour le film : bravo.

Pour l'instant, l'une des meilleures expériences 3D que j'ai eu reste un film du Futuroscope tourné par Jean-Jacques Annaud "Guimet, les ailes de l'espoir" (Imax) on l'on se croyait vraiment dans l'histoire, sur la scène d'une pièce de théâtre, parmi les comédiens. Sans doute aussi parce que le procédé de 3D n'était pas utilisé comme une démonstration de savoir-faire en la matière, mais juste une manière de filmer plus naturaliste.

mercredi 25 août 2010

Cleveland contre Wallstreet : l'expérience troublante

Le 11 janvier 2008, la ville de Cleveland assigne en justice les 21 banques qu’elle juge responsables des saisies immobilières qui dévastent leur ville (et des frais qui en découlent). Mais les banques de Wall Street s’opposent à l’ouverture d’une procédure. Alors, ce procès qui ne viendra peut-être jamais, le réalisateur Jean-Stéphane Bron a décidé de l'organiser et de le filmer, en live, avec les vrais protagonistes... Une expérience uchronique troublante sur le fil tenu entre réalité et fiction.

On entre dans le film comme on pourrait le faire avec n'importe quel documentaire... A la mine sombre et tendue des protagonistes que l'on ne connaît pas encore, répond la décrépitude de la banlieue de Cleveland, l'une des toutes premières villes a avoir été touchée par la crise immobilière qui secoue encore les États-Unis aujourd'hui.

lundi 17 mai 2010

Wall street : Oliver Stone dévalué

Oliver Stone voulait dénoncer les excès du capitalisme dans son premier film sur Wall Street. Il mettait en scène un requin charismatique qui, contre toute attente, a créé des émules et des vocations. Vingt-trois ans plus tard et après une crise majeure du capitalisme, revoilà sur les écrans Michael Douglas dans la peau de Gordon Gekko, le chantre du libéralisme. Cette fois, avec la volonté affichée de dénoncer plus clairement les travers de la société. Hélas, beaucoup trop grossièrement pour que cela soit passionnant. Une façon de se donner bonne conscience ?

vendredi 12 février 2010

I Love you Phillip Morris : la tête au Carrey !

Je dois préciser une chose : je ne suis quand même pas le premierfan de Jim Carrey. Non, on ne peut pas dire... Mais je serais plutôt le second. Plus exactement, je suis en train de le devenir, et I Love You Phillip Morris n'est pas étranger à l'affaire...
« D'abord, c'était quand la dernière fois que j'ai vu Jim Carrey ? Hum ? Braqueurs amateurs de Dean Parisot (2005). Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry (2004) The Truman Show de Peter Weir (1998) et avant ça, The Mask, il y a... houlà ! Là mieux vaut ne plus compter. ».

vendredi 18 décembre 2009

Avatar : James Cameron voit la vie en bleu

Après des années d'attente savamment entretenue par un marketing d'enfer et un teaser dévoilé lors d'une première exceptionnelle dans plus de 100 salles obscures, le dernier film de James Cameron sort enfin. Film événement, comme l'avait été ABYSS en son temps, dont le scénario n'est du reste pas si éloigné. AVATAR a du attendre les dernières avancées technologiques pour sortir des tiroirs de son inventeur de génie, une histoire sans surprise mais terriblement efficace.

vendredi 24 novembre 2006

Babel


Il faut voir le film en VO, bien entendu... pour un film qui s'appelle BABEL, c'est bien le moindre... Et parcequ'on parle en language des signes, en français, en américain, en japonais, en marocain, en espagnol... il serait dommage de ne pas en profiter !

Le film vous entraine dans plusieurs pays, pour suivre différents personnages, tous liés par une même histoire... Les pièces du puzzle se mettent en place progressivement et l'on s'attache progressivement aux protagonistes...

C'est sans doute l'un des rares films qui m'a procuré de vraies sensations de spectateur (toujours en train d'analyser les films, et j'ai un peu de mal à entrer dedans...)... J'ai partagé la peine du couple, la détresse de la jeune sourde et muette, j'ai angoissé pour les enfants du couple, j'ai versé ma larme pour... et puis non je ne vous le dirai pas

Bien que tout cela soit un exercice de style, bien que les ressorts dramatiques soient parfois un peu évident... J'ai marché.

Sur le plan de l'écriture, Babel est un bel exemple de scénario déconstruit... On éclate complètement le récit, ce qui a pour effet de maintenir constamment le spectateur en haleine, tout en lui permettant de ménager des périodes sur un tempo plus bas... La tension et le suspens s'accroissent, les histoires s'entrecroisant dans un ordre qui n'est pas chronologique, bien qu'on sache globalement où l'on va, dans la mesure où une séquence d'annonce nous place dans une espèce d'ironie dramatique.

La distribution est épatante... Que ce soit pour les premiers rôles ou les seconds... Rien à redire.

Le tout est servi par des images fantastiques et une belle photo.

(article publié sur mon précédent blog)