Deux hommes se retrouvent au paradis, questionnés par Dieu sur leur présence impromptue et non attendue par ses services, les deux compères tentent de se remémorer les événements. Ils commencent à raconter leurs débuts de comédiens, leur arrivée dans une troupe amateur...
Le Clou du Spectacle est un défi : 2 comédiens 16 personnages. On attend donc avec curiosité de voir le résultat. Au fur et à mesure de la pièce, on gagne en sens et en densité, car la seconde moitié du spectacle et surtout la fin fonctionnent beaucoup sur l'ironie dramatique installée depuis le début.
Mais cette exposition justement est longue, bien trop longue. L'entrée en matière est glaciale, sans véritablement d'originalité et surtout sans rire. Un début pesant, par la voix de Dieu notamment - leeeeeente, si leeeeente qu'on pourrait s'endormir - des répliques qui ne font pas mouche et un procédé très lourdingue pour amorcer la série de flash-back pour aligner les scènes de cette histoire déconstruite.
Autre écueil, une fois l'histoire arrivée à son climax, le soufflet retombe à nouveau. Les saluts des personnages tentent d'effacer cette fin pour une envolée finale malheureusement moins intense. C'est d'autant plus dommage que la même histoire racontée avec un autre procédé (ou en modifiant la mise en scène et quelques répliques bien senties) pourrait produire un bon spectacle.
Les comédiens ne déméritent pas et proposent un chassé-croisé de personnages bien brossés, plutôt drôles avec un bel engagement. Leurs mimes efficaces battissent le décor de leurs aventures cartoonesques qui finissent par de jolis moments.
Au Guichet Montparnasse
http://www.billetreduc.com/84898/evt.htm
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mercredi 27 mars 2013
mardi 19 mars 2013
[SCENES] Hyperflux se prend les pieds dans la toile.
J'avais été attiré par le pitch de départ, une critique de l'homme moderne, hyper connecté, débordé surchargé, au bord du burn out à cause des technologies qu'il a lui même créé... Alone est salarié dans une entreprise mais accusé à tort d'avoir provoqué un bug mondial, il devient un fugitif hyper-recherché. Il part à la quête d'un hacker célèbre et va découvrir la "vraie" vie.
Il y a des d'excellentes idées un peu partout, à la mise en scène notamment, fouillée, faisant appel au mime sur une bande son très travaillée. Sur le propos, le texte et les personnages aussi.
Le comédien prend un plaisir évident mais ce plaisir n'est pas toujours partagé parce qu'il nous oublie dès le début car il se passe très longtemps avant que nous soyons en empathie avec son personnage. De lui nous comprenons assez vite le tableau qu'il peint : un homme hyperconnecté, assemblant les informations, transférant, partageant... Un tableau sur lequel il n'insiste que trop d'ailleurs.
Ce personnage principal met très longtemps avant de parler et de se raconter, bref d'exister à nos yeux. La quatrième mur n'a jamais si bien porté son nom, le spectacle ne génère aucune émotion pendant très longtemps, tout se passe en dehors de nous. Le support d'une bande son permanente qui occupe tout l'espace accroit l'impression que ce spectacle n'a rien de vivant, que tout est figé. Pourtant le comédien n'économise pas son énergie.
Devenu paria et fugitif, le personnage poursuit un but assez clair qui sert de fil rouge mais il se noie dans de nombreuses digressions de mise en scène ou de texte. Le spectacle perd en cohérence et devient parfois un collage de scénettes qui ne font pas toujours mouche ou qui tendent vers le one-man show. L'histoire est un peu comme le héros : elle se perd, et nous avec.
Enfin pour ceux qui espéraient justement un hyper-spectacle technologique, il y a là bien peu d'utilisation de technologie ou d'images. C'est dommage, il y avait là une idée à creuser autant en mise en scène qu'en narration. Un spectacle comme Renaissance exploite mieux les possibilités du genre par exemple.
Il n'y a pas véritablement de moment qui nous cueille, les noirs sans applaudissement glacent un peu plus le public, les vraies occasion de rire son rares... Une bonne idée qui me laisse vraiment sur ma faim.
Hyperflux
Sentier des Halles
http://www.billetreduc.com/84260/evt.htm?nr=1
Il y a des d'excellentes idées un peu partout, à la mise en scène notamment, fouillée, faisant appel au mime sur une bande son très travaillée. Sur le propos, le texte et les personnages aussi.
Le comédien prend un plaisir évident mais ce plaisir n'est pas toujours partagé parce qu'il nous oublie dès le début car il se passe très longtemps avant que nous soyons en empathie avec son personnage. De lui nous comprenons assez vite le tableau qu'il peint : un homme hyperconnecté, assemblant les informations, transférant, partageant... Un tableau sur lequel il n'insiste que trop d'ailleurs.
Ce personnage principal met très longtemps avant de parler et de se raconter, bref d'exister à nos yeux. La quatrième mur n'a jamais si bien porté son nom, le spectacle ne génère aucune émotion pendant très longtemps, tout se passe en dehors de nous. Le support d'une bande son permanente qui occupe tout l'espace accroit l'impression que ce spectacle n'a rien de vivant, que tout est figé. Pourtant le comédien n'économise pas son énergie.
Devenu paria et fugitif, le personnage poursuit un but assez clair qui sert de fil rouge mais il se noie dans de nombreuses digressions de mise en scène ou de texte. Le spectacle perd en cohérence et devient parfois un collage de scénettes qui ne font pas toujours mouche ou qui tendent vers le one-man show. L'histoire est un peu comme le héros : elle se perd, et nous avec.
Enfin pour ceux qui espéraient justement un hyper-spectacle technologique, il y a là bien peu d'utilisation de technologie ou d'images. C'est dommage, il y avait là une idée à creuser autant en mise en scène qu'en narration. Un spectacle comme Renaissance exploite mieux les possibilités du genre par exemple.
Il n'y a pas véritablement de moment qui nous cueille, les noirs sans applaudissement glacent un peu plus le public, les vraies occasion de rire son rares... Une bonne idée qui me laisse vraiment sur ma faim.
Hyperflux
Sentier des Halles
http://www.billetreduc.com/84260/evt.htm?nr=1
lundi 17 décembre 2012
[CINE] Ziobit pas très inspiré.
Vu hier The Hobbit, en 48 images secondes, en 3D et en VOST. Plus pour la curiosité des images de l'EPIC, la caméra HD de Red et le framerate augmenté au double de la vitesse normale que pour le film lui même.
Contrairement à beaucoup de gens, je n'ai pas été déçu par le procédé technique, au contraire. Cela amène une stabilité dans l'image, l'absence de saccade dans les travelling quand on bouge beaucoup de pixels et de flous de rémanence. Certains trouvent que cela fait une image bien peu cinématographique... Peut-être préféraient-ils les images qui sautent avec les poussières sur l'objectif et les rayures sur la péloche. Moi pas. Je crois que c'est un combat d'arrière garde qui ne se posera plus aux nouvelles générations de toutes manières. Ok, je trouve toujours que les chefs ops du noir et blanc savaient mieux maîtriser la photo, ok, je trouve qu'il peut y avoir un charme à tel flou qui est la conséquence du matériel. Mais j'aime les belles images de The Hobbit. Moins belles que celle de la trilogie du Seigneur des Anneaux cependant, ceci étant plutôt dû au fait qu'il y ait moins d'extérieurs et beaucoup plus de décors numériques. Gandalf et Saroumane ont 85 et 90 ans, ils se voyaient mal crapahuter dans le froid de la Nouvelle Zélande pour ce film et ont prié les équipes de tourner en Angleterre en studio. Je peux comprendre, mais on y perd. Et puis la crise est passée par là, les problèmes pour mettre en chantier le film (Jackson a repris contraint et forcé le projet après que deux autres réalisateurs aient jeté l'éponge...)
La 3D est parfaitement maîtrisée même si dans le fond, elle n'apporte rien de spécial. Simplement, peut-être que la 3D va finir par être "naturelle" au cinéma comme nous trouvons naturel de voir en relief. Est-ce que cela rend le film plus immersif pour autant ? Non. Ce qui me manque à la vérité, c'est un bon scénario.
Le film est affreusement lent à démarrer. Mais en cela comme pour le reste de l'histoire, Peter Jackson est un peu esclave de la prose de Tolkien qui se limite beaucoup à une structure combat/fuite/combat/fuite où les combats trouvent souvent leur résolution pour l'intervention d'un deus ex-machina magique. Le sel du roman de Tolkien que j'avais lu étant ado c'est justement l'imagination qui carbure et un peu plus les conflits qui sont inexistants dans cette version. Du reste on a pris un peu de libertés avec l'histoire, et pas forcément les bonnes. Faire des nains des êtres sans finesse, par exemple. Créer des personnages supplémentaires et superfétatoires comme l'orc blanc. A contrario, il aurait pu être utile de trahir un peu le script pour justement rajouter du conflit psychologique, pour réduire l'enrôlement de Bilbo dans l'aventure qui prend un temps infini. Ce scénario bancal et mal fagoté, ourdi pour séduire les plus jeunes (notez comme malgré la violence des combats, pas une goutte de sang ne coule) est vraiment décevant.
Seule la rencontre avec Gollum est une scène que je retiens. Sans doute parce qu'il s'agit là du seul personnage véritablement construit et intéressant par ses conflits et son histoire.
J'irai sans doute voir la suite pour boucler la boucle et sans doute parce que la deuxième partie sera plus consistante. Malheureusement, ce Hobbit arrive bien tard après la trilogie - la faute à ces co%%%%% d'ayants droits (une fois de plus) qui ont bloqué la mise en chantier dans le bon ordre de l'oeuvre originale - et l'effet de surprise qu'il existait à la lecture est absent, tous ces personnages sont de nous connus, et n'apportent pas grand chose de plus à leur partition originale.
Contrairement à beaucoup de gens, je n'ai pas été déçu par le procédé technique, au contraire. Cela amène une stabilité dans l'image, l'absence de saccade dans les travelling quand on bouge beaucoup de pixels et de flous de rémanence. Certains trouvent que cela fait une image bien peu cinématographique... Peut-être préféraient-ils les images qui sautent avec les poussières sur l'objectif et les rayures sur la péloche. Moi pas. Je crois que c'est un combat d'arrière garde qui ne se posera plus aux nouvelles générations de toutes manières. Ok, je trouve toujours que les chefs ops du noir et blanc savaient mieux maîtriser la photo, ok, je trouve qu'il peut y avoir un charme à tel flou qui est la conséquence du matériel. Mais j'aime les belles images de The Hobbit. Moins belles que celle de la trilogie du Seigneur des Anneaux cependant, ceci étant plutôt dû au fait qu'il y ait moins d'extérieurs et beaucoup plus de décors numériques. Gandalf et Saroumane ont 85 et 90 ans, ils se voyaient mal crapahuter dans le froid de la Nouvelle Zélande pour ce film et ont prié les équipes de tourner en Angleterre en studio. Je peux comprendre, mais on y perd. Et puis la crise est passée par là, les problèmes pour mettre en chantier le film (Jackson a repris contraint et forcé le projet après que deux autres réalisateurs aient jeté l'éponge...)
La 3D est parfaitement maîtrisée même si dans le fond, elle n'apporte rien de spécial. Simplement, peut-être que la 3D va finir par être "naturelle" au cinéma comme nous trouvons naturel de voir en relief. Est-ce que cela rend le film plus immersif pour autant ? Non. Ce qui me manque à la vérité, c'est un bon scénario.
Le film est affreusement lent à démarrer. Mais en cela comme pour le reste de l'histoire, Peter Jackson est un peu esclave de la prose de Tolkien qui se limite beaucoup à une structure combat/fuite/combat/fuite où les combats trouvent souvent leur résolution pour l'intervention d'un deus ex-machina magique. Le sel du roman de Tolkien que j'avais lu étant ado c'est justement l'imagination qui carbure et un peu plus les conflits qui sont inexistants dans cette version. Du reste on a pris un peu de libertés avec l'histoire, et pas forcément les bonnes. Faire des nains des êtres sans finesse, par exemple. Créer des personnages supplémentaires et superfétatoires comme l'orc blanc. A contrario, il aurait pu être utile de trahir un peu le script pour justement rajouter du conflit psychologique, pour réduire l'enrôlement de Bilbo dans l'aventure qui prend un temps infini. Ce scénario bancal et mal fagoté, ourdi pour séduire les plus jeunes (notez comme malgré la violence des combats, pas une goutte de sang ne coule) est vraiment décevant.
Seule la rencontre avec Gollum est une scène que je retiens. Sans doute parce qu'il s'agit là du seul personnage véritablement construit et intéressant par ses conflits et son histoire.
J'irai sans doute voir la suite pour boucler la boucle et sans doute parce que la deuxième partie sera plus consistante. Malheureusement, ce Hobbit arrive bien tard après la trilogie - la faute à ces co%%%%% d'ayants droits (une fois de plus) qui ont bloqué la mise en chantier dans le bon ordre de l'oeuvre originale - et l'effet de surprise qu'il existait à la lecture est absent, tous ces personnages sont de nous connus, et n'apportent pas grand chose de plus à leur partition originale.
mercredi 5 septembre 2012
[SPECTACLE] Desperate Housemen nous désespèrent un peu !
Reconnaissons qu'en semaine devant une grande salle quasiment vide (une cinquantaine de spectateurs, bien entendu éparpillés partout...) ce n'est pas évident de jouer et de trouver une motivation. C'est une salle froide qu'il faut réussir à dérider et à chauffer. Je ne sais pas ce que je vais voir, je m'attends à un "Arrête de pleurer Pénélope" au masculin, en fait, je comprends assez rapidement qu'il s'agit d'une suite de plusieurs stand-up sur la différence homme/femmes comme on en a tant vu.
Dans cette salle glaciale, le pari d'une intro en semi-impro est un peu risqué et on a soudain peur que l'ensemble du spectacle soit de cet acabit, avec des effets qui tombent un peu à plat... Malgré tout, l'échange arrive à se faire, même si sur scène Stéphane Murat qui joue les MC est à la peine.
Le stand-up de Yanik arrive et d'un coup j'ai très peur car c'est vraiment saoulant, mal joué, avec des vannes pourries et-ou mal écrites. Quand je dis mal écrites, c'est avec des erreurs toutes simples : ne pas garder le "topper" (le bon mot) pour la fin, écrire large au lieu de viser l'économie de mots, etc. Beaucoup trop de bla bla au lieu de chutes qui tombent pile, une foule d'imprécisions dans le jeu et de bafouillages. Le mec a une belle gueule mais une nature comique inexistante, ça ne vient pas de l'intérieur, tout est fabriqué. Heureusement, le second stand up avec Stéphane Murat remonte le niveau. Il a une nature comique évidente, du charme et surtout un texte très bien écrit et bien interprété, rôdé. La connexion avec le public se fait immédiatement, on est en empathie avec son personnage de faux timide attendrissant.Ensuite en "joker" (le troisième comédien n'étant pas là ce soir) Alexis Macquart, là aussi une bonne prestation et un bon texte avec quelques creux cependant, mais on sent que c'est rôdé.
La chanson de fin de Yanik est comme son stand-up : plate. Difficile de rivaliser avec Max Boublil ou d'autres...
Au final, difficile de se remettre de l'entrée en matière un peu calamiteuse qui nous colle en tête pendant tout le reste de la soirée. On pourrait espérer une joute avec les 3 comédiens en scène comme bouquet final... Dommage.
Voir Stéphane Murat :
Voir Alexis Macquart :
jeudi 31 mai 2012
[CINEMA] Arrête de pleurer Pénélope
Le film n'est pas l'adaptation de la pièce que vous avez peut-être vue, où les répliques fusent et où l'humour girly nous déride sans problème. Il en va autrement dans ce film où l'histoire, le scénario, les personnages s'embourbent dans la gadoue de la campagne. Alors bien-sûr, on s'amusera bien à quelques répliques ou à la présence de Christelle Chollet (la blonde qui chante Piaf...) mais dans l'ensemble, l'ennuie est plutôt au rendez-vous, bien en deçà de ce qu'on pouvait attendre. Le fait qu'on y ajoute la présence de Maria Pacôme (transparente, comme le fantôme qu'elle est...) ou d'autres ne change rien à l'affaire.
Malgré la bonne volonté du trio féminin, on en reste à un film qui est loin d'une grande comédie. Parfois vulgaire, avec des gags lourdingues et des filles hystéro-dingues qui finissent par nous porter sur le système.
C'est dommage, parce que ce trio de nanas, on y croyait ferme.
Bon, là vous vous dites, mais pourquoi est-il allé voir ce film ? Parce que j'étais invité ! ^^
Malgré la bonne volonté du trio féminin, on en reste à un film qui est loin d'une grande comédie. Parfois vulgaire, avec des gags lourdingues et des filles hystéro-dingues qui finissent par nous porter sur le système.
C'est dommage, parce que ce trio de nanas, on y croyait ferme.
Bon, là vous vous dites, mais pourquoi est-il allé voir ce film ? Parce que j'étais invité ! ^^
dimanche 27 mai 2012
[THEATRE] Une si longue nuit : une si longue pièce.
Avec Anne Lévy, Mise en scène : Ivan Romeuf.
Ça partait d'une bonne intention et d'une excellente idée. Audacieuse.
Un parallèle assez juste : lier un destin tragique, celui d'une icone de la chanson populaire à celui d'un personnage racinien. Calquer l'expression du désir, de l'amour impossible et finalement de la mort, d'un rôle sur l'autre, d'un texte classique aux chansons.
Malheureusement l'enchaînement de scènes alternant avec des chants pas toujours maîtrisés m'a vite lassé. Les chants, pas vraiment imités mais encore trop proches de Dalida dans l'interprétation, sans parvenir à la même émotion, ne réussissent pas à me cueillir. Non, ce n'est pas Michel Fau dans son "Récital emphatique" qui joue Phèdre, mais l'idée m'a traversée l'esprit par moment. Ce n'est pas mal joué, c'est la mise en scène qui veut ça, un style emprunté (mais à qui !? ;-P ). Par opposition à tant d'autres spectacles amateurs sur la capitale, il faut quand même reconnaître les qualités de l'interprète même si le résultat ne m'a pas convaincu.
L'exercice de style du tissage du texte classique et des chansons occupe tout l'espace, sans laisser place à l'émotion ni à la vérité. C'est aride. Cette comédienne dans sa loge aurait pu nous amener sur d'autres chemins pour servir le propos, pour qu'on entre dans son trac, dans son délire, dans son jeu. Au lieu de nous mettre dans sa poche, dès l'entrée en scène, on se prend au sérieux alors qu'il s'agit d'une construction théâtrale qui devrait rester ludique malgré la gravité du propos. Aucun recul. Attention, ici on est au théâââtre mon petit monsieur, ça rigole pas... Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait une simple lecture ?
Je n'ai pas résisté à l'appel de Morphée lors du dernier quart d'heure, ce qui n'est jamais très bon signe...
Dommage. J'aimais bien l'idée...
Ça partait d'une bonne intention et d'une excellente idée. Audacieuse.
Un parallèle assez juste : lier un destin tragique, celui d'une icone de la chanson populaire à celui d'un personnage racinien. Calquer l'expression du désir, de l'amour impossible et finalement de la mort, d'un rôle sur l'autre, d'un texte classique aux chansons.
Malheureusement l'enchaînement de scènes alternant avec des chants pas toujours maîtrisés m'a vite lassé. Les chants, pas vraiment imités mais encore trop proches de Dalida dans l'interprétation, sans parvenir à la même émotion, ne réussissent pas à me cueillir. Non, ce n'est pas Michel Fau dans son "Récital emphatique" qui joue Phèdre, mais l'idée m'a traversée l'esprit par moment. Ce n'est pas mal joué, c'est la mise en scène qui veut ça, un style emprunté (mais à qui !? ;-P ). Par opposition à tant d'autres spectacles amateurs sur la capitale, il faut quand même reconnaître les qualités de l'interprète même si le résultat ne m'a pas convaincu.
L'exercice de style du tissage du texte classique et des chansons occupe tout l'espace, sans laisser place à l'émotion ni à la vérité. C'est aride. Cette comédienne dans sa loge aurait pu nous amener sur d'autres chemins pour servir le propos, pour qu'on entre dans son trac, dans son délire, dans son jeu. Au lieu de nous mettre dans sa poche, dès l'entrée en scène, on se prend au sérieux alors qu'il s'agit d'une construction théâtrale qui devrait rester ludique malgré la gravité du propos. Aucun recul. Attention, ici on est au théâââtre mon petit monsieur, ça rigole pas... Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait une simple lecture ?
Je n'ai pas résisté à l'appel de Morphée lors du dernier quart d'heure, ce qui n'est jamais très bon signe...
Dommage. J'aimais bien l'idée...
samedi 26 mai 2012
[CINE] Kaboom ne casse pas grand chose.
Pitch : Smith mène une vie tranquille sur le campus - il traîne avec sa meilleure amie, l’insolente Stella, couche avec la belle London, tout en désirant Thor, son sublime colocataire, un surfeur un peu simplet - jusqu’à une nuit terrifiante où tout va basculer. Sous l’effet de space cookies ingérés à une fête, Smith est persuadé d’avoir assisté à l’horrible meurtre de la Fille Rousse énigmatique qui hante ses rêves. En cherchant la vérité, il s’enfonce dans un mystère de plus en plus profond qui changera non seulement sa vie à jamais, mais aussi le sort de l’humanité.
Vu en DVD : "Mieux vaut tard que jamais."
Enfin... "ça, c'était avant" comme on le dit dans une pub...
Inspiré par Twin Peaks, le feuilleton qui a marqué l'enfance du réalisateur, Kaboom est un pop-corn moovie à la Scream matiné d'American Pie qui bascule assez maladroitement dans une mauvaise parodie lynchienne.
Là où Lynch nous emmène dans un univers glaçant auquel on peut croire, il n'y a aucune intention de ce genre dans Kaboom. Araki oblige...
La première partie est la vision idéalisée de la jeunesse d'aujourd'hui par un réalisateur "folle du ghetto" : pleine de couleurs, sous amphétamines, où règne un esprit festif, de liberté sexuelle totale, où la laideur n'existe pas. C'est frivole, pop et sexy, comme une publicité pour Axe. Pourquoi pas... Araki assume le fait de faire un cinéma "irresponsable", immature, de pur divertissement. Soit.
Et puis assez rapidement, on tombe dans le grand guignol avec de faux mystères qui n'arrivent pas à nous passionner, des personnages absurdes sortis d'un manga ou d'un comic-book. Une paranoïa qu'on contemple sans la partager, dommage. Le tout traité beaucoup trop sérieusement pour qu'on y voit une critique du conspirationnisme. En tous cas, le destin de ce petit monde nous indiffère royalement. On se raccroche à ce qu'on peut, la beauté magnétique des acteurs & actrices, par exemple.
Alors si on arrive à en prendre son parti, pourquoi pas, ça ne fait pas mal à l'oeil, et hélas, au cerveau non plus. Quitte à choisir de faire un cinéma gratuit dans une débauche sous acide de tout : musiques, images, sexe, etc, il aurait fallu pousser le bouchon jusqu'au bout et viser l’insolence.
Le film parait peut-être subversif pour une société américaine catho et bien sous tous rapports, mais vu de France, le film semble bien tiède et très loin de secouer le spectateur que je suis.
Vu en DVD : "Mieux vaut tard que jamais."
Enfin... "ça, c'était avant" comme on le dit dans une pub...
Inspiré par Twin Peaks, le feuilleton qui a marqué l'enfance du réalisateur, Kaboom est un pop-corn moovie à la Scream matiné d'American Pie qui bascule assez maladroitement dans une mauvaise parodie lynchienne.
Là où Lynch nous emmène dans un univers glaçant auquel on peut croire, il n'y a aucune intention de ce genre dans Kaboom. Araki oblige...
La première partie est la vision idéalisée de la jeunesse d'aujourd'hui par un réalisateur "folle du ghetto" : pleine de couleurs, sous amphétamines, où règne un esprit festif, de liberté sexuelle totale, où la laideur n'existe pas. C'est frivole, pop et sexy, comme une publicité pour Axe. Pourquoi pas... Araki assume le fait de faire un cinéma "irresponsable", immature, de pur divertissement. Soit.
Et puis assez rapidement, on tombe dans le grand guignol avec de faux mystères qui n'arrivent pas à nous passionner, des personnages absurdes sortis d'un manga ou d'un comic-book. Une paranoïa qu'on contemple sans la partager, dommage. Le tout traité beaucoup trop sérieusement pour qu'on y voit une critique du conspirationnisme. En tous cas, le destin de ce petit monde nous indiffère royalement. On se raccroche à ce qu'on peut, la beauté magnétique des acteurs & actrices, par exemple.
Alors si on arrive à en prendre son parti, pourquoi pas, ça ne fait pas mal à l'oeil, et hélas, au cerveau non plus. Quitte à choisir de faire un cinéma gratuit dans une débauche sous acide de tout : musiques, images, sexe, etc, il aurait fallu pousser le bouchon jusqu'au bout et viser l’insolence.
Le film parait peut-être subversif pour une société américaine catho et bien sous tous rapports, mais vu de France, le film semble bien tiède et très loin de secouer le spectateur que je suis.
samedi 19 mai 2012
[CINE] Les aventures de Philibert, capitaine puceau : pas si mal !
Vu sur Canal Plus ces jours-ci, "Philibert Capitaine Puceau" écrit par Karine Angeli et Jean-François Halin.
Réalisé par Sylvain Fusée.
Un film dans la veine de OSS117, à la fois hommage et parodie d'un genre cinématographique, le film de cape et d'épées. Tous les gimmicks y sont : les couleurs flashy du technicolor d'époque, les prises de vue accélérées pour les chevaux, les bruitages non raccords, etc. Et bien-sûr, le côté surjoué et emphatique des comédiens, la mise en scène théâtrale, les décors de carton pâte...
Les comédiens jouent bien leur partition, Jérémie Renier très drôle et parfait dans ce rôle de héros benêt, Alexandre Astier prend un plaisir visible à incarner le méchant, etc. Alors que manquait-il à ce film pour qu'il attire du monde en salle au lieu de faire un four ? Sans doute un peu d'irrespect et plus d'humour, de déconne. Assez vite, certaines vannes sont attendues car trop récurrentes. Pour séduire aujourd'hui sur un film de cape et d'épées - un pari risqué - il faut y apporter autre chose qu'un simple regard attendri, sous peine de faire un film qui paraît aussi désuet que les originaux.
On est assez loin d'un film à hurler de rire, c'est bien le problème pour une comédie...
Réalisé par Sylvain Fusée.
Un film dans la veine de OSS117, à la fois hommage et parodie d'un genre cinématographique, le film de cape et d'épées. Tous les gimmicks y sont : les couleurs flashy du technicolor d'époque, les prises de vue accélérées pour les chevaux, les bruitages non raccords, etc. Et bien-sûr, le côté surjoué et emphatique des comédiens, la mise en scène théâtrale, les décors de carton pâte...
Les comédiens jouent bien leur partition, Jérémie Renier très drôle et parfait dans ce rôle de héros benêt, Alexandre Astier prend un plaisir visible à incarner le méchant, etc. Alors que manquait-il à ce film pour qu'il attire du monde en salle au lieu de faire un four ? Sans doute un peu d'irrespect et plus d'humour, de déconne. Assez vite, certaines vannes sont attendues car trop récurrentes. Pour séduire aujourd'hui sur un film de cape et d'épées - un pari risqué - il faut y apporter autre chose qu'un simple regard attendri, sous peine de faire un film qui paraît aussi désuet que les originaux.
On est assez loin d'un film à hurler de rire, c'est bien le problème pour une comédie...
jeudi 19 avril 2012
Titanic, le relief pour un petit supplément d'âme.
A quoi sert la 3D ? On se pose encore la question à chaque sortie de film. Si Avatar a été l'un des longs métrages où elle pouvait avoir un petit plus ajouté, le Titanic est dans la même veine. A grand spectacle bien filmé, la 3D ajoute un supplément d'âme. Est-ce un hasard s'il s'agit du même cinéaste ? Pas tout à fait.
Le fantasmatique paquebot qui fait encore rêver beaucoup de monde méritait bien qu'on se sente à son bord, parmi les passagers, à table avec les convives. L'illusion fonctionne, même si la "fausse" 3D n'est pas aussi convaincante qu'un film tourné en réel relief. Tous les plans d'origine n'ont pas été pensés avec le relief et la restitution de la profondeur - bien que très soignée par le maestro Cameron - n'atteint pas la perfection.
J'ai beau avoir revu le film un paquet de fois, l'émotion fonctionne toujours, pas mieux que sans la 3D. L'immersion est juste un peu meilleure. Donc pour le procédé 3D : bof. Pour le film : bravo.
Pour l'instant, l'une des meilleures expériences 3D que j'ai eu reste un film du Futuroscope tourné par Jean-Jacques Annaud "Guimet, les ailes de l'espoir" (Imax) on l'on se croyait vraiment dans l'histoire, sur la scène d'une pièce de théâtre, parmi les comédiens. Sans doute aussi parce que le procédé de 3D n'était pas utilisé comme une démonstration de savoir-faire en la matière, mais juste une manière de filmer plus naturaliste.
Le fantasmatique paquebot qui fait encore rêver beaucoup de monde méritait bien qu'on se sente à son bord, parmi les passagers, à table avec les convives. L'illusion fonctionne, même si la "fausse" 3D n'est pas aussi convaincante qu'un film tourné en réel relief. Tous les plans d'origine n'ont pas été pensés avec le relief et la restitution de la profondeur - bien que très soignée par le maestro Cameron - n'atteint pas la perfection.
J'ai beau avoir revu le film un paquet de fois, l'émotion fonctionne toujours, pas mieux que sans la 3D. L'immersion est juste un peu meilleure. Donc pour le procédé 3D : bof. Pour le film : bravo.
Pour l'instant, l'une des meilleures expériences 3D que j'ai eu reste un film du Futuroscope tourné par Jean-Jacques Annaud "Guimet, les ailes de l'espoir" (Imax) on l'on se croyait vraiment dans l'histoire, sur la scène d'une pièce de théâtre, parmi les comédiens. Sans doute aussi parce que le procédé de 3D n'était pas utilisé comme une démonstration de savoir-faire en la matière, mais juste une manière de filmer plus naturaliste.
lundi 17 mai 2010
Wall street : Oliver Stone dévalué
Oliver Stone voulait dénoncer les excès du capitalisme dans son premier film sur Wall Street. Il mettait en scène un requin charismatique qui, contre toute attente, a créé des émules et des vocations. Vingt-trois ans plus tard et après une crise majeure du capitalisme, revoilà sur les écrans Michael Douglas dans la peau de Gordon Gekko, le chantre du libéralisme. Cette fois, avec la volonté affichée de dénoncer plus clairement les travers de la société. Hélas, beaucoup trop grossièrement pour que cela soit passionnant. Une façon de se donner bonne conscience ?
jeudi 11 février 2010
Planète 51 : pas chic la planète au look amerloque !
Planète 51 est une production espagnole, qui raconte l'histoire d'une planète qui vit à l'heure américaine, où débarque un astronaute américain. Un film doublé par des voix hollywodiennes... Bref, vous l'aurez compris : Planète 51 est un film qui surfe sur la vague de l'animation à la Pixar, Dreamworks and Cie. Hélas, le tout manque beaucoup de souffle.
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