Invité par des amis, j'ai découvert le 37m², rue Rodier, un resto franco-taïwanais qui fait honneur à ses racines culinaires. L'endroit - vu le nom - est petit vous vous en doutez, seulement pour une quinzaine de convives à tout casser. Le bloc clim de l'entrée peine à refroidir l'endroit en été mais pour se désaltérer, les bubble teas sont là. Un thé aromatisé servi avec une grande paille pour aspirer et gober les billes d'Agar-Agar au fond. Au début on se dit que qualifier le truc de "bon" serait abuser, et puis gentiment, on se laisse conquérir par le breuvage au point d'en recommander un autre.
Sur le plan plats, y'a pas débat. C'est bon et copieux, parfois un peu "hot" sur les épices pour les poissons.
Les assiettes sont belles mais sans chichi, la surprise est ailleurs puisque les arômes, les saveurs sont un régal.
Une adresse sympathique à des prix abordables.
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lundi 22 juillet 2013
mercredi 24 avril 2013
[SCENES] Demain est un autre jour ! On en veut chaque jour !
Une journée de dingues, absurde, où rien n'est prévu, rien n'est attendu, où tout est possible... et où tout arrive !
Sur le mode du film "Un jour sans fin" - l'un de mes films préférés - cette pièce de Sylvain MEYNIAC et Jean-François CROS exploite à merveille l'ironie dramatique puisque le personnage principal (interprété magnifiquement par Daniel Russo) revit sans cesse la même journée.
Pourquoi ? Là est toute la question... Lorsque Gérard Loussine débarque dans sa vie, il ne comprend pas que tout se joue autour de lui...
L'inconvénient d'une bonne pièce, c'est que l'on ne peut rien en dire au risque de spoiler le spectateur, de vous dévoiler les rebondissements et toutes les inventions de mise en scène pour faire que cette pièce puisse exister.
Pierre (Daniel Russo) est avocat et il va jouer sa carrière sur un procès. Autant dire qu'il est particulièrement tendu, lui d'ordinaire déjà si stressé, nerveux et maniaque ! Personne ne va l’aider, au contraire. Son patron (Xavier Letourneur) lui met la pression alors que nous savons qu'il a fomenté un sale coup contre lui. Son ancien amour de jeunesse (Jessica Borio) s'est faite embaucher dans la cabinet et lui sert d'intérimaire, ravivant au passage les tensions autant que les passions. Le jeune collègue de la boîte (Jean-François Cros) tire sur tout ce qui bouge en matière de gente féminine et s'en vante à souhait... C'est dans ce jeu de quille qu'une veuve joyeuse (Axelle Marine) débarque, la cause de tous ses ennuis...
Une fois les éléments en place, quel festival ! C'est profondément jubilatoire et parfaitement exécuté par une belle distribution. J'y suis allé avec mon pote Elie, scénariste comme moi, qui en est sorti également très satisfait. Nous n'avions pas grand chose à reprocher à cette pièce hormis une exposition un chouia trop longue peut-être. Un défaut qu'on oublie bien vite. Excellent moment.
C'est l'un des succès du moment et cela mérite vraiment d'être vu.
Le genre de pièce qu'on aimerait voir plus souvent !
J'illustre cet article par deux photos chopées sur BilletReduc qui montrent mal hélas un joli décor plein d'inventivité, mais surtout parce que les affiches des théâtres parisiens Sooooo XIXème siècle me font saigner des yeux (c'est l'ancien graphiste qui parle...) !
D'ailleurs je vous invite à regarder cette page très drôle sur la question !
MISE EN SCÈNE : Eric Civanyan
AVEC Daniel Russo, Gérard Loussine, Axelle Marine, Jessica Borio, Xavier Letourneur et Jean-François Cros
DÉCORS Edouard Laug
LUMIÈRES Eric Civanyan assisté de Denis Monmarché
http://www.billetreduc.com/82705/evt.htm
Sur le mode du film "Un jour sans fin" - l'un de mes films préférés - cette pièce de Sylvain MEYNIAC et Jean-François CROS exploite à merveille l'ironie dramatique puisque le personnage principal (interprété magnifiquement par Daniel Russo) revit sans cesse la même journée.
Pourquoi ? Là est toute la question... Lorsque Gérard Loussine débarque dans sa vie, il ne comprend pas que tout se joue autour de lui...
L'inconvénient d'une bonne pièce, c'est que l'on ne peut rien en dire au risque de spoiler le spectateur, de vous dévoiler les rebondissements et toutes les inventions de mise en scène pour faire que cette pièce puisse exister.
Pierre (Daniel Russo) est avocat et il va jouer sa carrière sur un procès. Autant dire qu'il est particulièrement tendu, lui d'ordinaire déjà si stressé, nerveux et maniaque ! Personne ne va l’aider, au contraire. Son patron (Xavier Letourneur) lui met la pression alors que nous savons qu'il a fomenté un sale coup contre lui. Son ancien amour de jeunesse (Jessica Borio) s'est faite embaucher dans la cabinet et lui sert d'intérimaire, ravivant au passage les tensions autant que les passions. Le jeune collègue de la boîte (Jean-François Cros) tire sur tout ce qui bouge en matière de gente féminine et s'en vante à souhait... C'est dans ce jeu de quille qu'une veuve joyeuse (Axelle Marine) débarque, la cause de tous ses ennuis...
Une fois les éléments en place, quel festival ! C'est profondément jubilatoire et parfaitement exécuté par une belle distribution. J'y suis allé avec mon pote Elie, scénariste comme moi, qui en est sorti également très satisfait. Nous n'avions pas grand chose à reprocher à cette pièce hormis une exposition un chouia trop longue peut-être. Un défaut qu'on oublie bien vite. Excellent moment.C'est l'un des succès du moment et cela mérite vraiment d'être vu.
Le genre de pièce qu'on aimerait voir plus souvent !
J'illustre cet article par deux photos chopées sur BilletReduc qui montrent mal hélas un joli décor plein d'inventivité, mais surtout parce que les affiches des théâtres parisiens Sooooo XIXème siècle me font saigner des yeux (c'est l'ancien graphiste qui parle...) !
D'ailleurs je vous invite à regarder cette page très drôle sur la question !
MISE EN SCÈNE : Eric Civanyan
AVEC Daniel Russo, Gérard Loussine, Axelle Marine, Jessica Borio, Xavier Letourneur et Jean-François Cros
DÉCORS Edouard Laug
LUMIÈRES Eric Civanyan assisté de Denis Monmarché
http://www.billetreduc.com/82705/evt.htm
mardi 23 avril 2013
[SCENES] JET-LAG, une belle découverte !
Ça partait bizarrement... La proximité dans cette petite salle, le faux happening, une tentative de dialogue amorcée avec un public super long à dégivrer, enfin bref, ça sentait le spectacle amateur et un peu consternant. Lui-même en rit et met du sien pour secouer un peu son public, harangue et chauffe la salle.
Et puis finalement assez rapidement, Guillaume Clémencin nous emmène avec lui en voyage. Il nous met dans sa poche en campant des personnages réussis, drôle, loufoque ou flippant issus de son parcours pour le moins chaotique. "Tout est vrai" dit-il. On peine à le croire mais les photos de sa page FB nous prouvent au moins qu'il est un vrai baroudeur et un type un peu déjanté !
On est en empathie avec ce gamin rêveur, à côté de ses pompes, no-limit et ballotté par le destin et des adultes dont il ne comprend pas les codes.
Guillaume Clémencin fait preuve d'une énergie rare, balançant entre les gags les plus potaches, le rire franc, doux-amer et le désespoir le plus sombre. Avec le luxe d'être juste dans tous les registres.
On pourrait le croire cadet de Benoît Poelvoorde avec un physique et une voix qui s'en rapprochent. Et bien-sûr avec la fantaisie décalée des belges.
On pourra toujours trouver quelques boulons à serrer dans ce texte et cette mise en scène parfois un peu foutraque, mais le spectacle mérite vraiment le détour.
Dépaysement garanti... Un comédien à suivre...
Vu à la Comédie des Trois Bornes.
JET-LAG (ou comment vider son sac pour voyager léger)
Et puis finalement assez rapidement, Guillaume Clémencin nous emmène avec lui en voyage. Il nous met dans sa poche en campant des personnages réussis, drôle, loufoque ou flippant issus de son parcours pour le moins chaotique. "Tout est vrai" dit-il. On peine à le croire mais les photos de sa page FB nous prouvent au moins qu'il est un vrai baroudeur et un type un peu déjanté !
On est en empathie avec ce gamin rêveur, à côté de ses pompes, no-limit et ballotté par le destin et des adultes dont il ne comprend pas les codes.
Guillaume Clémencin fait preuve d'une énergie rare, balançant entre les gags les plus potaches, le rire franc, doux-amer et le désespoir le plus sombre. Avec le luxe d'être juste dans tous les registres.On pourrait le croire cadet de Benoît Poelvoorde avec un physique et une voix qui s'en rapprochent. Et bien-sûr avec la fantaisie décalée des belges.
On pourra toujours trouver quelques boulons à serrer dans ce texte et cette mise en scène parfois un peu foutraque, mais le spectacle mérite vraiment le détour.
Dépaysement garanti... Un comédien à suivre...
Vu à la Comédie des Trois Bornes.
JET-LAG (ou comment vider son sac pour voyager léger)
mercredi 27 mars 2013
[SCENES] La nuit des Reines et La nuit des Dupes : duo gagnant !
La nuit des Dupes et La nuit des Reines sont deux fantaisies rigolotes, pleines d'esprit, de jeux de mots lou-phoques et de réparties vache-hard. De quoi nous épater deux fois comme dirait mon charcutier...
Très gay friendly - quoi de plus normal avec Michel Heim dont la vertue (cardinale !) est l'écriture de pastiches notamment pour les Caramels Fous ? - et décalée, la pièce joue avec l'histoire et la littérature.
Dans les Dupes, un Louis trèZ à l'aise avec les conventions... Une Marie de mes deux sise dans les conspirations. Anne qui fait l'autruche, jusqu'à l'arrivée d'un duc qui fait son trou avant de laisser sa place à un gars pas si con... La situation est en effet historique : Louis XIII n'a pas d'héritier et n'honore plus sa femme, la trop prude Anne d'Autriche. Sa mère, l'intrigante Marie de Médicis, compte en profiter pour le faire abdiquer en faveur de Gaston d'Orléans. C'est compter sans le fourbe Richelieu et le séduisant Duc de Buckingham et l'arrivée d'Artagnan.
Dans les Reines, Catherine de Médicis rêve que son fils préféré, le futur Henri III, épouse Elisabeth I, Reine d'Angleterre, dite " la Reine Vierge ", toujours célibataire bien que fort avancée en âge. Inutile de dire que ce mariage avec celle qu'on appelle la Reine vierge, n'est pas du tout du goût du pauvre Henri III qui, hormis une liaison incestueuse avec sa soeur, la Reine Margot, n'a guère d'expérience avec les femmes.
Les comédiens sont plus que convaincant dans des alexandrins où il faut entrer parfois au chausse-pied ! 12 pieds oui, à condition d'escamoter parfois un e qui devient muet ou de taire une syllabe, mais nous n'en tiendrons pas rigueur tant l'exercice d'écriture est ardu et le résultat désopilant au final. :-)
Le tout servi dans de jolis costumes.
C'est drôle, plein d'humour camp et d'esprit. Bref, cela vaut le coup d'être vu.
Mais pour l'instant, plus de date sur Paris, vous n'avez plus le choix dans la date...
Auteur : Michel Heim
Artistes : Michel Heim, Renato Nasi, Gwenda Guthwasser, Franck Isoart, Guillaume Lucas
Metteur en scène : Jean-Pierre Rouvellat
Très gay friendly - quoi de plus normal avec Michel Heim dont la vertue (cardinale !) est l'écriture de pastiches notamment pour les Caramels Fous ? - et décalée, la pièce joue avec l'histoire et la littérature.
Dans les Dupes, un Louis trèZ à l'aise avec les conventions... Une Marie de mes deux sise dans les conspirations. Anne qui fait l'autruche, jusqu'à l'arrivée d'un duc qui fait son trou avant de laisser sa place à un gars pas si con... La situation est en effet historique : Louis XIII n'a pas d'héritier et n'honore plus sa femme, la trop prude Anne d'Autriche. Sa mère, l'intrigante Marie de Médicis, compte en profiter pour le faire abdiquer en faveur de Gaston d'Orléans. C'est compter sans le fourbe Richelieu et le séduisant Duc de Buckingham et l'arrivée d'Artagnan.
Dans les Reines, Catherine de Médicis rêve que son fils préféré, le futur Henri III, épouse Elisabeth I, Reine d'Angleterre, dite " la Reine Vierge ", toujours célibataire bien que fort avancée en âge. Inutile de dire que ce mariage avec celle qu'on appelle la Reine vierge, n'est pas du tout du goût du pauvre Henri III qui, hormis une liaison incestueuse avec sa soeur, la Reine Margot, n'a guère d'expérience avec les femmes.Les comédiens sont plus que convaincant dans des alexandrins où il faut entrer parfois au chausse-pied ! 12 pieds oui, à condition d'escamoter parfois un e qui devient muet ou de taire une syllabe, mais nous n'en tiendrons pas rigueur tant l'exercice d'écriture est ardu et le résultat désopilant au final. :-)
Le tout servi dans de jolis costumes.
C'est drôle, plein d'humour camp et d'esprit. Bref, cela vaut le coup d'être vu.
Mais pour l'instant, plus de date sur Paris, vous n'avez plus le choix dans la date...
Auteur : Michel Heim
Artistes : Michel Heim, Renato Nasi, Gwenda Guthwasser, Franck Isoart, Guillaume Lucas
Metteur en scène : Jean-Pierre Rouvellat
[SCENES] Le clou du spectacle n'efface pas les défauts du début.
Deux hommes se retrouvent au paradis, questionnés par Dieu sur leur présence impromptue et non attendue par ses services, les deux compères tentent de se remémorer les événements. Ils commencent à raconter leurs débuts de comédiens, leur arrivée dans une troupe amateur...
Le Clou du Spectacle est un défi : 2 comédiens 16 personnages. On attend donc avec curiosité de voir le résultat. Au fur et à mesure de la pièce, on gagne en sens et en densité, car la seconde moitié du spectacle et surtout la fin fonctionnent beaucoup sur l'ironie dramatique installée depuis le début.
Mais cette exposition justement est longue, bien trop longue. L'entrée en matière est glaciale, sans véritablement d'originalité et surtout sans rire. Un début pesant, par la voix de Dieu notamment - leeeeeente, si leeeeente qu'on pourrait s'endormir - des répliques qui ne font pas mouche et un procédé très lourdingue pour amorcer la série de flash-back pour aligner les scènes de cette histoire déconstruite.
Autre écueil, une fois l'histoire arrivée à son climax, le soufflet retombe à nouveau. Les saluts des personnages tentent d'effacer cette fin pour une envolée finale malheureusement moins intense. C'est d'autant plus dommage que la même histoire racontée avec un autre procédé (ou en modifiant la mise en scène et quelques répliques bien senties) pourrait produire un bon spectacle.
Les comédiens ne déméritent pas et proposent un chassé-croisé de personnages bien brossés, plutôt drôles avec un bel engagement. Leurs mimes efficaces battissent le décor de leurs aventures cartoonesques qui finissent par de jolis moments.
Au Guichet Montparnasse
http://www.billetreduc.com/84898/evt.htm
Le Clou du Spectacle est un défi : 2 comédiens 16 personnages. On attend donc avec curiosité de voir le résultat. Au fur et à mesure de la pièce, on gagne en sens et en densité, car la seconde moitié du spectacle et surtout la fin fonctionnent beaucoup sur l'ironie dramatique installée depuis le début.
Mais cette exposition justement est longue, bien trop longue. L'entrée en matière est glaciale, sans véritablement d'originalité et surtout sans rire. Un début pesant, par la voix de Dieu notamment - leeeeeente, si leeeeente qu'on pourrait s'endormir - des répliques qui ne font pas mouche et un procédé très lourdingue pour amorcer la série de flash-back pour aligner les scènes de cette histoire déconstruite.
Autre écueil, une fois l'histoire arrivée à son climax, le soufflet retombe à nouveau. Les saluts des personnages tentent d'effacer cette fin pour une envolée finale malheureusement moins intense. C'est d'autant plus dommage que la même histoire racontée avec un autre procédé (ou en modifiant la mise en scène et quelques répliques bien senties) pourrait produire un bon spectacle.
Les comédiens ne déméritent pas et proposent un chassé-croisé de personnages bien brossés, plutôt drôles avec un bel engagement. Leurs mimes efficaces battissent le décor de leurs aventures cartoonesques qui finissent par de jolis moments.
Au Guichet Montparnasse
http://www.billetreduc.com/84898/evt.htm
dimanche 24 mars 2013
[SCENES] Les grands moyens : le grand jeu !
Une pièce qui bénéficie vraiment de la dynamique du duo Garnier & Santou et de leurs partenaires non moins talentueuses. Le texte aurait pu être une "couchonerie" à peine modernisée et les dix premières minutes nous feraient presque craindre le pire...
À la recherche de l'homme parfait, Laura a quitté Léo, voilà quelques mois, parce qu'il ne correspondait pas à son idéal masculin. Bafoué, Léo lui fait alors rencontrer le pire de tous les hommes, en espérant ainsi voir son ex revenir auprès de lui. C'est certain avec ce type-là, Laura ne peut que revenir. Du moins, c'est ce que croit Léo.
Evidemment, le plan de départ tourne mal. Car le scénario de film devenu pièce de théâtre, écrit par Stéphane Belaïsch et Thomas Perrier ne cesse de rebondir et provoque à chaque fois l'hilarité.
Mais c'est vraiment grâce à une mise en scène enlevée et efficace d'Arthur Jugnot (avec qui ils ont joué dans "A 2 lits du délit") et de David Roussel que la pièce donne toute sa mesure, un souffle qui porte le spectateur jusqu'à la fin.
On rit franchement aux échanges entre ces quatre comédiens très généreux dans ce vaudeville malin.
Garnier et Santou donnent de leur personne, surtout Santou qui joue les cascadeurs et se laisse ballotter avec un certain plaisir. Le duo s'autorise quelques sorties de route qui leur font friser l'oeil ou étouffer un rire sous l'oeil complice du public.
Cyril Garnier est très désirable, ce qui ne gâche rien, bien entendu ! Surtout en tennisman à short moulebite...
En face d'eux, Magaly Godenaire et Marie Montoya sont épatantes et tiennent la dragée haute face à ces deux trublions en travaillant la nuance, évitant la caricature des proies faciles.
Très drôle, à ne pas manquer !
A la Gaîté Montparnasse
http://www.billetreduc.com/76817/evt.htm?nr=1
À la recherche de l'homme parfait, Laura a quitté Léo, voilà quelques mois, parce qu'il ne correspondait pas à son idéal masculin. Bafoué, Léo lui fait alors rencontrer le pire de tous les hommes, en espérant ainsi voir son ex revenir auprès de lui. C'est certain avec ce type-là, Laura ne peut que revenir. Du moins, c'est ce que croit Léo.
Evidemment, le plan de départ tourne mal. Car le scénario de film devenu pièce de théâtre, écrit par Stéphane Belaïsch et Thomas Perrier ne cesse de rebondir et provoque à chaque fois l'hilarité.
Mais c'est vraiment grâce à une mise en scène enlevée et efficace d'Arthur Jugnot (avec qui ils ont joué dans "A 2 lits du délit") et de David Roussel que la pièce donne toute sa mesure, un souffle qui porte le spectateur jusqu'à la fin.
On rit franchement aux échanges entre ces quatre comédiens très généreux dans ce vaudeville malin.
Garnier et Santou donnent de leur personne, surtout Santou qui joue les cascadeurs et se laisse ballotter avec un certain plaisir. Le duo s'autorise quelques sorties de route qui leur font friser l'oeil ou étouffer un rire sous l'oeil complice du public.
Cyril Garnier est très désirable, ce qui ne gâche rien, bien entendu ! Surtout en tennisman à short moulebite...
En face d'eux, Magaly Godenaire et Marie Montoya sont épatantes et tiennent la dragée haute face à ces deux trublions en travaillant la nuance, évitant la caricature des proies faciles.
Très drôle, à ne pas manquer !
A la Gaîté Montparnasse
http://www.billetreduc.com/76817/evt.htm?nr=1
mardi 19 mars 2013
[SCENES] Hyperflux se prend les pieds dans la toile.
J'avais été attiré par le pitch de départ, une critique de l'homme moderne, hyper connecté, débordé surchargé, au bord du burn out à cause des technologies qu'il a lui même créé... Alone est salarié dans une entreprise mais accusé à tort d'avoir provoqué un bug mondial, il devient un fugitif hyper-recherché. Il part à la quête d'un hacker célèbre et va découvrir la "vraie" vie.
Il y a des d'excellentes idées un peu partout, à la mise en scène notamment, fouillée, faisant appel au mime sur une bande son très travaillée. Sur le propos, le texte et les personnages aussi.
Le comédien prend un plaisir évident mais ce plaisir n'est pas toujours partagé parce qu'il nous oublie dès le début car il se passe très longtemps avant que nous soyons en empathie avec son personnage. De lui nous comprenons assez vite le tableau qu'il peint : un homme hyperconnecté, assemblant les informations, transférant, partageant... Un tableau sur lequel il n'insiste que trop d'ailleurs.
Ce personnage principal met très longtemps avant de parler et de se raconter, bref d'exister à nos yeux. La quatrième mur n'a jamais si bien porté son nom, le spectacle ne génère aucune émotion pendant très longtemps, tout se passe en dehors de nous. Le support d'une bande son permanente qui occupe tout l'espace accroit l'impression que ce spectacle n'a rien de vivant, que tout est figé. Pourtant le comédien n'économise pas son énergie.
Devenu paria et fugitif, le personnage poursuit un but assez clair qui sert de fil rouge mais il se noie dans de nombreuses digressions de mise en scène ou de texte. Le spectacle perd en cohérence et devient parfois un collage de scénettes qui ne font pas toujours mouche ou qui tendent vers le one-man show. L'histoire est un peu comme le héros : elle se perd, et nous avec.
Enfin pour ceux qui espéraient justement un hyper-spectacle technologique, il y a là bien peu d'utilisation de technologie ou d'images. C'est dommage, il y avait là une idée à creuser autant en mise en scène qu'en narration. Un spectacle comme Renaissance exploite mieux les possibilités du genre par exemple.
Il n'y a pas véritablement de moment qui nous cueille, les noirs sans applaudissement glacent un peu plus le public, les vraies occasion de rire son rares... Une bonne idée qui me laisse vraiment sur ma faim.
Hyperflux
Sentier des Halles
http://www.billetreduc.com/84260/evt.htm?nr=1
Il y a des d'excellentes idées un peu partout, à la mise en scène notamment, fouillée, faisant appel au mime sur une bande son très travaillée. Sur le propos, le texte et les personnages aussi.
Le comédien prend un plaisir évident mais ce plaisir n'est pas toujours partagé parce qu'il nous oublie dès le début car il se passe très longtemps avant que nous soyons en empathie avec son personnage. De lui nous comprenons assez vite le tableau qu'il peint : un homme hyperconnecté, assemblant les informations, transférant, partageant... Un tableau sur lequel il n'insiste que trop d'ailleurs.
Ce personnage principal met très longtemps avant de parler et de se raconter, bref d'exister à nos yeux. La quatrième mur n'a jamais si bien porté son nom, le spectacle ne génère aucune émotion pendant très longtemps, tout se passe en dehors de nous. Le support d'une bande son permanente qui occupe tout l'espace accroit l'impression que ce spectacle n'a rien de vivant, que tout est figé. Pourtant le comédien n'économise pas son énergie.
Devenu paria et fugitif, le personnage poursuit un but assez clair qui sert de fil rouge mais il se noie dans de nombreuses digressions de mise en scène ou de texte. Le spectacle perd en cohérence et devient parfois un collage de scénettes qui ne font pas toujours mouche ou qui tendent vers le one-man show. L'histoire est un peu comme le héros : elle se perd, et nous avec.
Enfin pour ceux qui espéraient justement un hyper-spectacle technologique, il y a là bien peu d'utilisation de technologie ou d'images. C'est dommage, il y avait là une idée à creuser autant en mise en scène qu'en narration. Un spectacle comme Renaissance exploite mieux les possibilités du genre par exemple.
Il n'y a pas véritablement de moment qui nous cueille, les noirs sans applaudissement glacent un peu plus le public, les vraies occasion de rire son rares... Une bonne idée qui me laisse vraiment sur ma faim.
Hyperflux
Sentier des Halles
http://www.billetreduc.com/84260/evt.htm?nr=1
mercredi 27 février 2013
[SCENES] Cyrano m'était conté !
Une frénétique bande de clowns sert le texte original, improvisant ça et là quand il faut jouer avec le public. C'est enlevé, drôle, inventif. Costumes, maquillages et mise en scène : tout nous convie à la communion avec les acteurs.
Ceux-ci nous emmènent dès l'arrivée dans la salle dans leur délire et ce jusqu'au point d'orgue dramatique de la pièce qui nous cueille par l'émotion après tant de bonne humeur et de drôlerie.
Quelle belle addition de talents en scène ! Le burlesque est un art difficile que maîtrise sur le bout de leur nez rouge tous les comédiens de la pièce. Cette mise en espace et ce parti-pris rend la pièce accessible à un jeune public même s'il n'en perçoit pas toutes les subtilités, idéal pour un premier contact avec le théâtre.
Le succès d'Avignon 2012 continue sur scène les Week-Ends et c'est VRAIMENT à ne pas manquer !
Auteur : Edmond Rostand
Artistes : Damien Luce, Stéphanie Lassus-Debat, Mélanie Le Duc, Damien Henno, Guillaume Charbuy, Thierry Victor, Éric Allard-Jacquin, Maxime Perrin, Marta Power Luce, Delphine Latil
Metteur en scène : Damien Luce
au Petit Théâtre des Variétés
http://www.billetreduc.com/86133/evt.htm?nr=1
Ceux-ci nous emmènent dès l'arrivée dans la salle dans leur délire et ce jusqu'au point d'orgue dramatique de la pièce qui nous cueille par l'émotion après tant de bonne humeur et de drôlerie.
Quelle belle addition de talents en scène ! Le burlesque est un art difficile que maîtrise sur le bout de leur nez rouge tous les comédiens de la pièce. Cette mise en espace et ce parti-pris rend la pièce accessible à un jeune public même s'il n'en perçoit pas toutes les subtilités, idéal pour un premier contact avec le théâtre.
Le succès d'Avignon 2012 continue sur scène les Week-Ends et c'est VRAIMENT à ne pas manquer !
Auteur : Edmond Rostand
Artistes : Damien Luce, Stéphanie Lassus-Debat, Mélanie Le Duc, Damien Henno, Guillaume Charbuy, Thierry Victor, Éric Allard-Jacquin, Maxime Perrin, Marta Power Luce, Delphine Latil
Metteur en scène : Damien Luce
au Petit Théâtre des Variétés
http://www.billetreduc.com/86133/evt.htm?nr=1
jeudi 7 février 2013
[SCENES] Chapeau baTs !
Spécialiste de l'auto-dérision et de l'humour acide, Guillaume Bats prouve que même en faisant 1m40, on peut voir les choses de haut ... Après avoir été découvert sur France 2 en duo avec Jeremy Ferrari, Guillaume Bats monte sur scène avec son premier One Man Show.
Vues mes quelques critiques, vous pouvez voir que je suis cash... et pas forcément facile à satisfaire (un bon texte au minimum, please...) Et bien là : 10/10. Meilleure note ever... Pourquoi ? Parce que j'avais la langue sèche à force de garder la bouche ouverte pour rire.
Chaque vanne fait mouche ou presque et Guillaume souligne avec humour et décontraction celles qu'il foire ou qui tombe à plat, on s'en amuse. Il nous a mis dans sa poche dans les deux premières minutes.
Un texte imparable, drôle de bout en bout. Jusqu'au joli moment d'émotion vers la fin avec la reprise de la chanson de Fernandel, fort à propos.
Guillaume Bats revient sur son parcours de handicapé avec causticité, dédramatise, met d'emblée tout le monde à l'aise pour ce qui pourrait ressembler à une curiosité ou une attraction foraine. Pas du tout. Guillaume Bats est un vrai comédien, talentueux, comme touché la grâce, à l'aise dans un exercice de stand-up mené tambour battant, où d'autres se cassent parfois la figure chaque soir à deux pas de là dans un temple du stand-up.
Sous le texte et jusque dans les intonations, la rythmique, on entend parfois Jérémy Ferrari. Peut-être faudra-t-il encore quelques semaines pour que Guillaume trouve sa propre musique. Il est vrai que Ferrari possède ce don de rire du plus douloureux, du plus tragique, de faire marrer avec des horreurs, le glauque. La recette fonctionne avec Guillaume Bats qui ajoute ce supplément d'âme et de personnalité poussant l'auto-dérision à son paroxysme.
Guillaume Bats est l'une des découvertes de On ne Demande qu'à en Rire (France2) pour ses participations dans des sketchs. Sur scène, il fait la démonstration que ses épaules ne sont pas si fragiles que la science le prétend. Chapeau baTs. On en redemande !
Co-écrit et mis en scène par Jérémy Ferrari.
Billetreduc
Vues mes quelques critiques, vous pouvez voir que je suis cash... et pas forcément facile à satisfaire (un bon texte au minimum, please...) Et bien là : 10/10. Meilleure note ever... Pourquoi ? Parce que j'avais la langue sèche à force de garder la bouche ouverte pour rire.
Chaque vanne fait mouche ou presque et Guillaume souligne avec humour et décontraction celles qu'il foire ou qui tombe à plat, on s'en amuse. Il nous a mis dans sa poche dans les deux premières minutes.
Un texte imparable, drôle de bout en bout. Jusqu'au joli moment d'émotion vers la fin avec la reprise de la chanson de Fernandel, fort à propos.
Guillaume Bats revient sur son parcours de handicapé avec causticité, dédramatise, met d'emblée tout le monde à l'aise pour ce qui pourrait ressembler à une curiosité ou une attraction foraine. Pas du tout. Guillaume Bats est un vrai comédien, talentueux, comme touché la grâce, à l'aise dans un exercice de stand-up mené tambour battant, où d'autres se cassent parfois la figure chaque soir à deux pas de là dans un temple du stand-up.
Sous le texte et jusque dans les intonations, la rythmique, on entend parfois Jérémy Ferrari. Peut-être faudra-t-il encore quelques semaines pour que Guillaume trouve sa propre musique. Il est vrai que Ferrari possède ce don de rire du plus douloureux, du plus tragique, de faire marrer avec des horreurs, le glauque. La recette fonctionne avec Guillaume Bats qui ajoute ce supplément d'âme et de personnalité poussant l'auto-dérision à son paroxysme.
Guillaume Bats est l'une des découvertes de On ne Demande qu'à en Rire (France2) pour ses participations dans des sketchs. Sur scène, il fait la démonstration que ses épaules ne sont pas si fragiles que la science le prétend. Chapeau baTs. On en redemande !
Co-écrit et mis en scène par Jérémy Ferrari.
Billetreduc
samedi 2 février 2013
[SCENES] 3 lits pour 8, ou pour 9 : j'ai dormi.
Attiré par le nom d'Alan Ayckbourn et celui de Jean-Luc Moreau, j'ai été un peu atterré par la vacuité de la pièce. Un pitch assez pauvre donne lieu à une comédie du même tonneau, sans souffle, sans imagination. Après les films formatés pour la télé, voici le théâtre formaté par la télé, avec ses faux airs de "Scènes de ménages" (M6) jusqu'à l'emploi d'Annick Blancheteau qui ressemble beaucoup physiquement à Marion Game. Avec aussi peu de choses à défendre, pas de réel conflit, beaucoup de péripéties inutiles, il est difficile d'arriver à faire une bonne pièce, dont le comique ne se résume pas à des jérémiades, des cris, des jeux de scène outranciers et autres artifices pour faire s'esclaffer le public. Du gros boulevard qui tâche, en somme...
C'est dommage, parce que la distribution est plutôt intéressante : Annick Blancheteau, Bernard Alane, ou Marie Montoya notamment.
La pièce ne mérite pas qu'on s'y arrête... Le public ne semble pas s'y presser vraiment vu le nombre de contre-marque de réductions...
Billetreduc
Auteur : Alan Ayckbourn, Victor Lanoux
Artistes : Bernard Alane, Annick Blancheteau, Jean-Christophe Barc, Juliette Meyniac, Marie Montoya, Pierre-Olivier Mornas, Mathilde Penin, Dimitri Rataud
Metteur en scène : Jean-Luc Moreau
Billetreduc
Auteur : Alan Ayckbourn, Victor Lanoux
Artistes : Bernard Alane, Annick Blancheteau, Jean-Christophe Barc, Juliette Meyniac, Marie Montoya, Pierre-Olivier Mornas, Mathilde Penin, Dimitri Rataud
Metteur en scène : Jean-Luc Moreau
vendredi 1 février 2013
[SCENES] Le piano rigolo d'Alain Bernard
Alain Bernard nu en slip de bain. Voilà de quoi tromper les moteurs de recherche... Mais si vous cherchiez un nageur, vous vous êtes fait avoir ! Pour je vous conseille vivement d'aller voir son homonyme chantant et pianotant sur les claviers, en étant habillé, ça vaut le détour !
Piano Rigoletto
mis en scène par Pascal Légitimus
de Alain Bernard, Jean-Claude Islert, Pascal Légitimus
Alain Bernard est un pianiste accompli, il en joue, et il en "joue". C'est drôle, enlevé, renouvelé : on ne se lasse pas une seconde dans ces grands détournements et des démonstrations. Bon, j'attends avec impatience que Alain Bernard me dise où il a vu des calanques à Montluçon ! Pour aller nager dans la calanques en partant de Montluçon, y'a pas intérêt de traîner en route ! :) Il est vrai qu'Alain Bernard est un grand nageur... En revanche des quincailliers comme Pelissier, on en connaît ! Ce spectacle laisse un agréable souvenir et on se surprend à chantonner le lendemain les conneries entendues la veille, c'est bon signe. A ne pas manquer lors de la reprise en mars 2013 !
Billetreduc
jeudi 31 janvier 2013
[SCENES] Renaissance : une composition étonnante.
Musique, chant lyrique, projection vidéo, comédie, mélo, philosophie... Il y a un peu de tout cela dans le spectacle très imaginatif de Michel Podolak, écrit par Frédéric Lenoir. Un spectacle qui emprunte parfois à l'expérimental en usant par exemple d'un Karlax. Pour autant, malgré parfois quelques effets de mise en scène un peu lourds (rideaux & voiles plutôt que noirs, didgeridoo trop récurrent...) qui ont tendance à ralentir le rythme, on suit sans peine un fil conducteur tenu mais qui ne lasse pas.
Le propos est une large réflexion sur l'homme moderne, sur la quête de sens qui taraude beaucoup d'entre nous dans ce monde de plus en plus complexe et âpre. Qu'est-ce qui constitue notre essentiel ? Le progrès est-il toujours bon pour l'homme ? Est-ce une nouvel ère qui s'ouvre, une renaissance...? Quelle place pour l'amour dans cette virtualité, pour l'humain dans le numérique dans le consumérisme ? Ce ne sont que quelques questions seulement parmi les nombreux thèmes abordés, traités, effleurés, soulevés.
La pièce est servie par d'excellents comédiens-chanteurs et musiciens (parfois les trois à la fois). Mention spéciale aux rôles principaux Estelle Boin et Luc-Emmanuel Betton, aussi juste en chant qu'en comédie. Luc-Emmanuel pourrait être, par la ressemblance physique, le talent et la folie, le jeune frère de Laurent Laffite, étonnant de virtuosité, il chante, danse, joue la comédie en même temps que de la contrebasse... Ils sont accompagnés de chanteurs lyriques et comédiens, Jean-Claude Sachot par exemple, qu'on a plus l'habitude d'entendre (grande voxographie de films et séries.) qui incarne Socrate.
Prisonnière d'elle-même et de la démesure de son époque, Stella, trentenaire, est incapable de vivre l'instant présent. Socrate et Léonard de Vinci, ces géants du passé qui osèrent rêver le monde et accompagner l'homme, viennent éclairer sa quête de sens. Confrontée à un dérèglement technologique - celui aussi de sa propre voix de chanteuse lyrique -, symbole de notre humanité qui ne semble plus maîtriser sa destinée, l’héroïne découvrira comment l’homme peut, et doit, rester maître de la technique et de son destin.
Si le texte pose de nombreuses questions, il apporte peu de réponses en revanche à l'image de notre société qui survole les notions, zappe en permanence, rebondit d'un média à l'autre sans prendre le temps de la réflexion. Ce n'est pas là, la moindre de ses contradictions. Il y a dans Renaissance, matière à faire de nombreux autres spectacles, à nourrir et impulser différents débats. Mais c'est déjà un succès que d'avoir réussi à nous y inviter par cette jolie expérience théâtrale un peu foutraque.
Renaissance - http://www.renaissance2043.com/renaissance/le-spectacle/renaissance/
Billet-reduc
Le propos est une large réflexion sur l'homme moderne, sur la quête de sens qui taraude beaucoup d'entre nous dans ce monde de plus en plus complexe et âpre. Qu'est-ce qui constitue notre essentiel ? Le progrès est-il toujours bon pour l'homme ? Est-ce une nouvel ère qui s'ouvre, une renaissance...? Quelle place pour l'amour dans cette virtualité, pour l'humain dans le numérique dans le consumérisme ? Ce ne sont que quelques questions seulement parmi les nombreux thèmes abordés, traités, effleurés, soulevés.
La pièce est servie par d'excellents comédiens-chanteurs et musiciens (parfois les trois à la fois). Mention spéciale aux rôles principaux Estelle Boin et Luc-Emmanuel Betton, aussi juste en chant qu'en comédie. Luc-Emmanuel pourrait être, par la ressemblance physique, le talent et la folie, le jeune frère de Laurent Laffite, étonnant de virtuosité, il chante, danse, joue la comédie en même temps que de la contrebasse... Ils sont accompagnés de chanteurs lyriques et comédiens, Jean-Claude Sachot par exemple, qu'on a plus l'habitude d'entendre (grande voxographie de films et séries.) qui incarne Socrate.
Prisonnière d'elle-même et de la démesure de son époque, Stella, trentenaire, est incapable de vivre l'instant présent. Socrate et Léonard de Vinci, ces géants du passé qui osèrent rêver le monde et accompagner l'homme, viennent éclairer sa quête de sens. Confrontée à un dérèglement technologique - celui aussi de sa propre voix de chanteuse lyrique -, symbole de notre humanité qui ne semble plus maîtriser sa destinée, l’héroïne découvrira comment l’homme peut, et doit, rester maître de la technique et de son destin.
Si le texte pose de nombreuses questions, il apporte peu de réponses en revanche à l'image de notre société qui survole les notions, zappe en permanence, rebondit d'un média à l'autre sans prendre le temps de la réflexion. Ce n'est pas là, la moindre de ses contradictions. Il y a dans Renaissance, matière à faire de nombreux autres spectacles, à nourrir et impulser différents débats. Mais c'est déjà un succès que d'avoir réussi à nous y inviter par cette jolie expérience théâtrale un peu foutraque.
Renaissance - http://www.renaissance2043.com/renaissance/le-spectacle/renaissance/
Billet-reduc
[SCENES] Une belle surprise au poste
Une nuit au poste
Au Studio Marie Bell (Théâtre du Petit Gymnase)
Ecrit par : Eric Rouquette
Mis en scène par : Jeremy Azencott
Deux jeunes comédiennes (Sandy Besse, Victoria Olloqui) donnent une variation sur le mode chien et chat d'une assez bonne facture. L'une est fille à maman riche autant qu'absente. L'autre est devenue délinquante après avoir rompu les ponts avec sa famille. Evidemment, en d'autres circonstances, ces deux-là ne se seraient jamais rencontrées... La pièce est une comédie douce-amère qui confronte la bourgeoise casse-bonbons et la tête de mule écorchée vive lors d'une improbable garde à vue. Le texte est assez juste et réserve son lot de bonnes réparties, sans être follement original. Chacune dans leur archétype, les deux comédiennes se débrouillent plutôt bien. Le rôdage viendra certainement apporter sans doute un peu plus de justesse dans les intentions parfois et gommer quelques petits défauts de mise en scène. Une bonne surprise qui mérite qu'on y consacre sa soirée. Billet-reduc.
Au Studio Marie Bell (Théâtre du Petit Gymnase)
Ecrit par : Eric Rouquette
Mis en scène par : Jeremy Azencott
Deux jeunes comédiennes (Sandy Besse, Victoria Olloqui) donnent une variation sur le mode chien et chat d'une assez bonne facture. L'une est fille à maman riche autant qu'absente. L'autre est devenue délinquante après avoir rompu les ponts avec sa famille. Evidemment, en d'autres circonstances, ces deux-là ne se seraient jamais rencontrées... La pièce est une comédie douce-amère qui confronte la bourgeoise casse-bonbons et la tête de mule écorchée vive lors d'une improbable garde à vue. Le texte est assez juste et réserve son lot de bonnes réparties, sans être follement original. Chacune dans leur archétype, les deux comédiennes se débrouillent plutôt bien. Le rôdage viendra certainement apporter sans doute un peu plus de justesse dans les intentions parfois et gommer quelques petits défauts de mise en scène. Une bonne surprise qui mérite qu'on y consacre sa soirée. Billet-reduc.
samedi 26 janvier 2013
[SCENES] Brigitte, directeur d'agence : aussi ennuyeux qu'un contrôle fiscal.
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| Image BilletReduc |
Ou alors suis-je vraiment mauvais public ?
LE PITCH. Damien est directeur d'une agence immobilière qu'il dirige avec humanité. Obnubilé par le devenir de sa fille au collège tandis que sa femme est en voyage professionnel, il fait face avec maîtrise aux demandes de ses clients. Son secret : à chaque fois qu'il est stressé, il s'habille en femme et devient Brigitte. Une dimension parfaitement acceptée par sa femme mais aussi par ses fidèles clients. La société de Damien va subir un contrôle fiscal. De la confrontation entre un homme libre qui assume sa particularité et un inspecteur des impôts psychorigide et enfermé dans une vie douloureuse, naît un discours sur la tolérance entre rire et drame.
CRITIQUE. En fait, le pitch est à l'image des failles de la pièce : chaque fois qu'il y a du conflit, le personnage fuit. En cela, la pièce est remarquable de vacuité. Dès qu'une situation pourrait donner lieu à un conflit profond, on reste à la surface de l'écume, on évite le conflit psychologique personnel, on use d'artifices pour en sortir.
Aucun personnage ne vient perturber cette douce mélodie d'ascenseur. Ni Lucie, la secrétaire, dévouée, sous la coupe du patron qui accepte tout sans broncher : son travelotage, les grands cris dans son dos pour la faire sursauter, ses ordres. Ni le client récurrent qui vient pour acheter n'importe quoi (un box de garage, un appartement, un plateau sur le champs, un bateau...) qui accepte tout également : le café infect, le travelotage du patron, la présence de l'inspecteur des impôts qui irrite tout le monde avec sa sonnerie de portable. Personne ne fait de vague. Les conflits avec cet inspecteur caricatural (on est forcément austère, bêtement soupçonneux, colérique quand on travaille au centre des Impôts) sont d'ailleurs bien légers. Des conflits pour la forme uniquement avec des procédés vus et revus. Un bien pâle contrôleur quand on se souvient du Dîner de cons.
Le propos met un temps infini à s'installer en nous présentant le personnage central dans un quotidien qui nous lasse. Il ne se passe rien sur le plan des conflits moraux. La "double" identité de Damien est mal gérée et ne sert à rien. On aurait très bien pu imaginer la même confrontation entre un homme "bien dans sa vie" au point d'être trop cool face à un homme fermé, rigoureux mais engoncé dans son amertume, et que chacun apprenne de l'autre au final.
Même quand le contrôleur découvre pour la première fois Brigitte, son étonnement est muet. Il faut attendre le dernier acte pour arriver au coeur de ce qui semble être le propos : vous êtes libre, vous qui assumez de vous déguiser en femme alors que moi, pauvre inspecteur austère, je subis ma vie. Alors pour tenter d'être libre l'inspecteur des impôts arrivera à son tour grimé pour s'apercevoir que sa liberté ne réside pas en ce procédé. Ouais... Faut s'accrocher aux accoudoirs pour se retenir de partir en pleine représentation et pour avaler ce prêchi-prêcha mièvre et miséreux. Et je ne parle même pas de l'incohérence dans la progression psychologique des personnages. Au secours !
C'est d'autant plus dommage que les comédiens tiennent plutôt la route dans ce désert de Gobi textuel...
mercredi 9 janvier 2013
[CLOWN] Slava's Snow (big) Show
Je ne vais pas être très original en disant qu'une fois de plus j'ai adoré le Slava's Snow Show, désolé.
Je l'avais vu l'année dernière à Paris au théâtre du Trianon et cela m'avait marqué longuement, une espèce d'euphorie qui ne m'a pas lâchée de la semaine et bien plus encore. Cet heureux souvenir était toujours aussi vivace dans mon esprit bien longtemps après comme un rêve dont on ne se remet jamais.
J'étais donc à la fois très curieux de revoir ce spectacle au théâtre du Léman à Genève et en même temps, je redoutais que la magie ne me cueille pas, que cela ne fonctionne plus. Heureusement il n'en a rien été, même si la surprise n'était plus là quoiqu'encore j'avais oublié de nombreux détails.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce spectacle, le mieux est encore de ne rien savoir à son sujet, de foncer tête baissée en réservant des places au parterre à peu près en milieu de salle de préférence. Le spectacle sera de retour à Paris en octobre prochain au Casino de Paris : http://slavasnowshow.fr
Toutes les personnes de mon entourage qui sont allé voir ce spectacle en sont revenues enchantées, amusées, et cela fonctionne de 7 à 77 ans comme on dit. (Enfin pour être juste : toutes sauf une - il se reconnaîtra s'il lit ces lignes ;-P )
Dans la tradition des clowns russes, sans paroles pour mieux internationaliser le spectacle (il a été joué plus de 4000 fois dans le monde) et parce qu'en mime ils sont au sommet de leur art, les comédiens nous embarquent dans leur univers féérique. Le théâtre devient une immense boule à neige. Boule à neige ou boule de cristal ? On semble y voir le destin contrarié de ce clown jaune passant de vie à trépas, entrant au paradis ou en enfer et faisant face à une troupe de clown verts à l'allure et aux comportements étranges.
Rapidement, le spectacle est autant dans la salle que sur scène et même l'entracte vire au spectacle au bout de dix minutes (à ne pas manquer). On passe du rire à l'émotion sur un haussement de sourcil et on en prend plein la gueule jusqu'au final.
Pour ceux qui n'ont pas tué l'enfant en eux, pour ceux qui sont des rêveurs, des poètes, qui aiment l'art théâtral, la création, le mime, l'esprit un peu potache ou tout simplement vivre une expérience hors du commun. Faites une cure de jouvence express en allant voir le Slava's Snow Show !
Je l'avais vu l'année dernière à Paris au théâtre du Trianon et cela m'avait marqué longuement, une espèce d'euphorie qui ne m'a pas lâchée de la semaine et bien plus encore. Cet heureux souvenir était toujours aussi vivace dans mon esprit bien longtemps après comme un rêve dont on ne se remet jamais.
J'étais donc à la fois très curieux de revoir ce spectacle au théâtre du Léman à Genève et en même temps, je redoutais que la magie ne me cueille pas, que cela ne fonctionne plus. Heureusement il n'en a rien été, même si la surprise n'était plus là quoiqu'encore j'avais oublié de nombreux détails.
Pour ceux qui ne connaissent pas ce spectacle, le mieux est encore de ne rien savoir à son sujet, de foncer tête baissée en réservant des places au parterre à peu près en milieu de salle de préférence. Le spectacle sera de retour à Paris en octobre prochain au Casino de Paris : http://slavasnowshow.frToutes les personnes de mon entourage qui sont allé voir ce spectacle en sont revenues enchantées, amusées, et cela fonctionne de 7 à 77 ans comme on dit. (Enfin pour être juste : toutes sauf une - il se reconnaîtra s'il lit ces lignes ;-P )
Dans la tradition des clowns russes, sans paroles pour mieux internationaliser le spectacle (il a été joué plus de 4000 fois dans le monde) et parce qu'en mime ils sont au sommet de leur art, les comédiens nous embarquent dans leur univers féérique. Le théâtre devient une immense boule à neige. Boule à neige ou boule de cristal ? On semble y voir le destin contrarié de ce clown jaune passant de vie à trépas, entrant au paradis ou en enfer et faisant face à une troupe de clown verts à l'allure et aux comportements étranges.
Rapidement, le spectacle est autant dans la salle que sur scène et même l'entracte vire au spectacle au bout de dix minutes (à ne pas manquer). On passe du rire à l'émotion sur un haussement de sourcil et on en prend plein la gueule jusqu'au final.
Pour ceux qui n'ont pas tué l'enfant en eux, pour ceux qui sont des rêveurs, des poètes, qui aiment l'art théâtral, la création, le mime, l'esprit un peu potache ou tout simplement vivre une expérience hors du commun. Faites une cure de jouvence express en allant voir le Slava's Snow Show !
lundi 17 décembre 2012
[CINE] Ziobit pas très inspiré.
Vu hier The Hobbit, en 48 images secondes, en 3D et en VOST. Plus pour la curiosité des images de l'EPIC, la caméra HD de Red et le framerate augmenté au double de la vitesse normale que pour le film lui même.
Contrairement à beaucoup de gens, je n'ai pas été déçu par le procédé technique, au contraire. Cela amène une stabilité dans l'image, l'absence de saccade dans les travelling quand on bouge beaucoup de pixels et de flous de rémanence. Certains trouvent que cela fait une image bien peu cinématographique... Peut-être préféraient-ils les images qui sautent avec les poussières sur l'objectif et les rayures sur la péloche. Moi pas. Je crois que c'est un combat d'arrière garde qui ne se posera plus aux nouvelles générations de toutes manières. Ok, je trouve toujours que les chefs ops du noir et blanc savaient mieux maîtriser la photo, ok, je trouve qu'il peut y avoir un charme à tel flou qui est la conséquence du matériel. Mais j'aime les belles images de The Hobbit. Moins belles que celle de la trilogie du Seigneur des Anneaux cependant, ceci étant plutôt dû au fait qu'il y ait moins d'extérieurs et beaucoup plus de décors numériques. Gandalf et Saroumane ont 85 et 90 ans, ils se voyaient mal crapahuter dans le froid de la Nouvelle Zélande pour ce film et ont prié les équipes de tourner en Angleterre en studio. Je peux comprendre, mais on y perd. Et puis la crise est passée par là, les problèmes pour mettre en chantier le film (Jackson a repris contraint et forcé le projet après que deux autres réalisateurs aient jeté l'éponge...)
La 3D est parfaitement maîtrisée même si dans le fond, elle n'apporte rien de spécial. Simplement, peut-être que la 3D va finir par être "naturelle" au cinéma comme nous trouvons naturel de voir en relief. Est-ce que cela rend le film plus immersif pour autant ? Non. Ce qui me manque à la vérité, c'est un bon scénario.
Le film est affreusement lent à démarrer. Mais en cela comme pour le reste de l'histoire, Peter Jackson est un peu esclave de la prose de Tolkien qui se limite beaucoup à une structure combat/fuite/combat/fuite où les combats trouvent souvent leur résolution pour l'intervention d'un deus ex-machina magique. Le sel du roman de Tolkien que j'avais lu étant ado c'est justement l'imagination qui carbure et un peu plus les conflits qui sont inexistants dans cette version. Du reste on a pris un peu de libertés avec l'histoire, et pas forcément les bonnes. Faire des nains des êtres sans finesse, par exemple. Créer des personnages supplémentaires et superfétatoires comme l'orc blanc. A contrario, il aurait pu être utile de trahir un peu le script pour justement rajouter du conflit psychologique, pour réduire l'enrôlement de Bilbo dans l'aventure qui prend un temps infini. Ce scénario bancal et mal fagoté, ourdi pour séduire les plus jeunes (notez comme malgré la violence des combats, pas une goutte de sang ne coule) est vraiment décevant.
Seule la rencontre avec Gollum est une scène que je retiens. Sans doute parce qu'il s'agit là du seul personnage véritablement construit et intéressant par ses conflits et son histoire.
J'irai sans doute voir la suite pour boucler la boucle et sans doute parce que la deuxième partie sera plus consistante. Malheureusement, ce Hobbit arrive bien tard après la trilogie - la faute à ces co%%%%% d'ayants droits (une fois de plus) qui ont bloqué la mise en chantier dans le bon ordre de l'oeuvre originale - et l'effet de surprise qu'il existait à la lecture est absent, tous ces personnages sont de nous connus, et n'apportent pas grand chose de plus à leur partition originale.
Contrairement à beaucoup de gens, je n'ai pas été déçu par le procédé technique, au contraire. Cela amène une stabilité dans l'image, l'absence de saccade dans les travelling quand on bouge beaucoup de pixels et de flous de rémanence. Certains trouvent que cela fait une image bien peu cinématographique... Peut-être préféraient-ils les images qui sautent avec les poussières sur l'objectif et les rayures sur la péloche. Moi pas. Je crois que c'est un combat d'arrière garde qui ne se posera plus aux nouvelles générations de toutes manières. Ok, je trouve toujours que les chefs ops du noir et blanc savaient mieux maîtriser la photo, ok, je trouve qu'il peut y avoir un charme à tel flou qui est la conséquence du matériel. Mais j'aime les belles images de The Hobbit. Moins belles que celle de la trilogie du Seigneur des Anneaux cependant, ceci étant plutôt dû au fait qu'il y ait moins d'extérieurs et beaucoup plus de décors numériques. Gandalf et Saroumane ont 85 et 90 ans, ils se voyaient mal crapahuter dans le froid de la Nouvelle Zélande pour ce film et ont prié les équipes de tourner en Angleterre en studio. Je peux comprendre, mais on y perd. Et puis la crise est passée par là, les problèmes pour mettre en chantier le film (Jackson a repris contraint et forcé le projet après que deux autres réalisateurs aient jeté l'éponge...)
La 3D est parfaitement maîtrisée même si dans le fond, elle n'apporte rien de spécial. Simplement, peut-être que la 3D va finir par être "naturelle" au cinéma comme nous trouvons naturel de voir en relief. Est-ce que cela rend le film plus immersif pour autant ? Non. Ce qui me manque à la vérité, c'est un bon scénario.
Le film est affreusement lent à démarrer. Mais en cela comme pour le reste de l'histoire, Peter Jackson est un peu esclave de la prose de Tolkien qui se limite beaucoup à une structure combat/fuite/combat/fuite où les combats trouvent souvent leur résolution pour l'intervention d'un deus ex-machina magique. Le sel du roman de Tolkien que j'avais lu étant ado c'est justement l'imagination qui carbure et un peu plus les conflits qui sont inexistants dans cette version. Du reste on a pris un peu de libertés avec l'histoire, et pas forcément les bonnes. Faire des nains des êtres sans finesse, par exemple. Créer des personnages supplémentaires et superfétatoires comme l'orc blanc. A contrario, il aurait pu être utile de trahir un peu le script pour justement rajouter du conflit psychologique, pour réduire l'enrôlement de Bilbo dans l'aventure qui prend un temps infini. Ce scénario bancal et mal fagoté, ourdi pour séduire les plus jeunes (notez comme malgré la violence des combats, pas une goutte de sang ne coule) est vraiment décevant.
Seule la rencontre avec Gollum est une scène que je retiens. Sans doute parce qu'il s'agit là du seul personnage véritablement construit et intéressant par ses conflits et son histoire.
J'irai sans doute voir la suite pour boucler la boucle et sans doute parce que la deuxième partie sera plus consistante. Malheureusement, ce Hobbit arrive bien tard après la trilogie - la faute à ces co%%%%% d'ayants droits (une fois de plus) qui ont bloqué la mise en chantier dans le bon ordre de l'oeuvre originale - et l'effet de surprise qu'il existait à la lecture est absent, tous ces personnages sont de nous connus, et n'apportent pas grand chose de plus à leur partition originale.
jeudi 15 novembre 2012
[SCENES] A la Edouard Baer !
Avec le ton qu'on lui connaît, Edouard Baer signe une pièce foutraque et un peu dilettante comme son personnage : un auteur procrastinateur qui n'a pas vu le temps passer et se voit dans l'obligation de construire en une nuit un spectacle. Cet hymne à la France doit être joué devant un parterre de présidents du G20 attendus le lendemain. Mais sous la pression, les fulgurances ne sont pas toujours au rendez-vous... De fait, dans cette pièce qui dure presque deux heures, quelques moments de creux s'accumulent. La répétition peut lasser parfois, les chansons ne sont pas tout à fait à la hauteur. Malgré tout, on s'amuse de la faux-culterie d'Edouard et de ses réparties même si l'on regrette que certains rôles soient un peu pâlichons. Une pièce qui est un hymne à son propre auteur, sans atteindre l'excellence hélas de Miam-Miam ou d'autres spectacles. Malgré tout, parce que c'est bien mis en scène et parce que c'est Edouard Baer, cela vaut le coup d'être vu.
lundi 5 novembre 2012
[THEATRE] Mustapha, tu pousses et ça mousse !
Mustapha El Atrassi ne doit pas en être à son premier boulet. A Boulogne-Billancourt, ce soir là, il y avait des meufs pénibles qui l'interrompaient, sur-réagissaient. A force de pousser le bouchon, la réponse ne s'est pas faite attendre et Mustapha leur a gentiment taillé un costard en 2 minutes. Habillées pour l'hiver avec un joli "ta gueule" en choeur de la salle pour conclure, Mustapha a pu reprendre en ayant du même coup le public dans sa poche pour le reste de la soirée... Il faut un certain talent pour pouvoir faire des sorties de route, discuter avec la salle, vanner en liberté sur le gamin de 9 ans qui est là ("C'est le tien ? Tu sais... Pour 8 euros t'as une nounou, moi je décline toute responsabilité pour ce qu'il va entendre ce soir..."). Et de fait, la seconde partie du spectacle est carrément plus crue, mimes à l'appui, très convaincants d'ailleurs.
C'est donc maintenant officiel, BREAKING NEWS comme on dit chez CNN, zoom zoom coco, c'est un scoop : Mustapha El Atrassi est *enfin* pubère. Depuis le temps qu'il attendait ! D'ailleurs, faites gaffe, il risque de ne plus y avoir de Manix Comfort dans la capitale dans les prochaines semaines...
J'ai donc passé plutôt une bonne soirée. Après c'est le ton de Mus', on aime ou pas. C'est sa personnalité, on aime ou pas. Personnellement, comme Baffie, j'admire sa répartie même si je le trouve en beaucoup de choses perfectible. Ce nouveau spectacle, notamment, il manque un peu de liant, de rodage, possède un ou deux moments de relâchement. Mus' reste quand même l'un des rares à pouvoir aller affronter les amerloques sur leurs propres scènes et en anglais (il a joué son spectacle à L.A. en anglais pendant plusieurs semaines.) Autant dire qu'il a un talent certain.
C'est donc maintenant officiel, BREAKING NEWS comme on dit chez CNN, zoom zoom coco, c'est un scoop : Mustapha El Atrassi est *enfin* pubère. Depuis le temps qu'il attendait ! D'ailleurs, faites gaffe, il risque de ne plus y avoir de Manix Comfort dans la capitale dans les prochaines semaines...
J'ai donc passé plutôt une bonne soirée. Après c'est le ton de Mus', on aime ou pas. C'est sa personnalité, on aime ou pas. Personnellement, comme Baffie, j'admire sa répartie même si je le trouve en beaucoup de choses perfectible. Ce nouveau spectacle, notamment, il manque un peu de liant, de rodage, possède un ou deux moments de relâchement. Mus' reste quand même l'un des rares à pouvoir aller affronter les amerloques sur leurs propres scènes et en anglais (il a joué son spectacle à L.A. en anglais pendant plusieurs semaines.) Autant dire qu'il a un talent certain.
vendredi 28 septembre 2012
[THEATRE] J'ai vu Ali et j'en suis resté baba !
J'ai vu hier un spectacle absolument génial. Je n'ai même pas de mérite à en parler, tout le monde est élogieux. C'est le Canard Enchaîné qui m'a mis sur la piste...
Au théâtre de Dix heures, Ali Bougheraba fait des merveilles. C'est intelligent, bien joué, follement drôle, impertinent... BRILLANTISSIME !
"Ali au pays des merveilles" est à voir absolument pour sa chronique de la vie du "Panier", le quartier de Marseille. [oubliez Patrick Bosso, Titoff et ce que vous savez de l'humour marseillais, merci]. Ali use d'un humour très fin qui se moque des conventions.
Ali est un bel oiseau - une mouette - très doué pour le mime, pour la tchatche, pour l'humour. Il brosse une savoureuse galerie de portraits - tous épatants - servis dans une mise en scène efficace, sans décor.
Le vrai talent est trans-culturel et trans-générationnel : j'avais à côté de moi un couple de retraités "Télérama"qui riaient aux éclats et de l'autre un couple de jeunes dans le genre "ils sont pas comme nous" qui était mort de rire... Une salle qui semblait unanimement conquise en sortant. On en sort réjouis, ragaillardis, dopés comme à la première rencontre d'un amour qui s'annonce prometteur.
Loin des boulevards aux comédies parfois pathétiques et vulgos (Les menteurs, théâtre de la porte Saint-Martin, au hasard...), payez-vous plutôt une bonne barre de rire avec Ali, le tout pour un prix modique !
Courez-le voir !
Jusqu'à fin décembre au Théâtre de Dix-Heures.
Au théâtre de Dix heures, Ali Bougheraba fait des merveilles. C'est intelligent, bien joué, follement drôle, impertinent... BRILLANTISSIME !
"Ali au pays des merveilles" est à voir absolument pour sa chronique de la vie du "Panier", le quartier de Marseille. [oubliez Patrick Bosso, Titoff et ce que vous savez de l'humour marseillais, merci]. Ali use d'un humour très fin qui se moque des conventions.
Ali est un bel oiseau - une mouette - très doué pour le mime, pour la tchatche, pour l'humour. Il brosse une savoureuse galerie de portraits - tous épatants - servis dans une mise en scène efficace, sans décor.
Le vrai talent est trans-culturel et trans-générationnel : j'avais à côté de moi un couple de retraités "Télérama"qui riaient aux éclats et de l'autre un couple de jeunes dans le genre "ils sont pas comme nous" qui était mort de rire... Une salle qui semblait unanimement conquise en sortant. On en sort réjouis, ragaillardis, dopés comme à la première rencontre d'un amour qui s'annonce prometteur.
Loin des boulevards aux comédies parfois pathétiques et vulgos (Les menteurs, théâtre de la porte Saint-Martin, au hasard...), payez-vous plutôt une bonne barre de rire avec Ali, le tout pour un prix modique !
Courez-le voir !
Jusqu'à fin décembre au Théâtre de Dix-Heures.
mercredi 26 septembre 2012
[THEATRE] Qui aime bien trahit bien (le public).
Je ne suis pourtant pas trop difficile en matière de théâtre : un bon texte, bien interprété. Est-ce que cela pourrait devenir le minimum syndical, svp ? Dans cette pièce, l'énergie des comédiens peine à faire oublier la vacuité de la situation et du texte. Le principal ressort comique de la pièce est le personnage de Seb, grande folle délurée (on passera sur le cliché au théâtre, après tout j'en connais des comme ça... et puis l'humour "camp" et bitchy, ça peut fonctionner aussi...). Le problème est que Seb est absent durant la seconde moitié de la pièce. De quelques rires esquissés ça et là, on tombe à l'ennui profond durant la suite. Ni les numéros de strip-tease grotesques, ni les engueulades, ni les jérémiades criardes n'arrivent à nous dérider. Pourtant, sur cette situation du parasite qui tape l'incruste, il y aurait beaucoup à faire. Mais encore faudrait-il que les personnages soient bien construits : tous dotés d'un but, d'une psychologie, d'obstacles : le B-A de la dramaturgie, quoi. Il naîtrait peut-être un autre comique que ces gesticulations insupportables. Malgré tout, j'aimerais bien voir certains comédiens avec un bon texte, je pense qu'on pourrait avoir de bonnes surprises car il y a une certaine énergie... Vu à Alambic Comédie.
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