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mardi 23 avril 2013

[SCENES] JET-LAG, une belle découverte !

Ça partait bizarrement... La proximité dans cette petite salle, le faux happening, une tentative de dialogue amorcée avec un public super long à dégivrer, enfin bref, ça sentait le spectacle amateur et un peu consternant. Lui-même en rit et met du sien pour secouer un peu son public, harangue et chauffe la salle.

Et puis finalement assez rapidement, Guillaume Clémencin nous emmène avec lui en voyage. Il nous met dans sa poche en campant des personnages réussis, drôle, loufoque ou flippant issus de son parcours pour le moins chaotique. "Tout est vrai" dit-il. On peine à le croire mais les photos de sa page FB nous prouvent au moins qu'il est un vrai baroudeur et un type un peu déjanté !

On est en empathie avec ce gamin rêveur, à côté de ses pompes, no-limit et ballotté par le destin et des adultes dont il ne comprend pas les codes.

Guillaume Clémencin fait preuve d'une énergie rare, balançant entre les gags les plus potaches, le rire franc, doux-amer et le désespoir le plus sombre. Avec le luxe d'être juste dans tous les registres.

On pourrait le croire cadet de Benoît Poelvoorde avec un physique et une voix qui s'en rapprochent. Et bien-sûr avec la fantaisie décalée des belges.

On pourra toujours trouver quelques boulons à serrer dans ce texte et cette mise en scène parfois un peu foutraque, mais le spectacle mérite vraiment le détour.

Dépaysement garanti... Un comédien à suivre...

Vu à la Comédie des Trois Bornes.
JET-LAG (ou comment vider son sac pour voyager léger)

mardi 19 mars 2013

[SCENES] Hyperflux se prend les pieds dans la toile.

J'avais été attiré par le pitch de départ, une critique de l'homme moderne, hyper connecté, débordé surchargé, au bord du burn out à cause des technologies qu'il a lui même créé... Alone est salarié dans une entreprise mais accusé à tort d'avoir provoqué un bug mondial, il devient un fugitif hyper-recherché. Il part à la quête d'un hacker célèbre et va découvrir la "vraie" vie.

Il y a des d'excellentes idées un peu partout, à la mise en scène notamment, fouillée, faisant appel au mime sur une bande son très travaillée. Sur le propos, le texte et les personnages aussi.

Le comédien prend un plaisir évident mais ce plaisir n'est pas toujours partagé parce qu'il nous oublie dès le début car il se passe très longtemps avant que nous soyons en empathie avec son personnage. De lui nous comprenons assez vite le tableau qu'il peint : un homme hyperconnecté, assemblant les informations, transférant, partageant... Un tableau sur lequel il n'insiste que trop d'ailleurs.

Ce personnage principal met très longtemps avant de parler et de se raconter, bref d'exister à nos yeux. La quatrième mur n'a jamais si bien porté son nom, le spectacle ne génère aucune émotion pendant très longtemps, tout se passe en dehors de nous. Le support d'une bande son permanente qui occupe tout l'espace accroit l'impression que ce spectacle n'a rien de vivant, que tout est figé. Pourtant le comédien n'économise pas son énergie.

Devenu paria et fugitif, le personnage poursuit un but assez clair qui sert de fil rouge mais il se noie dans de nombreuses digressions de mise en scène ou de texte. Le spectacle perd en cohérence et devient parfois un collage de scénettes qui ne font pas toujours mouche ou qui tendent vers le one-man show. L'histoire est un peu comme le héros : elle se perd, et nous avec.

Enfin pour ceux qui espéraient justement un hyper-spectacle technologique, il y a là bien peu d'utilisation de technologie ou d'images. C'est dommage, il y avait là une idée à creuser autant en mise en scène qu'en narration. Un spectacle comme Renaissance exploite mieux les possibilités du genre par exemple.

Il n'y a pas véritablement de moment qui nous cueille, les noirs sans applaudissement glacent un peu plus le public, les vraies occasion de rire son rares... Une bonne idée qui me laisse vraiment sur ma faim.

Hyperflux
Sentier des Halles
http://www.billetreduc.com/84260/evt.htm?nr=1

jeudi 31 janvier 2013

[SCENES] Renaissance : une composition étonnante.

Musique, chant lyrique, projection vidéo, comédie, mélo, philosophie... Il y a un peu de tout cela dans le spectacle très imaginatif de Michel Podolak, écrit par Frédéric Lenoir. Un spectacle qui emprunte parfois à l'expérimental en usant par exemple d'un Karlax. Pour autant, malgré parfois quelques effets de mise en scène un peu lourds (rideaux & voiles plutôt que noirs, didgeridoo trop récurrent...) qui ont tendance à ralentir le rythme, on suit sans peine un fil conducteur tenu mais qui ne lasse pas.
Le propos est une large réflexion sur l'homme moderne, sur la quête de sens qui taraude beaucoup d'entre nous dans ce monde de plus en plus complexe et âpre. Qu'est-ce qui constitue notre essentiel ? Le progrès est-il toujours bon pour l'homme ? Est-ce une nouvel ère qui s'ouvre, une renaissance...? Quelle place pour l'amour dans cette virtualité, pour l'humain dans le numérique dans le consumérisme ? Ce ne sont que quelques questions seulement parmi les nombreux thèmes abordés, traités, effleurés, soulevés.

La pièce est servie par d'excellents comédiens-chanteurs et musiciens (parfois les trois à la fois). Mention spéciale aux rôles principaux Estelle Boin et Luc-Emmanuel Betton, aussi juste en chant qu'en comédie. Luc-Emmanuel pourrait être, par la ressemblance physique, le talent et la folie, le jeune frère de Laurent Laffite, étonnant de virtuosité, il chante, danse, joue la comédie en même temps que de la contrebasse... Ils sont accompagnés de chanteurs lyriques et comédiens, Jean-Claude Sachot par exemple, qu'on a plus l'habitude d'entendre (grande voxographie de films et séries.) qui incarne Socrate.

Prisonnière d'elle-même et de la démesure de son époque, Stella, trentenaire, est incapable de vivre l'instant présent. Socrate et Léonard de Vinci, ces géants du passé qui osèrent rêver le monde et accompagner l'homme, viennent éclairer sa quête de sens. Confrontée à un dérèglement technologique - celui aussi de sa propre voix de chanteuse lyrique -, symbole de notre humanité qui ne semble plus maîtriser sa destinée, l’héroïne découvrira comment l’homme peut, et doit, rester maître de la technique et de son destin.

Si le texte pose de nombreuses questions, il apporte peu de réponses en revanche à l'image de notre société qui survole les notions, zappe en permanence, rebondit d'un média à l'autre sans prendre le temps de la réflexion. Ce n'est pas là, la moindre de ses contradictions. Il y a dans Renaissance, matière à faire de nombreux autres spectacles, à nourrir et impulser différents débats. Mais c'est déjà un succès que d'avoir réussi à nous y inviter par cette jolie expérience théâtrale un peu foutraque.

Renaissance  - http://www.renaissance2043.com/renaissance/le-spectacle/renaissance/
Billet-reduc

mercredi 9 janvier 2013

[CLOWN] Slava's Snow (big) Show

Je ne vais pas être très original en disant qu'une fois de plus j'ai adoré le Slava's Snow Show, désolé.
Je l'avais vu l'année dernière à Paris au théâtre du Trianon et cela m'avait marqué longuement, une espèce d'euphorie qui ne m'a pas lâchée de la semaine et bien plus encore. Cet heureux souvenir était toujours aussi vivace dans mon esprit bien longtemps après comme un rêve dont on ne se remet jamais.

J'étais donc à la fois très curieux de revoir ce spectacle au théâtre du Léman à Genève et en même temps, je redoutais que la magie ne me cueille pas, que cela ne fonctionne plus. Heureusement il n'en a rien été, même si la surprise n'était plus là quoiqu'encore j'avais oublié de nombreux détails.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce spectacle, le mieux est encore de ne rien savoir à son sujet, de foncer tête baissée en réservant des places au parterre à peu près en milieu de salle de préférence. Le spectacle sera de retour à Paris en octobre prochain au Casino de Paris : http://slavasnowshow.fr

Toutes les personnes de mon entourage qui sont allé voir ce spectacle en sont revenues enchantées, amusées, et cela fonctionne de 7 à 77 ans comme on dit. (Enfin pour être juste : toutes sauf une - il se reconnaîtra s'il lit ces lignes ;-P )

Dans la tradition des clowns russes, sans paroles pour mieux internationaliser le spectacle (il a été joué plus de 4000 fois dans le monde) et parce qu'en mime ils sont au sommet de leur art, les comédiens nous embarquent dans leur univers féérique. Le théâtre devient une immense boule à neige. Boule à neige ou boule de cristal ? On semble y voir le destin contrarié de ce clown jaune passant de vie à trépas, entrant au paradis ou en enfer et faisant face à une troupe de clown verts à l'allure et aux comportements étranges.


Rapidement, le spectacle est autant dans la salle que sur scène et même l'entracte vire au spectacle au bout de dix minutes (à ne pas manquer). On passe du rire à l'émotion sur un haussement de sourcil et on en prend plein la gueule jusqu'au final.

Pour ceux qui n'ont pas tué l'enfant en eux, pour ceux qui sont des rêveurs, des poètes, qui aiment l'art théâtral, la création, le mime, l'esprit un peu potache ou tout simplement vivre une expérience hors du commun. Faites une cure de jouvence express en allant voir le Slava's Snow Show !


lundi 5 novembre 2012

[THEATRE] Mustapha, tu pousses et ça mousse !

Mustapha El Atrassi ne doit pas en être à son premier boulet. A Boulogne-Billancourt, ce soir là, il y avait des meufs pénibles qui l'interrompaient, sur-réagissaient. A force de pousser le bouchon, la réponse ne s'est pas faite attendre et Mustapha leur a gentiment taillé un costard en 2 minutes. Habillées pour l'hiver avec un joli "ta gueule" en choeur de la salle pour conclure, Mustapha a pu reprendre en ayant du même coup le public dans sa poche pour le reste de la soirée... Il faut un certain talent pour pouvoir faire des sorties de route, discuter avec la salle, vanner en liberté sur le gamin de 9 ans qui est là ("C'est le tien ? Tu sais... Pour 8 euros t'as une nounou, moi je décline toute responsabilité pour ce qu'il va entendre ce soir..."). Et de fait, la seconde partie du spectacle est carrément plus crue, mimes à l'appui, très convaincants d'ailleurs.
C'est donc maintenant officiel, BREAKING NEWS comme on dit chez CNN, zoom zoom coco, c'est un scoop : Mustapha El Atrassi est *enfin* pubère. Depuis le temps qu'il attendait ! D'ailleurs, faites gaffe, il risque de ne plus y avoir de Manix Comfort dans la capitale dans les prochaines semaines...
J'ai donc passé plutôt une bonne soirée. Après c'est le ton de Mus', on aime ou pas. C'est sa personnalité, on aime ou pas. Personnellement, comme Baffie, j'admire sa répartie même si je le trouve en beaucoup de choses perfectible. Ce nouveau spectacle, notamment, il manque un peu de liant, de rodage, possède un ou deux moments de relâchement. Mus' reste quand même l'un des rares à pouvoir aller affronter les amerloques sur leurs propres scènes et en anglais (il a joué son spectacle à L.A. en anglais pendant plusieurs semaines.) Autant dire qu'il a un talent certain.


dimanche 23 septembre 2012

[SPECTACLE] Foresti Party à Bercy

Foresti Party... En fait je n'étais jamais allé voir un spectacle à Bercy. Peur des trop grandes salles où l'on ne voit rien, où le son est souvent celui d'un hangar ou d'un hall de gare... Foresti Party a réussi à casser mes préjugés. Mais la petite avait vu grand. Plus de 20 danseurs, une dizaine d'écrans géants, des décors, des guests. Passant d'un sketch en vidéo à un stand-up en live, elle enchaîne ainsi les parodies, les fausses pubs, les nouveaux textes. Du vrai show à l'américaine, et avec quelle énergie ! Wow ! Evidemment, l'avion Barbie reconstitué à taille humaine fait son petit effet... On attend le DVD avec impatience pour revoir.

mercredi 5 septembre 2012

[SPECTACLE] Desperate Housemen nous désespèrent un peu !

Reconnaissons qu'en semaine devant une grande salle quasiment vide (une cinquantaine de spectateurs, bien entendu éparpillés partout...) ce n'est pas évident de jouer et de trouver une motivation. C'est une salle froide qu'il faut réussir à dérider et à chauffer. Je ne sais pas ce que je vais voir, je m'attends à un "Arrête de pleurer Pénélope" au masculin, en fait, je comprends assez rapidement qu'il s'agit d'une suite de plusieurs stand-up sur la différence homme/femmes comme on en a tant vu.
Dans cette salle glaciale, le pari d'une intro en semi-impro est un peu risqué et on a soudain peur que l'ensemble du spectacle soit de cet acabit, avec des effets qui tombent un peu à plat... Malgré tout, l'échange arrive à se faire, même si sur scène Stéphane Murat qui joue les MC est à la peine.
Le stand-up de Yanik arrive et d'un coup j'ai très peur car c'est vraiment saoulant, mal joué, avec des vannes pourries et-ou mal écrites. Quand je dis mal écrites, c'est avec des erreurs toutes simples : ne pas garder le "topper" (le bon mot) pour la fin, écrire large au lieu de viser l'économie de mots, etc. Beaucoup trop de bla bla au lieu de chutes qui tombent pile, une foule d'imprécisions dans le jeu et de bafouillages. Le mec a une belle gueule mais une nature comique inexistante, ça ne vient pas de l'intérieur, tout est fabriqué. Heureusement, le second stand up avec Stéphane Murat remonte le niveau. Il a une nature comique évidente, du charme et surtout un texte très bien écrit et bien interprété, rôdé. La connexion avec le public se fait immédiatement, on est en empathie avec son personnage de faux timide attendrissant.
Ensuite en "joker" (le troisième comédien n'étant pas là ce soir) Alexis Macquart, là aussi une bonne prestation et un bon texte avec quelques creux cependant, mais on sent que c'est rôdé.
La chanson de fin de Yanik est comme son stand-up : plate. Difficile de rivaliser avec Max Boublil ou d'autres...
Au final, difficile de se remettre de l'entrée en matière un peu calamiteuse qui nous colle en tête pendant tout le reste de la soirée. On pourrait espérer une joute avec les 3 comédiens en scène comme bouquet final... Dommage.

Voir Stéphane Murat :


Voir Alexis Macquart :




jeudi 7 juin 2012

[CIRQUE] Urban Circolombia

La troupe de jeunes est dynamique et ne joue pas l'esbrouffe des artistes de cirque classiques (genre on en rajoute à tous les étages en cabotinage et poses de victoire...) Avec une certaine humilité et un certain humour y compris dans les foirages et les chutes éventuelles. Entre rap, street dance, acrobaties, cirque moderne et disciplines plus classique, le spectacle foutraque se barre un peu dans tous les sens. Il n'est pas toujours très égal. Mais malgré les défauts, on passe un excellent moment, emporté par l'enthousiasme des artistes et leur faculté à endosser à se confronter à toutes les disciplines, là où d'habitude chaque artiste exécute un seul et même numéro. La mise en espace est simple et efficace, et mériterait qu'on la sublime encore plus avec des jeux de lumière plus sophistiqués.
[Vu au Cirque éphémère de Boulogne-Billancourt]