jeudi 11 février 2010

Planète 51 : pas chic la planète au look amerloque !

Planète 51 est une production espagnole, qui raconte l'histoire d'une planète qui vit à l'heure américaine, où débarque un astronaute américain. Un film doublé par des voix hollywodiennes... Bref, vous l'aurez compris : Planète 51 est un film qui surfe sur la vague de l'animation à la Pixar, Dreamworks and Cie. Hélas, le tout manque beaucoup de souffle.





Disons-le tout de go, les enfants trouveront sans doute leur compte dans ce film d'animation.

D'abord parcequ'il est bien réalisé par Jorge Blanco, dont c'est le premier film. L'animation comme le look des personnages sont réussis et visuellement, la qualité n'a rien a envier aux films d'animations internationaux. Ensuite parce qu'il comporte des personnages graphiquement attachants et des séquences très drôles.

Il en va différemment du scénario, pourtant écrit par Joe Stillman (Shrek, entre autres), plutôt poussif et qui ne génère au final pas une grande histoire. D'ailleurs ce scénario, il est résumable en deux lignes : La Planète 51 et ses habitants vivent dans un monde qui ressemble beaucoup à l'Amérique des années 50. Lorsque Chuck, un astronaute un peu benêt vient pour planter le drapeau américain, les habitants s'enfuient en hurlant.

En fait, il s'agit de la trame de E.T. retroussée comme une chaussette : un humain se retrouve sur une planète alien... Il est recueilli et protégé par un gosse, qui finira par le remettre dans son vaisseau.

Planète 51 a beau reprendre tous les codes des classiques du genre, y compris les nombreuses références cinématographiques (c'est toujours efficace!) la mayonnaise n'arrive jamais à prendre totalement. Certes, on ne s'ennuie pas totalement, mais il est difficile de se passionner pour des personnages dont les motivations ne sont pas exploitées à fond, pas clairement exposées, où le conflit est somme toute très léger.

D'ailleurs qui est le véritable héros de l'histoire ? Impossible vraiment de le dire. Est-ce Chuck, qui vient poser le pied sur la planète et qui doit repartir aussitôt ? Est-ce Lem, le gamin qui aide Chuck ? Le "Rover", le robot d'exploration de la planète qui se taille la part belle et nous fait penser immédiatement à une contrefaçon de Wall-e pour son espièglerie ?

Le principal problème du film vient de la force des personnages. Ils sont tous très en deçà en terme d'objectif, et de motivation. Par ailleurs, la seule menace se résume à "éviter l'armée, retrouver le vaisseau, repartir". Or le personnage antagoniste (Le général qui veut capturer Chuck) n'est pas très présent et la menace qui pèse sur les héros n'est jamais très prégnante. Les obstacles sont très convenus (la navette est confisquée par l'armée, pour la retrouver, retrouver d'abord le rover, etc.).

Ensuite Chuck est un astronaute pas très futé, qui n'est absolument pas passionné à l'idée de visiter une planète non hostile (l'air y est respirable, et tout le monde parle américain !) pleine d'extra-terrestres. Tout ce qu'il veut, c'est repartir. Cela en fait un personnage très déconcertant car il ne se bat pour rien d'autre que pour s'en aller. Pas très positif, tout ça... Peut-être en eut-il été autrement s'il avait contribué à sauver cette planète d'un danger AVANT de devoir repartir et bien qu'il ne soit pas le bienvenu... Il manque un grand héros à l'âme forte à ce film. Chuck le pleutre n'est pas celui qui nous permet d'être en empathie et de nous projeter. Presque pour la forme, on invoque un compte à rebours "automatique" programmé dans sa navette afin de générer une tension artificiellement.

Le gamin n'a au fond pas beaucoup de soucis dans la vie en dehors du fait que la fille avec qui il aimerait sortir lui préfère un personnage de loser (qui finira par trouver aussi sa rédemption !). Il ne se bagarre pas beaucoup pour qu'elle lui tombe dans les bras. Les séquences de déconvenues sont légères pour Lem. La fille se méprend sur son compte mais fera équipe avec Lem assez rapidement...

Grâce au Rover busterkeatonien inspiré de Wall-E et à deux ou trois créatures à la Tex Avery, le comique de situation est présent tout au long du film. On reconnaît aussi de nombreuses références cinématographiques... Hélas, ces bons moments ne suffisent pas à faire de ce film un grand film d'animation.

(Article écrit pour Scenaristes.biz)

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