Lumières : Jacques Rouveyrolis
J'ai beaucoup de respect pour les comédien(ne)s qui arrivent à tenir un public, seul(e)s en scène, dans un minimalisme absolu, ou qui restent captivant(e)s même lors d'une lecture.
A ce jeu là, Judith Magre est impériale dans Rose. Assise sur son banc en bois, s'octroyant juste quelques secondes pour en faire le tour à l'occasion d'intermèdes qui rythment la pièce. Elle est Rose Rose et raconte son épopée, de la Russie aux USA en passant par le ghetto de Varsovie, les camps, la Palestine, la perte de ses enfants, de ses maris. Un récit qui oscille entre moments poignants et pointes d'humour acidulée.
« La contribution des juifs au Monde
c'est de poser des questions
qui n'ont pas de réponses ! »
c'est de poser des questions
qui n'ont pas de réponses ! »
Pas évident de raconter sans en rajouter dans le pathos, dans les effets, sur une histoire qui fracasse tous les protagonistes et nous renvoient à des images connues, soit par la fiction, soit par le documentaire. Si certains n'ont pas apprécié ce parti pris lors des premières représentations, pour ma part, je pense au contraire qu'il s'agit d'une sage posture.
« Je suppose que quand on a ses premières règles
et son premier pogrom le même mois,
on peut à coup sûr présumer qu’on est sorti de l’enfance…»
On est pris à contre-pied par le calme apparent de Rose, saisis par ce témoignage au soir de sa vie, sur le ton badin des confidences. Un art consommé de la dédramatisation qui heurte. Puis la nonchalance est enfin balayée par une charge ou l'apparition de larmes sur le masque de la politesse. L'histoire individuelle nous laisse entrevoir en creux les conflits et l'incompréhension sur ce qu'est devenu un peuple maltraité par l'Histoire qui souhaite prendre sa revanche.
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