jeudi 19 avril 2012

La piste du Marsupilami : remboursez !!!

écrit par Alain Chabat et Jeremy Doner
réalisé par Alain Chabat

Quand Dan Geraldo, reporter en quête de scoop, arrive en Palombie, il ne se doute pas qu’il va faire la plus incroyable des découvertes… Avec Pablito, guide local plein de ressources, ils vont aller de surprise en surprise au cours d’une aventure trépidante et surtout révéler une nouvelle extraordinaire : Le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !

"A partir de 6 ans." dit la notice du film. Et j'ajouterai : pas au delà de 7 ans.
On attendait Chabat au tournant, après son adaptation réussie d'ASTERIX ET CLEOPATRE - tant d'autres ont tenté d'adapter Gosciny sans y parvenir - on jubilait d'avance de retrouver le maître à l'oeuvre avec la richesse de l'univers de Franquin.


Malheureusement, le résultat est très décevant pour ne pas dire un énaurme nanard à ranger directement dans les grosses productions foireuses et putassières bien bling-bling afin d'attirer le chaland. C'est dommage : avec 1000 fois moins de moyens, le film serait devenu culte en passant dans la catégorie "cinéma bis", on aurait alors pu rire d'un Marsupilami en foufoune trouée agité maladroitement par des marionnettistes incompétents et des décors en carton pâte (encore que là, on en est pas loin...).

Il  a beaucoup de défauts à reprocher à ce film, le premier étant de mettre un temps infini à démarrer avec un Jamel insupportable qui n'est plus que la caricature de Jamel (Interprétera-t-il, un jour, un autre rôle que lui-même ?) dans des numéros de grand guignol qui peinent à nous arracher un sourire. Assez rapidement, je me suis trouvé dans la position inconfortable du spectateur qui se demande ce qu'il fout là. Pas beaucoup d'autres personnes rient autour de lui et se demandent également s'ils doivent partir. D'ailleurs après 30 minutes, certains n'hésitent pas. Et ce sentiment nous poursuit pendant tout le film tant on se désintéresse assez vite de ce qui arrive aux personnages.

On ne croit pas un seul instant aux protagonistes dans le sens où il n'émane aucune vérité d'eux. Les acteurs en roue libre ne font rien pour nous aider à croire sincèrement que les personnages poursuivent une quête vitale. Souvent ils sont irritants, et n'ont pas grand chose à vendre au regard de l'histoire.

Chabat recycle en permanence des vieilles blagues puisées dans ses précédents films, ce qui est plus que décevant. Même des moments de pur non-sens et surréalistes comme le puit sans fond ne font que renforcer l'idée que le réalisateur ne sait plus quoi faire pour nous amuser alors qu'au contraire, ce devrait être le topper qui finit par nous montrer que nous sommes dans un chef d'oeuvre d'humour.

Si la réalisation est relativement maîtrisée, le scénario est vraiment à refaire, alors que la matière état là, dans l'oeuvre de Franquin qui me passionne toujours autant. C'est d'autant plus inquiétant que Chabat a déclaré avoir attendu 5 ans avant de tourner le film et travailler sur l'histoire depuis de nombreuses années.

Le Marsupilami est plutôt bien intégré mais il faut arriver à se défaire du personnage de Franquin qui n'a rien de commun avec sa copie digitale. Dis donc Chabat, t'as bien regardé le dessin au moins ? D'où t'as sorti le ventre en poil blanc, les petits yeux et la bouche en cul de poule ? T'es miro ou t'as fumé tes chaussettes ? Le personnage a perdu tout son côté subversif, rigolard, déglingué, et donc attachant.

Finalement, la seule chose à sauver dans ce naufrage, c'est la performance de Lambert Wilson. Une sacrée performance dans la mesure où ce comédien a plutôt l'habitude de m’insupporter ! Bertrand Blier a dit qu'il aimait regarder des gros nanards car quand un comédien arrive à être bon dans une grosse daube, c'est vraiment le signe du talent. Reconnaissons alors ce talent à Wilson qui arrive à composer un personnage d'une sincérité désarmante malgré le grotesque du barnum dans lequel il se trouve. Le voir danser et mener la revue, travoloté en Céline Dion est un bon moment. Le seul peut-être de tout le film.

On rira sans doute plus au visionnage des bêtisiers du tournage...

Malgré tout, le film vogue déjà au delà des 4 millions de spectateurs, bien que les critiques du public soient plus que mitigées. Beaucoup se sont sans doute rué au cinéma sur la foi d'une presse étonnamment complaisante dans ses avis, au comble parfois de la faux-culterie.

Exemples :

Le Figaro (4 étoiles) : [Alain Chabat] invente une comédie d'aventures exotique et bordélique, joyeux bric-à-brac bariolé, farfelu, bourré de trouvailles délirantes.
Sous-texte : c'est le bordel, on n'y comprend rien, mais y'a bien une ou deux choses à sauver !

Libération (3 étoiles) : Chabat a un don particulier pour rendre tout sympathique, y compris les faiblesses de certains gags ou de la mise en scène.
Sous-texte : Ça ne nous fait pas rire, mais bon, si vous êtes déjà lobotomisé, c'est "sympa".

Télérama (3 étoiles) Il y en a pour les fans de l’ex-Nul Alain Chabat, avec son humour au second degré, son goût pour les fausses publicités, ses gags à tiroirs, parfois étirés sur une scène entière Absurde et fantaisiste, "Sur la piste du Marsupilami" déroule un surréalisme familial. Nulle volonté ici d'être à la mode. (...) Un univers de divertissement moins influencé au fond par le cinéma que par le sketch télévisuel d'antan et la bande dessinée traditionnelle.
Sous-texte : Allez au cinéma, vous passerez 1h30 à regarder un mauvais sketch tv étiré à l'extrême, consensuel jusqu'à l'absurdité afin que TF1 puisse vendre du temps de cerveau disponible à Coca en primetime.

Il n'y a qu'une critique qui vaille pour moi : c'est navrant et décevant.

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