dialogues par Antoine Jaccoud
réalisé par Ursula Meier
Simon, 12 ans, emprunte l’hiver venu la petite télécabine qui relie la plaine industrielle où il vit seul avec sa sœur Louise, à l’opulente station de ski qui la surplombe. Là-haut, il vole les skis et l’équipement des riches touristes qu’il revend ensuite aux enfants de son immeuble pour en tirer de petits mais réguliers bénéfices.
Louise, qui vient de perdre son travail, profite des trafics de Simon qui prennent de l’ampleur et devient de plus en plus dépendante de lui...
Finalement, la musique de ce film ressemble à un sample qui se reproduit sans cesse, avec quelques variations et dérapages pas contrôlés. Pourtant, sans qu'on s'en rende compte, l'histoire progresse dans la récurrence.
On alterne entre les montées à la station où les vols se répètent dans l'immaculé paysage et les redescentes dans le quotidien crapoteux et moche des les relations troubles que Simon entretient avec sa soeur.
Là-haut c'est le paradis, l'innocence des mensonges, une certaine liberté tout juste troublée par un empêcheur de tourner en rond seul symbole d'autorité dans le film rappelant que Simon n'est qu'un gamin. En bas, c'est glauque, l'échec à tous les tournants, la valeur argent toujours présente au centre de tout, les dilemmes et la jalousie, la raison, la survie.
Alors Simon n'a de cesse de remonter pour se livrer à son petit commerce, avec les nouveaux complices que le hasard et son bagou d'enfer vont mettre sur son chemin. Simon procède avec le sérieux d'un serial killer qui suit un mode opératoire bien établi. Il repère ses victimes, se planque, procède à son forfait, enterre les corps. Cela fait de lui un personnage appliqué, réfléchi, adulte bien que tout chez lui démente cette maturité.
C'est au contraire un môme qui manque d'affection et d'amour et rêve un temps de voir en une touriste anglaise la figure maternelle qui lui manque tant.
Mais pourtant, le personnage important n'est pas tant Simon que sa soeur. (Le titre international est d'ailleurs SISTER). Léa Seydoux endosse un personnage sombre et complexe de femme-enfant qui tire son frère homme-enfant vers le bas. L'un et l'autre se traitent de boulet au cours du film. La vérité est là : leurs situations sont intrinsèquement liées et seule l'arrivée du printemps rompra le charme ou la malédiction. Les conflits trouveront enfin leur résolution dans un équilibre précaire. Simon sera éjecté de son paradis, jusqu'à la saison suivante sans doute.
Mais pourtant, le personnage important n'est pas tant Simon que sa soeur. (Le titre international est d'ailleurs SISTER). Léa Seydoux endosse un personnage sombre et complexe de femme-enfant qui tire son frère homme-enfant vers le bas. L'un et l'autre se traitent de boulet au cours du film. La vérité est là : leurs situations sont intrinsèquement liées et seule l'arrivée du printemps rompra le charme ou la malédiction. Les conflits trouveront enfin leur résolution dans un équilibre précaire. Simon sera éjecté de son paradis, jusqu'à la saison suivante sans doute.
La réalisatrice et les auteurs ne portent pas de jugement sur le personnage. Pas de morale, pas de gentils ni de méchants. Dans ce film naturaliste, Simon est enfermé dans un système qui le pousse à voler, déterminé par son passé et son milieu social. Il n'a pas beaucoup d'autres solutions pour s'en sortir. Sa soeur non plus malgré ses tentatives. On les regarde se débattre dans ce piège poisseux en croisant les doigts pour eux.


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