vendredi 27 août 2010

Interview de Christian Rauth pour "Fin de Série".

Christian Rauth nous reçoit dans son appartement dans le centre de Paris...Sur le mur du salon, les photos d'une vie s'étalent sous la vitre d'un pêle-mêle. Tournages, famille, amis...

Et à part, trois autres cadres... Lui et Bernard Giraudeau, pour lequel il a tourné dans « Les caprices d'un fleuve » en 1995. Sa photo préférée(ci-contre) avec Daniel Rialet, son alter ego décédé prématurément en 2006, l'ami dont il n'oublie jamais d'évoquer la mémoire. Et juste en dessous, pour répondre à son nez rouge d'à côté, un autre duo : Laurel et Hardy... Comme s'il fallait rire de tout, coûte que coûte, même du plus tragique. Philia et Thanatos... Inconsolable et gai, comme dirait Bedos.

Le pitch du livre...


Séquence 97, une scène ordinaire, enfin presque : une fois que Lucas Kalou a tiré sur Eddy Ordo, l'interprète du célèbre commissaire Monti, puis retourné son arme contre lui, on s'apprête à faire une deuxième prise. Mais ni la vedette de la série ni Lucas ne se relèvent... Deux morts sur un plateau, on a rarement vu ça !

Enquête bouclée en trois jours par la DCPJ de Paris, qui conclut à la culpabilité de Lucas Kalou. Le comédien se serait suicidé après avoir éliminé la star qui l'avait publiquement humilié. Rob Marin, l'adjoint de Monti dans le rôle de l'inspecteur Garcia, est indigné : jamais son ami Lucas n'aurait commis un crime pareil. Il décide de reprendre l'enquête mais il a tôt fait de comprendre qu'entre un tournage et la réalité policière... il y a un monde.

Fort heureusement pour lui, le lieutenant Plume, de la SRPJ de Marseille, partage son opinion et lui offre son aide contre l'avis de sa hiérarchie. Ensemble, ils vont laver l'honneur de Lucas. Commence alors une virée déjantée dans le monde de la télévision et de la police. Les balles sifflent et les coups bas pleuvent. Pourtant il ne leur suffira pas de coincer le coupable, il leur faudra aussi découvrir le responsable. Et là, comme on dit dans les histoires : ça peut venir de haut, de très haut... et même de très loin.

Après avoir joué depuis 1989 l'inspecteur Auquelin dans « Navarro », rôle qui l'a fait connaître du grand public, Christian Rauth a enchaîné avec « Les monos » et « Père et Maire » des séries créées avec Daniel Rialet. Programmes phares de primes de TF1, les rôles l'ont marqué, « trop, peut-être... » avouera-t-il. Alors qu'il vient de tourner pour France3 dans un téléfilm, il semble presque soulagé : on commence peu à peu à oublier le mulet qu'il a été...

Aujourd'hui, c'est le romancier qui nous parle. Alors on a jeté des questions en l'air, comme dans son pêle-mêle, voici ses réponses...

Entretien.


Ton personnage principal, Rob, a une société de production à Marseille, comme toi, on voit des passerelles entre ta vie et celle du héros...

Sauf que Rob ne me ressemble pas physiquement. En revanche son point de vue sur le monde est un peu le mien, bien que ses réactions ne soient pas toujours les miennes. Rob est une vision de ce que peut ressentir un acteur récurrent qui a une dizaine d'années de tournages de films policiers derrière lui. On se sert évidemment de ce qu'on vit pour écrire, sauf que là, j'ai quand même tenté de m'éloigner de mon expérience personnelle.

Pourquoi le thème policier ?

Je ne pense pas que ce soit un roman policier, c'est « un roman qui a une enquête policière ». Et en tout cas, ce n'est pas du Agatha Christie. Il y a une volonté de ma part d'ouvrir le débat sur d'autres problématiques que l’enquête purement policière, comme l'amitié, la vengeance, la justice...

Eddy Ordo, la star égocentrique et imbue d'elle-même, aurait pu être... Roger Hanin ?

Non, pas du tout. Dans le livre, j'ai planqué une fois le nom de la personne qui a pu inspirer ce personnage. En réalité Ordo est un condensé de plusieurs acteurs connus. Ordo c’est un florilège de toutes les conneries entendues à droite à gauche par mes copains techniciens ou comédiens,, car on se parle de série à série. En tout cas, il n’y a pas de règlement de compte personnel avec Roger et d’ailleurs ce serait mal venu car je dois à Navarro tant de choses et de bons souvenirs. Ne serait-ce que ma rencontre avec Daniel Rialet.

Tu fais référence au Poulpe dont tu as écrit un numéro, et à l'exception du style du prologue, le ton du reste du livre est dans cet esprit là, c'est un univers que tu aimes bien ?

Oui. Ça prouve peut-être que j’ai « un style ». Et des obsessions. Par exemple, j'ai une grande tendresse pour le personnage de l'Indien, un pilier de bistrot que j’ai créé dans le Poulpe et que j’ai remis dans Fin de Série. J'ai fait un spin-off, comme on dit. Cet alcoolo fait partie de ma culture, mon père travaillait dans un bistrot dans lequel zonait une cosmogonie de personnages incroyables. Et puis, ça m'a permis d'en remettre une couche sur les cafés, vu qu’il n'y a quasiment plus dans Paris des bistrots comme j’en ai connu.

Quelles sont tes références en polar ?

Vautrin, Topin, Pouy, Manchette, Audiard Pelot, Carrese, Simenon, j’en oublie... Benjamin Legrand par exemple qui vient de sortir Le Cul des Anges. Excellent ! Et j’ai des repères qui ne sont pas forcément dans le polar, Tom Sharpe, par exemple, qui a eu une grande influence sur moi avec son mélange de violence, de folie, de grotesque. C'est un grand auteur. J'aime aussi Westlake et Stuart M. Kaminsky. Lui, il a écrit des romans qui se déroulent à Hollywood et qui font référence à son passé de scénariste pour les studios. D’ailleurs j'ai appris récemment qu’il était l'auteur du concept des Experts... Bref, c'est un auteur de la série noire, qui sait manier l’ironie et qui sait construire une histoire . On est loin de l'auto-fiction façon Christine Angot ! Bien que dans un polar on dévoile un peu de soi-même toute en se cachant avec pudeur derrière les personnages et l’histoire. C'est le cas pour Fin de Série.

Il y a deux choses dont on ne guérit jamais tout au long de sa vie : rendre ses parents fiers de soi, et les humiliations de l'enfance... Ton roman repose complètement sur ces failles intimes...

C’est vrai. J'arrive à un âge où comme beaucoup de gens, je suis remonté jusqu'à mon enfance pour comprendre ce que j'ai vécu. Et pour écrire Fin de Série j’ai fait la même chose pour le personnage clé. Après, c'est juste un principe narratif, parce que dans mes premières versions, il n'y avait pas ces deux prologues en forme de flash-back. Les personnages parlaient de leur passé à la toute fin, comme dans de ces interminables explications qu’on lit parfois dans les mauvais scénarios. Finalement, j’ai repris le principe du Rosebud de Citizen Kane. Ces deux prologues me permettent de justifier ce qui va se passer à la fin. Que le lecteur l’accepte ou pas, j’ai donné au personnage clé des raisons fortes de se venger. Ce principe narratif permet aussi d’apporter de la tension. C’est presque une entourloupe d'auteur : je fais peser sur l’histoire une interrogation dès le début et j’alourdis mon sujet de questionnements plus profonds.

A propos d'entourloupe d'auteur, comment rentres-tu dans une écriture ?

J’ai mis longtemps à me mettre au roman. Je n'osais pas trop me lancer vu que j'ai une haute idée de la littérature et un vrai respect pour les écrivains. Donc, j'écrivais des scénarios, des courts métrages, des pièces, mais pas de romans. Et puis un jour, Jean Bernard Pouy m'a proposé d'écrire un « Poulpe ». Il y avait un cahier des charges, tel les personnages et les décors et c'était plutôt sécurisant pour moi d'avoir ces contraintes pour démarrer. Les règles sont souvent un outil de liberté. Sartre a écrit : « je ne me suis jamais aussi senti libre que pendant l’occupation ». C’était mon sujet de bac. J’ai eu 8 sur 20… 

Pour « Fin de série », j'ai mis trois ans à l’écrire, avec des pauses pour cause d'emploi du temps chargé. J'avais rencontré l'éditeur au festival « Scénaristes en Séries » à Aix-les-Bains, Il savait que j’avais écrit un Poulpe. Il m’a demandé si j’avais un sujet de polar pour eux. Sur le coup, je n’en avais pas. Puis, un jour, dans un Salon du Livre, j'ai vu un personnage très médiatique humilier publiquement un copain à moi, un type très fragile et qui ne pouvait pas répliquer. Mon pote ne méritait pas cette humiliation. Ça m'a profondément choqué. Arrivé à une certaine notoriété il y a des gens qui ont perdu le sens commun, ils ne comprennent pas qu'on puisse détruire quelqu'un en quelques secondes avec des reproches injustes. Je tenais mon idée : la vengeance du petit gars bien gentil. 
Après, quand j’ai commencé à écrire c’est devenu un peu différent, mais le déclencheur, ça a été cette scène à laquelle j’ai assisté. Et comme je connais bien le milieu de la télé, j’en ai fait ma toile de fond. Quand j’ai trouvé mon duo, ces deux flics : le vrai et le flic de télé, j’ai démarré mon histoire.

Tu joues sur une opposition de personnages avec un faux flic qui découvre ce que c'est qu'une enquête...

Le poisson rouge hors du bocal, c'est le principe de base de la comédie. Rob Marin acteur, se retrouve à bosser avec un vrai flic. Mon flic marseillais explique au flic de fiction que ça ne se passe pas comme ça dans la vraie vie. Fatalement ça provoque un décalage, des quiproquos et de la comédie.

J'ai passé un an à l'évêché à Marseille (NB : La SRPJ de la Région Paca) et j’ai rencontré pas mal de flics. Les séries télés, ça les fait marrer car ils sont tellement loin de ça. Pour eux on est des clowns, des flics d’opérette. En revanche ils admettent parfois qu'il y a des personnages qui leur ressemblent... Exemple : 
lorsqu'on a tourné le premier épisode de Navarro, fin 89, il y a eu une projection officielle en présence de directeur de la police, de flics et Pierre Joxe le ministre de l’intérieur de l’époque. Dans cette série, je faisais Auquelin, un barjot, violent, limite raciste mais capable de foutre une branlée à un facho au prétexte « qu’il n’aimait pas les autres racistes ». Bref, un personnage gratiné. Le directeur de la police est venu me voir après la projo en me disant « Votre personnage est le plus ressemblant…. » .

L'opposition de ces deux flics dans mon roman crée du conflit et de l'humour pendant que le lecteur lui, comprend que ce qu'il voit à la télé n'est pas ce qui se passe dans la réalité. Et malgré tout, il vit le ressenti des deux héros : un vrai flic risque sa vie, un acteur ne risque rien, sauf cas exceptionnel, comme le fils de Bruce Lee qui a vécu la même chose que mon héros : il s’est pris une balle qui devait être à blanc... 

Moi aussi je me suis confronté à la réalité, à force de rencontrer des flics, j’ai commencé à mettre de l’eau dans mon vin. Quand j'étais gamin, dans ma banlieue les flics c'était l'ennemi. Mais quand on commence à connaître leur boulot on change un peu d’avis. C’est ce qui m’a permis de faire parler Gabriel Plume, le vrai flic marseillais.

Tu as joué aussi sur une opposition géographique...

J’ai habité Marseille pendant 8 ans. Il faut savoir qu’il y a une opposition Marseille / Paris depuis plus de mille ans. Quand tu lis un peu l'histoire, cette ville a toujours pris des positions opposées aux autres provinces françaises, elle s'est toujours positionnée à contre-courant. Par exemple, le fort Saint Jean à l'entrée du Vieux Port construit par Louis XIV, si tu regardes bien les meurtrières, tu t'aperçois qu'elles sont dirigées vers la ville, pas vers la mer ! Louis XIV avait peur de Marseille, ville rebelle. Marseille a même été sous tutelle avant la guerre, dirigée par un préfet nommé par Paris... Maintenant avec le football, c'est carrément devenu la cour de récré ! J’ai voulu faire une peinture ironique et tendre de cette opposition, avec pour trait d’union le TGV, qui relie maintenant les deux villes en trois heures. Un TGV que je connais bien puisque je faisais un ou deux aller-retour par semaine...
De la même façon, mes deux flics qui des méthodes de boulot différentes et pour cause, 
ont aussi une culture différente, puisque l’acteur est parisien et le flic marseillais.

Tu as passé beaucoup de temps à l'évêché ou à te documenter ?

Je me suis pas mal documenté mais je n'y ai pas passé beaucoup de temps. J’ai fait des exercices de tir avec le Sig 2022 qui est l’arme du crime dans le livre. Impressionnant ! En revanche j'ai toujours pu appeler pour poser mes questions. .. Comment se passe telle procédure ? Etc. Exemple : Rob mon flic d’opérette saute dans la voiture Gabriel Plume, alors que ce dernier part sur une intervention dans les quartiers nord. Ça c’est totalement impossible ! C'est interdit par le règlement. Aucun civil n'a le droit de monter dans une voiture de police, à moins d’y entrer menotté. Or dans les séries, tout le monde monte, descend, partage les véhicules, c'est un peu n'importe quoi ! 
Et Gabriel Plume le fait remarquer à Rob. On ne fait pas ce qu’on veut dans l’administration…

Avoir été Auquelin à la télé, ça aide ?

Même si aujourd’hui je ressemble moins à Auquelin qu'avant, les flics me reconnaissent souvent. Du coup, j’ai pénétré la première fois dans l’Evêché comme je l’ai écrit dans le livre. Le contact que j'avais à Marseille m'avait dit de présenter mes papiers à l'accueil puis de le faire appeler : il faut montrer patte blanche dans la grande maison ! Moi, j'arrive, le flic en faction me dit « bonjour inspecteur », je rentre dans la cour, on me salue, je passe tous les contrôles sans donner mes papiers, je monte jusqu'au troisième où mon contact s'étonne : « Comment t’es rentré ?». Que lui répondre ? Je fais partie de la maison ? Un soir, il y a eu un pot avec le patron de la BRB. Son équipe fêtait l'arrestation d'un gang, ils attendaient le préfet, le procureur, et un autre magistrat. Quand ils sont arrivés, le procureur est venu me trouver, persuadé que je faisais partie de le BRB: « Ca fait combien de temps que vous êtes là ? Vous avez demandé à être muté ici ? »

Concrètement, comment travailles-tu ?

Je fais un travail de scénariste, genre synopsis, traitement etc. Au départ, je sais juste comment l’ histoire commence et finit, je sais qui est le coupable, j’ai mes trois ou quatre personnages principaux, le coupable, la victime et je fais une arche narrative sommaire, car de toute manière, cela va s'étoffer de rebondissements qui peuvent me surprendre moi-même.

En revanche je fais un gros boulot sur les personnages principaux. J’écris leurs vies, sur 20 pages, voire plus, des notes qui ne se retrouveront peut-être jamais dans le roman, mais je veux tout savoir d’eux. Si je leur donne un nom, je dois savoir pourquoi ils s'appellent comme ça. Le prénom, c'est important aussi. J'essaye de faire en sorte que le prénom corresponde à la psychologie du personnage. Je fouille les traits de caractères de mon personnage. Je dois connaître les parents, les amis, les blessures d'enfance, etc. Et le physique …Rob Marin par exemple c’est un mélange d'Andy Garcia et Jean Dujardin. Gabriel Plume, dans ma tête, c'est clairement Daniel Rialet. Ce personnage est un hommage à mon ami, il y a une petite intimité dévoilée à travers lui. Attilio, le patron du bar du 23, a clairement la tête de Gérard Hernandez.

Bref, quand j'ai fini ce premier travail, j'attaque mon premier chapitre. Et contrairement à un scénario, où tu as un nombre de rôles bien défini, un roman t’embarque dans quelque chose que tu maitrises moins. Tes personnages principaux peuvent te surprendre, se mettent à rencontrer des mecs que tu ne connais pas. Et toi t’es bien obligé de les décrire de leur donner vie. C’est comme ça que j'ai été amené à créer le commandant de la SRPJ homosexuel. Il est arrivé dans mon histoire parce que Gabriel Plume avait besoin de lui

Après, avec le « genre polar », la grosse difficulté, c'est la cohérence de l'enquête sur 350 pages. Il faut tout verrouiller : indices, numéro d'arme, type de graisse sur les revolver, alibis, etc. Personnellement arrivé à la moitié du livre, je refais une lecture, pour m’apercevoir que des tas de choses ne collent pas... Il faut alors tout recaler, c'est un gros boulot de tricotage, assez fastidieux, comme peut être fastidieuse une enquête. Puis je termine le livre, je relis et c'est à nouveau le même problème : pister les erreurs d’enquête et de procédure. J'ai fait 3 versions pour arriver à ce que tout soit calé…

Comment sais-tu que tu es sur la bonne voie ?

Pour Fin de Série, j'ai fait lire les deux premiers chapitres à Tito Topin et Philippe Carrese, qui m'ont dit : C'est bien ! ça sent bon ! Donc je me suis lancé, j'ai travaillé tout seul pendant trois ans. Puis j’ai donné mon manuscrit à l’éditeur qui pestait parce que j’avais du retard. J’ai retravaillé un peu avec la directrice littéraire qui m'a suggéré quelques coupes. La quatrième et dernière partie, c'est le travail final sur le style, car contrairement à ce qu'on peut penser, le style, pour un roman c'est le moteur. Le style crée la dynamique. Et dans un moteur il faut mettre de l'huile, que tout soit bien enclenché. Alors je relis je finasse. Je suis un perfectionniste.
Pour mon Poulpe, Pierre Pelot, l'auteur de « L'été en pente douce », m'avait conseillé. « Si tu écris un roman, tu dois l'écrire au passé. Un roman écrit au présent, pour moi, ce n’est pas un roman . ». Je l’ai écouté. Du coup, la contrainte c’est de gérer le récit au passé, parce que ça peut devenir très lourd, question style.

Tu en ferais un film à présent ?

J’ai pensé un moment écrire un scénario et garder le sujet pour moi. Très vite, compte tenu de mon expérience, je me suis dit que si je l’écrivais, j’aurai affaire tôt ou tard à des gens qui m’auraient expliqué comment l’écrire autrement. Donc je suis revenu au roman pour qu'on me fiche la paix. La grande différence avec le film, c’est que les éditeurs te font des suggestions mais ils ne les imposent pas. Ils sont respectueux du texte.
Maintenant si un producteur de cinéma veut en faire un film, il ne pourra pas produire complètement une autre histoire, même s’il est vrai que l’adaptation du mien demande un gros boulot. Aujourd’hui le bouquin est dans les mains d’une production mais je ne suis pas certain qu’il soit lu. A ce sujet, j’aimerais citer une réflexion de Michel Audiard. (Je vais encore me faire des amis) : "D’ailleurs, cela ne m’intéresse pas tellement d’écrire les scénarios; j’en fais parfois, on est bien obligé, mais sinon, je trouve que le métier de scénariste ne devrait pas exister. Pour moi, les scénaristes devraient être romancier, c’est là qu’il faudrait taper; seulement, comme les producteurs ne lisent pas de livres, ça complique le jeu.”

Si je pouvais, je ferais moi-même l'adaptation, mais je ne pense pas la faire seul... Ça fait quinze ans que je n'ai plus écrit de long métrage et je n'ai peut-être plus les codes d'aujourd'hui. Le public a changé... et si si je veux garder la profondeur du roman, Fin de Série doit aussi être un divertissement. Il faut l’assumer.

Mon bouquin, tout compte, fait, c'est le contraire de ce que sait écrire magnifiquement Olivier Marchal. Moi, c’est du noir, mais du noir qui fait sourire, voire plus.

(Entretien réalisé pour Scenaristes.biz)

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