dimanche 22 avril 2012

Oxygène : convaincant malgré les défauts


Sur une idée de Hans Van Nuffel
Scénariste Jean-Claude Van Rijckeghem et Hans Van Nuffel
Réalisé par Hans Van Nuffel

Comme Lucas, son frère aîné, Tom est atteint d’une maladie génétique qui détruit ses poumons, la mucoviscidose. En révolte contre son entourage et pour conjurer son espérance de vie réduite, Tom fréquente une bande de petits délinquants et vit intensément chaque minute de sa vie. 
Pourtant, à l’hôpital Tom est séduit par l’optimisme de Xavier qui souffre comme lui de la même maladie et il succombe à l’humour dévastateur d’Eline, une jeune patiente confinée en chambre d’isolement.

Cette double rencontre va donner à Tom un nouveau sens à sa vie.


Il faut parfois faire quelques kilomètres pour trouver ce film qui ne passe plus guère sur les écrans. Il n'y a pas encore de sortie en DVD de prévue hélas... Pour ma part, je me suis rendu près de Chantilly afin de voir ce long-métrage qu'on m'avait signalé il y a quelques mois et que je n'avais pu voir lors de sa sortie... Je n'ai pas regretté le déplacement.


Le film est très réaliste et sans doute les patients "muco" s'y reconnaîtront-ils comme cela a été le cas pour moi. Dès la première séquence, Tom arrive à l'hôpital avec un problème au poumon et dicte au jeune médecin la conduite à tenir, j'ai su qu'on allait être dans le vrai pour ce qui est de la représentation de la maladie. J'ai ri à cette séquence car je vis ça souvent, il m'est arrivé plusieurs fois de dicter les ordonnances au médecin ou d'expliquer également ce que j'attendais du service que je venais consulter...

Ce genre de détail n'est pas un hasard, le réalisateur et co-scénariste est lui-même atteint de muco. Il a su parfaitement retranscrire la vie des malades, le côté border-line de leur psychologie, leur côté enfants-terribles, rebelles, et jusqu'au-boutistes. Et stoïques face à l'adversité.


Pour ce qui est du côté plus négatif, le film manque justement un peu d'oxygène qui fait défaut aux patients. Il suit assez fidèlement la courbe descendante de la vie d'un jeune muco. Au début, la maladie lui laisse encore pas mal de libertés même s'il doit subir de nombreux traitements et parfois des hospitalisations. Puis son espace vital se réduit au fur et à mesure que la maladie gagne du terrain, année après année. Il finit cloué au lit, en attendant une greffe que Tom refusera dans un premier temps, ayant fait le deuil de tout ou presque autour de lui.

Il en résulte un film qui devient de plus en plus "hospitalier", enfermé. Ce choix du réalisme imprime au film un sacré coup de frein à partir de la seconde moitié. Le temps s'étire en longueur, les scènes se font plus contemplatives, la trame narrative se perd parfois. 

En dépit de ces choix et de quelques problèmes techniques (des faux raccords notamment) le film laisse plutôt l'impression d'un essai transformé pour un sujet délicat. Toutefois si je regarde le film avec les yeux du spectateur non averti, non concerné, il sera peut-être plus difficile de supporter cette seconde moitié dépressive. La maladie n'est jamais très glamour à montrer et cela ne fait pas de ce long-métrage un film "grand public", bien qu'avec un semblant d'happy-end et d'espoir. Néanmoins tout est filmé avec tact et une certaine pudeur.

Les comédiens choisis sont plutôt bons à quelques exceptions près, à commencer par Stef Aerts (Tom) qui est plutôt mignon et attendrissant en tous points. Bravo malgré tout...


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